Le maître des histoires d'amour pour adolescentes des années 1980, John Hughes, revient à la mode vingt années après avoir produit ses œuvres les plus populaires. Le nouveau chapitre à cette réminiscence s'intitule "Some Kind of Wonderful" et c'est loin d'être le moins intéressant.
L'amour, toujours l'amour. Keith (Eric Stolz) est un adolescent un peu solitaire qui s'amourache de la bourgeoise Amanda (Lea Thompson). En multipliant les efforts et les contacts, la réciprocité commence à naître, au grand dam de la rebelle Watts (Mary Stuart Masterson) qui aimerait bien garder le jeune homme à elle seule. Ce triangle amoureux finira par bouleverser les familles, les petits amis pédants et les fauteurs de troubles au grand cœur.
Une année seulement après leur succès Pretty in Pink, le réalisateur Howard Deutch et le producteur John Hugues reviennent à la charge en 1987 en recyclant exactement les mêmes thèmes. L'amour quasi-impossible entre deux classes sociales différentes, le fait de ne jamais se fier aux apparences, le désir provenant davantage des fantasmes que de l'amitié, etc. Une autre redite s'adressant directement aux adolescentes, leur montrant comment il faut multiplier les efforts et ne jamais abandonner ses rêves. Cette variation sur le même thème est toutefois beaucoup plus potable que Pretty in Pink. Les personnages sont moins stéréotypés, leurs interprètes s'avèrent nettement supérieurs. Mary Stuart Masterson vole la vedette en agissant contre ses désirs, Eric Stoltz campe à merveille une âme torturée et Lea Thompson, en apparence unidimensionnelle, surprend légèrement dans les dernières scènes. La distribution secondaire amène de la fraîcheur, que ça soit les dialogues humanistes du père campé par John Aston ou de l'humour mordant chez le toujours fabuleux Elias Koteas. Sans être très profond, tout y est plus subtil, intéressant et soupesé.
Le seul élément inférieur est peut-être la trame sonore. Les groupes présents tels les Rolling Stones, Billy Idol, Psychedelic Furs (encore!) et Jesus and Mary Chain sont assez intéressants, mais l'impact n'est pas le même. Cette musique domine les différentes enceintes sans prendre toute la place, les voix demeurant souvent claires et audibles. La traduction française est acceptable et les sous-titres anglophones jaunes se lisent sans problème. La qualité vidéo est également fort satisfaisante. Les images sont belles, dorées, aux reflets réussis. L'apparence blanchâtre de la pellicule s'oublie assez rapidement, tout comme ce léger blocage si peu important.
Dommage que la pochette soit peu attrayante; plusieurs personnes détourneront rapidement le regard. Elle montre le visage des trois principaux protagonistes, blouson de cuir et cheveux léchés d'une autre époque inclus. Le menu principal du DVD est plus attrayant avec son montage de différents plans, ses couleurs foncées, sa peinture prédominante et, surtout, sa mélodie sensible et rythmée. Les nombreux suppléments, à la fois intéressants et superficiels, servent très bien le récit. Il y a une revuette montrant un réalisateur exigeant et un Eric Stoltz assez tumultueux. Quelle chance qu'il y avait des filles pour les calmer! Un dossier à peine plus complet sur les interprètes parle des rôles principaux et des acteurs plus secondaires. Des anecdotes toujours louables à apprendre. Un segment assez quelconque présente l'importance de la musique, il y a une galerie de 25 photos, la bande-annonce originale et trois publicités de productions de la Paramount. L'échange entre John Hughes et l'acteur Kevin Bacon est judicieusement décalé. Les questions posées par l'interprète de Footloose sont pertinentes et les réponses le sont tout autant. Même son de cloche pour la piste de commentaires de Howard Deutch et de sa femme Lea Thompson, qui se sont justement rencontrés sur le plateau de ce film. Ce couple se lance la balle tout en abordant de front les différentes thématiques.
Écouter un à la suite de l'autre Pretty in Pink et "Some Kind of Wonderful" pourra sembler répétitif. C'est exactement la même histoire, seule la fin est différente. Pourtant, le deuxième film s'avère nettement plus réussi, que ce soit par la qualité du jeu des acteurs, de l'humour ou des situations. Une belle bleuette gentille et inoffensive, pour adolescents romantiques.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |