Sans doute la nouvelle génération se demandera "Qui est Sidney Poitier?". Et bien, il fut le pionnier du cinéma pour les afro-américains en pavant la voie aux artistes de couleurs d'aujourd'hui... Il débuta sa carrière en 1950 avec le film No Way Out. Puis, il deviendra rapidement un acteur populaire à la fois pour la communauté noire et blanche des États-Unis. Il devient le premier noir a remporter un prestigieux International Film Award au Festival des Films de Venise pour le film Something of Value en 1957. L'année suivante, il est en nomination aux Oscars pour sa magnifique interprétation dans le film The Defiant Ones, dans lequel il est un prisonnier qui s'évade en étant attaché par une chaîne à un prisonnier blanc et raciste.. Il remportera également un ours d'argent lors du Festival International des Films de Berlin. C'est néanmoins en 1963 que viendra enfin la consécration par ses pairs, pour l'extraordinaire film Lilies of the Field où il rafle plusieurs prix dont un second ours d'argent à Berlin, un Golden Globe et la fameuse petite statuette dorée aux Oscars.
En 1967, Sidney Poitier va une fois de plus viser dans le mille avec le mythique film de Norman Jewison In the Heat of the Night personnifiant un policier noir du Nord impliqué dans une affaire de meurtre dans le sud très ségrégationniste des États-Unis. Que dire de son film suivant, le très touchant et provocateur Guess Who's Comming to Dinner? sur le mariage inter-racial.
En 1969, Sidney Poitier s'associe avec Steve McQueen, Paul Newman et Barbra Streisand, pour créer la compagnie de production First Artists afin d'avoir le plein contrôle sur leurs futurs projets et d'en retirer le maximum des bénéfices. Il fait ses débuts derrière la caméra en 1972 avec Buck and the Preacher, dans lequel il partage la vedette avec Harry Belafonte. Après une absence de plus d'une dizaine d'année, il revient au cinéma en 1988 dans le film policier de Roger Spottiswoode, Shoot to Kill. En 2002, il reçoit un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière.
Bref, grâce à son immense talent, Sidney Poitier a fait tomber les barrières ethniques, ouvrant toute grande la porte de l'univers cinématographique aux Bill Cosby, Morgan Freeman et Denzel Washington.
MGM a donc eu l'idée de souligner à sa façon ce grand comédien en nous présentant un magnifique coffret, "The Sidney Poitier DVD Collection", comportant cinq titres: Lilies of the Field qui sera le film le plus marquant de sa carrière, le mélodrame For Love of Ivy et la trilogie policière des aventures du lieutenant Virgil Tibbs, In the Heat of the Night, They Call Me Mister Tibbs! et The Organization.
Homer Smith (Sideney Poitier) conduit une vieille voiture dans le désert de l'Arizona. Il fait alors la rencontre de cinq pauvres bonnes sœurs. Il accepte de réparer le toit de leur demeure, mais découvre que la mère supérieure ne compte pas le payer. De plus, elle voudrait qu'il construise leur chapelle gratuitement! D'abord hésitant, Homer décide de s'occuper à la fois du financement et de la construction de la chapelle...
Ce film à petit budget et réalisé en quatorze jours par Ralph Nelson est un véritable petit bijou. Malgré une histoire très simple, le scénario de James Poe, tiré du roman de William E. Barrett, est profond et plein d'humour. Le dynamisme et l'extraordinaire jeu de Sydney Poitier nous captivent du début à la fin. Son personnage est attendrissant et plein d'humanisme. La prestation gracieuse de l'actrice autrichienne Lilia Skala, personnifiant la mère supérieure, est céleste. Fait à souligner, le rôle de monsieur Ashton, l'entrepreneur en construction est tenu par nul autre que Ralph Nelson.
La musique de Jerry Goldsmith est légère et de circonstance, elle alimente à merveille cette production... la chanson très entraînante, AMEN, est interprétée par Jester Hairston (il double la voix de Sidney Poitier), elle ne nous laisse pas indifférente et nous invite même à la fredonner...
L'image en noir et blanc est d'une grande stabilité et le contraste y est excellent. Les noirs sont splendidement solides et ont une très belle profondeur. La définition est excellente et très équilibrée. Cette édition nous propose qu'une seule piste sonore qui est anglaise et monophonique (distribuée sur deux haut-parleurs), mais elle n'affecte en rien l'atmosphère sonore de ce DVD. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et les voix réalistes.
La bande-annonce du film est l'unique supplément. Elle est cependant de mauvaise qualité, au niveau son ça grinche et on entend plusieurs parasites dont de nombreux points blancs qui viennent valser sur une image épouvantable.
En conclusion, ce film de 1963 n'est peut-être pas un chef-d'œuvre proprement dit, mais n'en demeure pas moins qu'il est toujours aussi agréable de le revoir et ne vous décevra en aucun moment.
| Film | 8 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 5 |
Une gouvernante noire du nom d'Ivy Moore (Abbey Lincoln) travaille pour une maisonnée blanche de Long Island. Triste de voir que sa vie ne mène nulle part, Ivy rêve d'aventure et d'amour... elle désire alors quitter la famille Austin afin de tenter sa chance à New York. C'est à ce moment que les enfants Tim et Gena Austin vont tout faire pour qu'elle reste et organise une rencontre surprise avec Jack Parks (Sidney Poitier), un beau célibataire aux affaires un peu louches qui pourrait bien être l'amour parfait tant recherché...
Voici une comédie noire et romantique écrite par Sidney Poitier que je définirais comme une belle petite histoire idéaliste... mais sans plus. Je dois vous avouer que ce film ne fut pas ma tasse de thé au début, mais au fur et à mesure j'y ai pris goût. Les scènes sont jouées avec brio par des acteurs, les dialogues sont profonds et Sidney Poitier utilise ici toute son énergie et son intensité afin d'en rendre toutes les subtilités possibles. De son côté, la très ravissante Abbey Lincoln ne manque pas de crédibilité et nous livre un excellent jeu. Beau Bridges, qui était pratiquement à ses débuts d'acteur, démontre, par son jeu, son talent inné. Il exploite à la perfection son personnage de jeune hippie désinvolte en lui donnant toute sa couleur avec vigueur et émotivité. Il recevra une nomination aux Golden Globes.
La réalisation de Daniel Mann est honnête, mais classique. Il faut dire qu'il a toujours manqué d'audace dans ses longs-métrages et nous le sentons encore une fois hésitant dans sa mise en scène. Il est très probable qu'un réalisateur tels Blake Edwards, Robert Mulligan ou bien Robert Wise aurait su donner plus de mordant, de dynamisme et de rythme à cette histoire originale.
Dans l'ensemble, la qualité de l'image est plutôt bonne et les couleurs sont très bien reproduites et stables. Les noirs ont toute la richesse et la profondeur voulue. Les tons de peau sont naturels.
En ce qui concerne l'audio, il n'y a pas grand-chose à redire: les voix des comédiens sont naturelles et claires. La musique jazz de Quincy Jones est parfaitement restituée et apporte aux images une saveur agréable et sensible. Il a reçu une nomination aux Oscars pour la meilleure musique de film. Au niveau des suppléments, c'est le vide total. Bref, un film moyen qui demeure toutefois très agréable à regarder.
| Film | 5 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |
Un policier noir de Philadelphie, lieutenant Virgil Tibbs (Sidney Poitier), spécialiste dans les cas d'homicides est de passage dans la petite municipalité de Sparta au Mississipi. Un meurtre crapuleux est commis pendant qu'il attend son train. Bill Gillespie (Rod Steiger), un shérif blanc et légèrement raciste accuse Tibbs, parce qu'il est noir et le met sous verrous. Bien rapidement il s'aperçoit de son erreur et Tibbs se retrouve obligé de se joindre à lui afin de résoudre ce meurtre... Cette association inopinée ne se fera pas sans heurt...
Ce film de 1967 est l'un des plus grands classiques de l'histoire du cinéma américain. Le réalisateur canadien Norman Jewison qui avait été fabuleux en 1965 avec The Cincinnati Kid en prenant la place de Sam Peckinpah au pied levé, allait faire un carton deux ans plus tard avec "In the Heat of the Night". Ce récit tiré du roman de John Ball écrit en 1933 et scénarisé par l'excellent Stirling Silliphant devait faire des remous entre les communautés blanches et noires du Sud des États-Unis qui vivaient alors une période trouble de leur histoire. Les plus vieux se rappelleront des grandes marches du pasteur Martin Luther King afin de mettre un terme aux inégalités et à la ségrégation... Ses discours réclamaient aux autorités les mêmes droits que les blancs et il sera assassiné pour avoir voulu être un homme libre. C'est dans ce contexte que le film sortit sur les grands écrans et remporta un énorme succès auprès de l'intelligentsia hollywoodienne. Il gagna plusieurs prix en 1968 lors des Oscars et aux Golden Globes dont celui du meilleur film de l'année, l'Oscar et un Globe pour celui du meilleur acteur, allèrent à Rod Steiger.
Les personnages qu'interprètent Sidney Poitier et Rod Steiger sont de la dynamite à mèche courte, ils ne mâchent pas leurs mots, ils se méfient et se respectent à la fois. Chacun montre à l'autre qu'ils ne s'en laisseront pas imposer et qu'il est inutile de jouer la carte de l'intimidation. Tout au long de cette enquête policière, nous vivons une vive tension raciale qui pèse très lourd sur les épaules du lieutenant Tibbs. La performance étonnante de Warren Oates et Lee Grant comme deuxième couteau donne beaucoup de richesse à cette aventure policière.
La musique invitante et parfois même obscure de Quincy Jones procure énormément de caractère à l'atmosphère tragique de "In the Heat of the Night". La chanson thème interprétée par la voix chaude et enivrante du prodigieux Ray Charles donne des frissons dans le dos. Malgré un son monophonique, le timbre des voix anglaises ou françaises demeure naturel et les dialogues restent en tout temps intelligibles.
La définition est parfaite, dévoilant une image nette, précise et solidement détaillée. Les détails et les textures sont finement reproduits. Les couleurs sont tout à fait correctes pour un film de cet âge. Les noirs manquent légèrement de profondeurs et de nuances lors des scènes de soir.
"In the Heat of the Night" offre une piste de commentaires audio de Norman Jewison, Lee Grant, Rod Steiger et Haskell Wexler très colorée et anecdotique. Une bande-annonce de très mauvaise qualité conclut ces trop courts suppléments.
En conclusion, ce film DVD est probablement la pièce maîtresse que contient ce coffret "The Sidney Poitier DVD Collection".
| Film | 8 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 5 |
Le lieutenant Virgil Tibbs (Sidney Poitier) de la police de San Francisco est appelé à faire enquête sur la mort tragique d'une jeune prostituée. Très rapidement les soupçons se portent vers son ami, le révérant Logan Sharpe (Martin Landau). Tibbs devra démontrer beaucoup d'impartialité dans cette affaire s'il veut coincer le véritable assassin...
Pour le deuxième volet des aventures du lieutenant de police Virgil Tibbs, les scénaristes Alan Trustman et James R. Webb ont décidé d'apporter quelques petits changements à la vie du policier. Primo, il n'est plus de Philadelphie, mais plutôt de San Francisco. Secundo, il n'est plus célibataire, il est marié et père de deux jeunes enfants. Pour le reste, l'inspecteur Tibbs ressemble à celui que nous voyons dans In the Heat of the Night. Toutefois la suite sans en être véritablement une, n'est pas à la hauteur de nos attentes puisque les personnages sont moins intéressants et surtout moins percutants. Bien sûr, il y a des moments charmants, surtout lorsqu'on le retrouve avec sa femme et ses enfants par exemple la scène où Virgil Tibbs surprend son fils Andy en train de fumer une cigarette. Les scénaristes auraient dû approfondir cette piste et nous fournir davantage de beaux moments comme celui-ci.
La réalisation de Gordon Douglas n'a pas non plus la même profondeur et subtilité que celle de Norman Jewison. L'intrigue est faible et manque d'imagination. En plus, il n'arrive pas non plus à nous faire noyer le poisson avec une histoire de trafic de drogue sous-jacente à celle du meurtre de la prostituée.
La définition de l'image est moyenne, les couleurs manquent souvent de brillance on observe une certaine inconsistance également des tons de peau qui varient entre des teintes naturelles, orangées et bleutées. Si la brillance de ce transfert semble juste, le contraste semble quant à lui avoir été subtilement accentué. Les noirs manquent de vigueurs et de coloris, surtout lors des scènes sombres.
Les dialogues sont nets et justes. La musique de Quicy Jones manque de tonus et de fantaisie... Il nous avait souvent habitué à un style plus imaginatif, cette fois-ci il ne donne pas le meilleur de lui-même. Au niveau des suppléments, il n'y a qu'une bande-annonce de piètre qualité à se mettre sous la dent.
Bref, je donne une note de passage à ce film policier décevant.
| Film | 5 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |
Un groupe de jeunes révolutionnaires s'infiltrent dans un bureau et dérobent des paquets d'héroïne d'une valeur de cinq millions de dollars sur le marché. Leur but est de mettre un terme à l'Organisation et pour ce faire, ils demandent à l'inspecteur Tibbs (Sidney Poitier) de les aider...
Ce troisième volet des péripéties de Virgil Tibbs prend fin heureusement avec ce film pas très réussi. Le scénario de James R. Webb est intéressant à la base, mais il manque complètement le bateau en explorant trop peu le monde interlope. En ce qui concerne la réalisation, Don Medford est un vieux routier plutôt spécialisé dans les télé-films et télé-séries. Son manque d'expérience au grand écran saute aux yeux et sa mise en scène en souffre considérablement et quant à la direction artistique, elle est banale et sans âme. Même pour un acteur de la trempe de Sidney Poitier, il avait peu de viande à ronger sur l'os. Ne recevant que des propositions similaires à ce dernier film, Sidney Poitier se tiendra loin des écrans durant plus de dix ans.
"The Organization" n'est pas un navet, mais tout simplement un mauvais polar où l'intrigue est insignifiante et le suspense presque inexistant. Il y a une timide poursuite de voitures dans les rues de San Francisco, sorte de clin d'œil au film Bullitt avec Steve McQueen, qui aurait pu donner un peu de dynamisme à cette histoire, mais la cavale de bagnoles tombe vite à plat!
En général, les couleurs sont plus ou moins bien balancées et les teintes de peaux pas très respectées. Les noirs sont bien rendus, mais quelques scènes plus sombres manquent de détails.
La piste sonore est correctement balancée. La musique de Gil Melle est probablement le point le plus positif de ce long-métrage. Elle donne beaucoup de souffle aux scènes. Les dialogues restent nets et intelligibles. Il n'y a qu'une bande-annonce de mauvaise qualité comme supplément à ce DVD.
En conclusion, je dois vous avouer que ce film est le plus mauvais que vous visionnerez de ce merveilleux coffret.
| Film | 4 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |
Le coffret "The Sidney Poitier DVD Collection" est somme toute, un excellent achat. Vous y découvrirez des films légendaires et un acteur exceptionnel qui a marqué son époque.