Burt Reynolds cherche à faire revivre sa carrière dans "Cloud Nine", un navrant navet dégradant et misogyne. À fuir absolument pour conserver une santé mentale adéquate et un sens des valeurs au bon endroit.
Billy Cole (Burt Reynolds) est un hasbeen fini qui cherche à occuper son temps. Afin de récolter un peu d'argent, il décide d'engager quelques stripteaseuses pour les faire jouer au volley-ball. Sachant pertinemment qu'elles ont très peu de talent dans ce domaine, ces femmes sont uniquement présentes pour faire saliver les hommes et délier les cordons de leur bourse. Après une mésaventure, Cole décide de laisser son individualisme au vestiaire et d'écouter son entourage. En l'espace de seulement quelques entraînements, ses protégées vont se transformer en joueuses professionnelles qui risquent de gagner une importante compétition mondiale. Rien de moins.
Burt Reynolds fait pitié. Dans les années 1970, il était un acteur très prometteur qui jouait dans différents longs métrages très réussis comme Deliverance et Starting Over. Depuis cette période charnière, il n'est plus l'ombre de lui-même, enchaînant échec après échec dans des œuvres minables de série B. Pourtant, en 1997, Paul Thomas Anderson a très bien pu faire revivre sa carrière. Dans son magnifique Boogie Nights, Reynolds incarnait un réalisateur peu scrupuleux, ce qui lui a permis de multiplier les prix d'interprétation. Mais après ce succès, c'était le retour à la case de l'indifférence et des mauvais choix.
Sans doute avait-il besoin d'argent pour être de la distribution de "Cloud Nine", le troisième film du tâcheron Harry Basil, mieux connu comme l'homme donnant du boulot à l'exécrable Rodney Dangerfield dans Meet Walley Sparks et The 4th Tenor. Même avec plusieurs hypothèques et des mariages ratés, c'est tomber au fond du baril que de jouer dans une telle production. Tout y est prétexte au gag facile et éculé. Citer de nombreux acteurs comme Mel Gibson ou Anthony Hopkins peut être tordant, mais il doit y avoir une blague quelque part pour laisser un effet quelconque. En cherchant bien, il est très difficile d'en trouver. Cole est un minable sans charisme, incarné par un cabotin Reynolds qui semble faire l'impossible pour voler toutes les scènes. Et il n'y arrive même pas!
La véritable vedette du film, c'est la chaire fraîche. Toutes les femmes doivent absolument apparaître en sous-vêtements et elles sont malléables, à l'écoute du mâle dominant. Il y a quelques années, des féministes auraient ardemment protesté devant une telle affiliation de la femme à l'objet. De nos jours, avec la recrudescence des vidéoclips de hip-hop dégradants et de détritus sexistes comme "Cloud Nine", la consternation est totale.
De la pochette montrant Mr. Reynolds tenant deux ballons à la hauteur des seins au menu principal qui reprend un montage primaire statique et sans musique, il n'y a rien pour attirer l'attention. Faisant suite au programme se trouvent trois suppléments des plus insignifiants. Un documentaire superficiel de dix minutes amène les acteurs à parler de leurs rôles. Il y a également une courte séquence de deux minutes où le cher Burt parle d'une scène de combat. Mais à quoi peut bien servir ce segment? La seule curiosité se situe au niveau des scènes coupées entourant Gary Busey. Cet ancien comédien prometteur (excellent The Buddy Holly Story) devenu également hasbeen tient seulement un petit caméo, mais sa tignasse dorée du Nick Nolte des pauvres en fera sourire plusieurs.
Dans ce champ de fumier poussent néanmoins quelques roses. La musique est sans doute indigeste, mais le rendu sonore est très satisfaisant. Les voix sont claires et la trame sonore ne vient jamais rien brimer. Si l'action et les dialogues sont concentrés dans les enceintes situées à l'avant, celles sur le côté offrent de nombreux bruits de vagues. Le point fort du long métrage est toutefois ses images aux belles couleurs. Les détails sont riches et nombreux. Le grain peut être pâle, mais il n'offre aucun problème d'artéfact. De leur côté, les sous-titres blancs sont assez visibles et les fautes typographiques demeurent inexistantes. Chapeau!
Un DVD partiellement réussi ne rachètera jamais un film prévisible au possible, qui manque singulièrement de rythme, d'humour et d'audace pour accrocher. Même les misogynes célibataires bailleront aux corneilles, car la belle peau n'est que proposée et non montrée! Dans un genre nettement plus réussi, c'est toujours préférable de revoir le premier The Mighty Ducks pour la énième fois.
| Film | 2 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |