Dans la lignée des Jay and Silent Bob et autres comédies irrévérencieuses américaines, "Sol Goode" prend sa place sans honte. Ce film nous raconte l'histoire de Sol (Balthazar Getty, à qui je trouve de faux airs de Charlie Sheen), un jeune Américain dans la vingtaine qui possède un charisme particulier, ou du moins c'est ce qu'il pense. Ses plus proches amis, Cooper et Justin ne sont peut-être pas sa meilleure aide. Cooper (Danny Comden, aussi réalisateur du film) qui ne vit presque que pour sa coupe de cheveux (et on le comprend en voyant que son frigidaire contient plus de boîtes de gel à coiffer que de bières) et une allure à la limite de l'ambigu avec son léger maquillage autour des yeux et son torse toujours fraîchement tondu, sans parler d'une libido sujette à questionnement (merci M. Viagra). Justin (Jamie Kennedy) semble plus posé. Sérieux, le seul de la troupe à avoir un travail fixe, il se questionne de plus en plus sur son mariage prévu dans six mois avec la "fatigante" Brenda.
La vie de Sol n'est pas aussi bonne qu'il le souhaiterait. Il est temps pour lui de penser à se bâtir une conduite, à chercher du travail (ce qu'il n'aurait jamais pensé faire) et à s'habiller en complet cravate. Mais que vont penser ses amis ? Quelle nouvelle image va-t-il donner de lui ? Ça ne sera pas tout aussi bon qu'avant (d'où la contraction de son nom "Sol Goode" pour "It's all good").
Les oreilles et les yeux chastes devront passer leur tour. Ce film ne nous prive pas d'expressions quotidiennes où l'argot reste un vocabulaire pour enfant, sans oublier les allusions sexuelles très présentes. Après tout, c'est ainsi pour chacun de nous chaque jour et ça ne sert à rien de se voiler la face. Si vous vous demandiez pourquoi les acteurs ne vont jamais à la toilette dans un film… alors, vous ne vous le demanderez plus après ce film, indication verbale de l'acte incluse. Mais soyons honnêtes et disons qu'il n'y a pas d'images obscènes gratuites. Tout est plus ou moins suggéré avec un certain humour et je trouve que ça passe bien. Tout le monde connaît aujourd'hui l'effet de la petite pilule bleu miracle, donc on ne s'étonnera pas de la forme du drap au réveil. Quant aux scènes faisant référence à la drogue, il n'y a pas de quoi fouetter un chat (d'ailleurs, on se demande même ce qu'ils fument).
Le montage du film est original. Ainsi lorsque Sol se trouve dans une situation de questionnement, ses différentes options de pensées nous sont montrées comme si elles se déroulaient vraiment. Reste à nous à différencier la "réalité" du moment de la pensée du personnage. Les prises de vue sont aussi bien adaptées. On suit le personnage quelle que soit la situation, autant lorsqu'il est couché avec des gros plans sur le visage que dans la foule ou dans la rue.
Lions Gate nous offre ici un DVD très correct, avec des menus animés originaux, qui, outre les chapitres et la sélection des sous-titres, nous permet de voir une série de scènes supprimées qui auraient peut-être alourdi l'histoire, mais qui sont intéressantes, surtout avec le rôle, complètement coupé au final, d'Eric Roberts. Il y a aussi une piste de commentaires où le réalisateur-acteur Danny Comden, Balthazar Getty et Katherine Towne (qui joue Chloé, la meilleure amie de Sol) réunis, y vont de détails et d'explications de tournage sur les différentes scènes, surtout le générique d'ouverture. Ils s'apprennent même entre eux des situations dont ils n'avaient vraisemblablement jamais discuté avant ce commentaire. Amusant.
L'image est bonne, sans être exceptionnelle. Le son est malheureusement limité à un Dolby Stéréo alors qu'on aurait aimé certainement un son plus présent, surtout avec les nombreuses scènes musicales. On ne manquera pas le générique de fin où sont insérées, malheureusement dans un format un peu trop réduit, des scènes ratées.
Il faut noter que ce film n'est pas sorti en salles aux Etats-Unis, mais bien diffusé sur le réseau télé de la Warner Brothers en septembre 2002.
En acceptant les réserves que je mentionne ci-dessus, ce film est très plaisant, amusant et nous montre une facette de la jeunesse américaine livrée à elle-même, mais qui comprend la réalité quotidienne malgré tout. On rit, on s'amuse, on apprend (des tours pas racontables évidemment). Bref, c'est un bon moment avec "Sol Goode".
| Film | 8 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |