À sa sortie sur les écrans de cinéma nord-américains à la fin novembre de l'année dernière, le film de science-fiction "Solaris" n'a pas fait beaucoup de remous. Rapidement surpassé par les productions commerciales telles Harry Potter and the Chamber of Secret et Die Another Day, le long métrage de Steven Soderbergh n'a amassé que 15 millions de dollars au box-office pour ensuite être rapidement relégué aux oubliettes. Sa sortie en DVD lui redonne donc un nouveau souffle et une seconde chance de se faire davantage apprécier du public.
L'histoire débute dans un futur indéfini. Le docteur Chris Kelvin reçoit un message de son ami Gibarian qui lui demande de venir le rejoindre sur la station spatiale Prometheus. Il semble que le groupe de scientifiques vivant à l'intérieur de cette station a des comportements inexpliqués et que toutes les communications avec la Terre ont été rompues. Kelvin décide donc d'aller voir ce qui s'y passe. À son arrivée, il se rend bien compte que quelque chose cloche, car il y apprend que Gibarian s'est suicidé. Les deux scientifiques restants sont quant à eux pris de signes de stress extrême et de paranoïa. Tout cela serait causé par leur examen de la planète Solaris.
Kelvin vient à peine de s'installer à bord du vaisseau qu'il se voit lui aussi victime des mystères de cette nouvelle planète. Celle-ci offre au médecin l'occasion unique de se racheter et de changer le destin d'une ancienne relation amoureuse qui s'était mal terminée. Mais Kelvin ne sait plus quoi penser. Est-ce que la personne qui se tient devant lui est bel et bien sa femme, décédée il y a de cela quelques années? Tout cela semble n'être qu'un rêve, mais Solaris lui réserve bien des surprises.
J'ai eu de la difficulté à évaluer ce film, car au départ je m'attendais à un autre genre de long métrage de science-fiction. Je croyais donc qu'il y aurait plusieurs rebondissements et que ça bougerait sans cesse. "Solaris" n'a rien de cela. Comme l'a dit James Cameron, qui est l'un des producteurs, ce n'est pas un film d'action. C'est de la science-fiction telle qu'elle l'était dans les années cinquante et soixante alors que c'était une fiction d'idées. Le rythme du film est donc très lent et il y a plusieurs retours dans le passé. C'est la raison pour laquelle je pense que cette production n'a pas connu un énorme succès à sa sortie en salles. Les gens s'attendaient à une sorte de film en particulier et ils ont été déçus.
Cependant, lorsque l'on s'y attarde, "Solaris" renferme plusieurs qualités. D'abord, il est réalisé par Steven Soderbergh, celui que l'on connaît entre autres pour Traffic et Ocean's Eleven. En plus de diriger cette production, Soderbergh a écrit le scénario, a filmé les scènes et a participé au montage. Fortement impliqué dans tout le processus de production, il a donc voulu y mettre une touche originale et personnelle. Et ça paraît. Le début du film comporte très peu de dialogues et de longs silences. Soderbergh essaie d'installer une tension et ça fonctionne. On remarque certains passages qui font rappeler 2001: A Space Odyssey. La musique de Cliff Martinez sied parfaitement à l'oeuvre et contribue à l'ambiance. L'histoire du film est basée sur la nouvelle éponyme de Stanislaw Lem. L'oeuvre de Lem a été adaptée pour le grand écran une première fois en 1972 par le Russe Andrei Tarkovsky. Soderbergh affirme que la plus grosse différence entre sa création et celles de Lem et Tarkovsky, c'est qu'il aborde en détail la relation entre Kelvin et sa femme.
La distribution est particulièrement intéressante. Personnifiant le docteur Chris Kelvin, George Clooney nous offre sa performance la plus émouvante en carrière. Lui-même plutôt incertain de vouloir s'embarquer dans un rôle de la sorte au début, Clooney convainc avec un jeu crédible et très réussi. Le bellâtre américain a qualifié ce rôle comme étant le plus difficile et terrifiant qu'il n'ait jamais fait. "Solaris" marque la troisième collaboration de Clooney avec Soderbergh. Ce dernier l'a également dirigé dans Out of Sight et Ocean's Eleven. À ses côtés se retrouve Natascha McElhone, qui joue la femme de Kelvin, Rheya. Celle-ci nous présente un personnage faillible et pourvu d'une belle gamme d'émotions. Son amour pour Chris Kelvin ne fait aucun doute et les nombreux retours dans le passé nous le démontrent parfaitement. Jeremy Davies, qui se charge du rôle de Snow, l'un des scientifiques sur le vaisseau, est assez troublant et prend toute la place dans les scènes où il est à l'écran. Viola Davis, quant à elle, y va d'une prestation très intense et son personnage de Gordon fait preuve d'une grande maîtrise de soi.
La beauté du visuel est un des aspects qui frappe le plus lors du visionnement de "Solaris". Les différents effets 3D sont superbement bien rendus et ils permettent d'augmenter l'intérêt envers cette oeuvre. Le menu du DVD est visuellement très beau sur la page principale. On y voit différentes images de Solaris qui se retrouvent aussi dans le film lui-même. Cependant, les autres pages ne comportent aucune animation. Puisque la musique est partie prenante de l'histoire, le son est très bien rendu. On perçoit bien les dialogues entre les personnages et les effets sonores à l'intérieur du vaisseau ressortent bien.
Quelques suppléments de qualité se retrouvent sur cette édition. Tout d'abord, un documentaire intitulé "HBO Special: Inside Solaris" qui comprend plusieurs entrevues avec les artisans du film, dont Clooney, Cameron et Soderbergh. Ce dernier parle entre autres du casting et des raisons pourquoi il a choisi les acteurs. C'est bien intéressant et on y remarque que Clooney est un vrai bout-en-train sur le plateau. Natasca McElhone affirme même que c'est l'acteur le plus comique avec qui elle a travaillé. J'aurais pourtant cru que c'était Jim Carrey, car elle a participé avec lui au Truman Show... Mais bon! Un autre documentaire se retrouve dans les suppléments et c'est "Solaris: Behind The Planet" où on y voit plusieurs séquences prises lors du tournage. Soderbergh y raconte pourquoi il a décidé de faire un autre film sur cette histoire. On y parle également des décors et des effets spéciaux qui ont permis de mettre en images la planète Solaris. Bien que très intéressant, il y a un détail qui m'a toutefois agacé lors du visionnement de ce deuxième documentaire. Plusieurs commentaires et entrevues que nous entendons dans ce reportage sont les mêmes qui se retrouvent sur le premier! Par exemple, Soderbergh commence à parler du choix des acteurs et ce sont les mêmes commentaires énoncés dans l'autre vidéo! Je ne crois pas que les créateurs du DVD ont regardé ces deux documentaires l'un après l'autre, car ils auraient sûrement remarqué ce détail flagrant! En dépit de cette redondance, les documentaires ne sont pas dépourvus d'intérêt et plusieurs informations sont très pertinentes.
Nous pouvons ensuite écouter la piste de commentaires avec le réalisateur Steven Soderbergh et le producteur James Cameron. Les deux sont très volubiles et semblent passionnés par cette production qu'est "Solaris". Cameron parle entre autres du fait qu'il aime bien à l'occasion occuper le siège de producteur afin de regarder le travail d'un autre réalisateur. Soderbergh quant à lui, discute beaucoup de l'excellent jeu des acteurs et à quel point il a été impressionné par ce qu'a réussi à faire Clooney. Bien sûr, les deux réalisateurs ne peuvent s'empêcher quelques dérapages à l'occasion, comme lorsque Cameron aborde l'aspect du tournage de Titanic. Mais tout cela est fait sans exagération et ça demeure très intéressant. Cette piste de commentaires s'écoute donc très aisément et elle nous amène plusieurs explications à propos de l'histoire et de la production de ce long métrage. Pour compléter les suppléments, il y a deux bandes-annonces de "Solaris" en plus de celles de Master and Commander et Le Divorce. Enfin, pour ceux qui le désirent, le scénario en entier du film est disponible pour lecture à l'écran.
"Solaris" s'avère être un film de science-fiction qui sort du créneau habituel. Il s'adresse d'abord et avant tout aux amateurs d'histoires d'amour profondes, réfléchies et hors du commun. Ne vous attendez pas à des scènes de combats avec des robots ou des extra-terrestres. Vous en êtes avertis!
| Film | 7.5 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 8.5 |