SherryBaby
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Laurie Collyer
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 95 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20, DD51)
Sous-titres: Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935837831

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 juillet 2010

Drame humain extrêmement réaliste sur les déboires d'une mère qui cherche à s'en sortir, "Sherrybaby" est porté par l'interprétation exceptionnelle de Maggie Gyllenhaal. Un film douloureux qui n'oublie toutefois pas l'espoir dans la boîte de Pandore.

Sherry (Maggie Gyllenhaal) vient de sortir de prison. Elle doit rapidement se trouver un emploi et visiter périodiquement les autorités pour montrer patte blanche et prouver qu'elle n'a pas consommé de la drogue. Pendant que ses démons sont toujours prêts à rouvrir ses cicatrices, la jeune femme cherche à se rapprocher de sa petite fille qui est élevée par son frère. Rien n'est simple dans son existence et malgré son bon vouloir, des épreuves se dressent rapidement à l'horizon.

Explorant un sujet qui est loin d'être nouveau (Denis Chouinard était passé par là avec Délivrez-moi), la cinéaste Laurie Collyer a opté pour une démarche réaliste, presque naturaliste, dans son portrait de femme qui doit évoluer dans une société hostile. L'intrigue, développée avec authenticité et sensibilité, réserve plusieurs moments de grâce et des scènes douces-amères. C'est toutefois la performance éclatante de Maggie Gyllenhaal qui mérite le détour. L'actrice est hallucinante, s'accaparant de tous les regards, campant avec force et fragilité un personnage qui est loin d'être toujours sympathique. Elle use de son corps comme arme de séduction massive, passant son temps à souffrir simplement pour vivre quelques instants. Son jeu de haut niveau ne doit toutefois pas éclipser la performance de ses partenaires, dont celui de Danny Trejo qui se trouve dans un heureux contre-emploi.

La photographie rugueuse offre des images souvent délavées qui doivent composer avec le grain et les égratignures. Heureusement, les contrastes sont soignés, ce qui donne une couche supplémentaire d'ombre aux atmosphères en place. La musique aérienne fait bonne impression. Les pistes sonores anglophones ne sont guère élaborées sur les enceintes situées sur les côtés (des bruits de sirènes et de sonneries de téléphone se font parfois entendre), se concentrant à l'avant afin de rendre les dialogues les plus compréhensibles. Et ils le sont! Tant mieux, car il n'y avait que d'assez visibles sous-titres blancs en espagnol en option.

La pochette grise est portée par la prestance - et la présence - de son héroïne. Celle-ci apparaît également sur le menu principal du DVD, tout comme un léger montage de scènes et une mélodie enveloppante. Aucun bonus ne figure sur cette édition.

Même s'il n'est pas aussi mémorable que l'excellent Ladybird, Ladybird de Ken Loach, "Sherrybaby" est une plongée captivante dans l'enfer d'une mère imparfaite qui cherche à s'en sortir. Un autre long-métrage indépendant qui, après fait le tour des festivals mondiaux en 2006 (Sundance, Karlovy Vary), n'a daigné sortir sur les écrans québécois. Les cinéphiles pourront remédier à cette injustice et admirer Maggie Gyllenhaal qui y trouve là probablement son plus beau rôle en carrière.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments-
Vidéo6
Audio6