Smokey and the Bandit
Special Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Hal Needham
Année: 1977
Classification: 14A
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
3 juin 2006

Vroum! Vroum! Attention, Burt Reynolds et ses amis arrivent dans une course de voitures aussi excitante qu'hilarante. Pour bien apprécier "Smokey and the Bandit", il faudra laisser son cerveau en jachère, mais le résultat est nettement plus acceptable que tous les Gone in 60 Seconds et les The Fast and the Furious de ce monde.

Bandit (Burt Reynolds) est un mauvais garçon éminemment sympathique. Avec l'aide de son ami Cledus (Jerry Reed) et de son chien basset Fred, ils décident de relever un pari inusité: faire passer une cargaison d'alcool du Texas en Atlanta en moins de trente heures. Une opération risquée, surtout depuis que notre héros moustachu au chapeau de cow-boy a embarqué la délurée Carrie (Sally Field). Très rapidement, ce petit groupe de gens courageux et rouspéteurs aura la police aux trousses, dont le shérif Burford T. Justice (Jackie Gleason) sera le plus acharné du lot. C'est parti pour plus de 90 minutes de courses effrénées, d'accidents moribonds et de farces vulgaires qui touchent toujours la cible.

À sa sortie en 1977, "Smokey and the Bandit" n'allait pas imaginer remporter près de 59 millions tout en engendrant deux suites inutiles. C'est que ce petit film fauché, désopilant long-métrage de ciné-parc précédant une œuvre plus accomplie comme Star Wars, est aussi vide et clinquant qu'un voyage en montagnes russes. Le rythme est incroyablement rapide sans décoiffer les cheveux ou faire voler les chapeaux, les dérapages sont légions, cela bouge énormément et c'est totalement inoffensif. Le duo Reynolds et Field s'engueulent du début à la fin pour se tomber dans les bras au moment le plus inopportun. Jackie Gleason improvise et se caricature dans le rôle du méchant Coyote qui n'arrive jamais à mettre la main sur son Road Runner. Cette partie de chasse pour adultes avertis a également popularisé le langage des camionneurs, ces codes si particuliers qui ne semblent jamais vouloir rien dire. À quoi bon utiliser des phrases cohérentes si une abréviation quelconque et un bruit de radio peuvent obtenir des résultats similaires?

Cette vue pour l'été bénéficie également de paysages pittoresques offrant une belle part au kitch. Ce récit n'a pas encore trente ans, mais l'image retouchée est assez impressionnante et élimine presque totalement le poids des années. Le grain est encore présent dans les zones foncées et le blocage apparaît à quelques endroits, sauf que les couleurs sont éclatantes, très bien agencées aux propos. Cet univers western baigne dans une musique ponctuée de banjos et des thèmes propres à chacun des personnages. L'atmosphère sonore, remaniée pour offrir une qualité en Dolby Digital 5.1, n'en met jamais trop. Le son sortant des enceintes situées sur les côtés est rythmé et agrémente l'action à la perfection. Cependant, il n'est pas toujours évident de bien saisir les voix. Elles sont légèrement plus faibles et les accents sont parfois typés. Une particularité généralement annulée par des sous-titres blancs convenables.

Cette édition spéciale de "Smokey and the Bandit" offre une pochette différente de la version précédente. Elle montre un élégant Burt Reynolds se tenant debout et accoté sur une voiture. Les habits doucement quétaines font sourire à toutes les occasions. Le menu principal du DVD offre plutôt une succession d'images en mouvement avec un solo de banjo. Ce style évoquant la bande dessinée est dans l'esprit du maigre synopsis incroyablement répétitif. En tout et partout, il n'y a malheureusement que deux petits suppléments. Il y a un documentaire de vingt minutes expliquant le succès du film, le choix des comédiens et la particularité des cascades. Ces monologues masculins sont ponctués de blagues cocasses qui excusent la faiblesse des informations amenées. Par la suite, un camionneur qui se fait appeler Snowman raconte les similitudes entre différents éléments du long-métrage et la réalité. Il parle de sa vie sur la route, des multiples codes, des surnoms imagés et de l'impact de cette production sur le grand public. Ce n'est pas très long (à peine huit minutes), mais le ton décontracté est gentil à souhait.

"Smokey and the Bandit" est l'exemple parfait du divertissement à regarder pour ne pas se casser la tête. Les personnages sont manichéens, les situations tournent en rond et il y a sans doute une demi-heure de trop. Il est toutefois très difficile de ne pas embarquer dans cette course folle et sans réel but qui offre un maximum de sensations fortes tout en provoquant un rire incessant.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments5
Vidéo8
Audio8