The Fighter
Alliance / Relativity

Réalisateur: David O. Russell
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 116 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935844679

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
10 mars 2011

Sélectionné aux Oscars dans la catégorie du meilleur film américain de 2010, "The Fighter" faisait figure de poids plume face à des compétiteurs beaucoup plus féroces que lui. Quelle chance qu'il a de bons interprètes de son côté, sinon il aurait été mis K.O. dès les premiers rounds.

Le boxeur Micky Ward (Mark Wahlberg) a toujours vécu dans l'ombre de son grand frère - également pugiliste - Dicky (Christian Bale). Depuis qu'il a rencontré une jolie fille (Amy Adams), il cherche à se relever les manches et à prendre sa carrière en main. Il devra toutefois trouver un moyen de se défaire de l'influence néfaste de sa famille, et de couper le cordon avec sa mère (Melissa Leo).

Derrière sa réalisation minimaliste et presque documentaire du talentueux cinéaste David O. Russell, cette histoire inspirée de faits véridiques est beaucoup plus classique qu'elle n'y paraît. Sans être un "énième" long-métrage de boxe qui n'amène rien au genre, l'effort suit un schéma narratif éprouvé, mais satisfaisant. Celui de l'homme qui doit apprendre à concilier sa vie et sa famille, à prendre la place qui lui revient sans se mettre à dos les gens qu'il aime.

Même s'il comporte bien peu de surprises, le scénario plutôt verbeux captive allègrement malgré son émotion qui est réduite à sa plus simple expression. L'intérêt réside ailleurs, dans ce milieu social ouvrier, dans cette façon d'alterner romance naissante et mère toxique, et dans cette probante étude de personnages. Homme de peu de mots, Mark Wahlberg se révèle être à la hauteur, et sa chimie avec la lumineuse Amy Adams est plus qu'exquise. Ils sont cependant plus introvertis que ses partenaires de jeu qui en font souvent trop. Melissa Leo ressort son numéro de mère aimante, mais envahissante (elle le fait tout de même bien), alors que Christian Bale affiche une forme méconnaissable, multipliant les mimiques comme s'il voulait mettre la main sur des prix. Cela tombe bien, ces deux derniers comédiens ont remporté des oscars dans la catégorie du meilleur acteur de soutien et de la meilleure actrice dans un rôle second.

Les images solides, mais sans éclat s'articulent autour de contrastes homogènes, de couleurs précises et de teintes séduisantes qui multiplient les crochets au dépend du grain et du blocage. Il n'y a rien d'extravagant: le metteur en scène ayant opté pour une approche naturaliste. L'agréable musique tend à ne pas prendre toute la place. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 savent recréer l'ambiance d'un combat tout en faisant ressortir des enceintes des bruits de sirènes et de trains. Ce n'est toutefois pas aussi immersif que cela aurait pu l'être. Les voix sont claires et afin de bien saisir ces nombreux accents, il est possible d'insérer de très visibles sous-titres blancs en anglais ou en français, ou encore d'opter pour le potable doublage dans la langue de Molière.

La pochette a beaucoup de classe, représentant les deux héros sur un ring. Plus élaboré est le menu principal du DVD, qui offre en alternance trois montages de séquences qui défilent sur un air mélodique. Les suppléments comportent un très élaboré documentaire de 25 minutes. Les vrais frangins donnent leurs impressions sur cette recréation d'une partie de leur existence, pendant que l'équipe technique traite de la difficulté de mener à terme ce délicat projet. Plus éclairante encore est cette piste de commentaires narrée par le réalisateur qui ne lésine pas sur les anecdotes et les détails plus techniques, expliquant par exemple la pertinence de son montage.

Sans être aussi magistral que The Wrestler de Darren Aronofsky (qui est ici le producteur exécutif) ou même du Ali de Michael Mann, "The Fighter" demeure un récit intéressant, un brin surestimé, sur le poids de la famille qui peut peser sur les épaules d'un de ses membres. À ce chapitre cela aurait été intéressant de voir ce qu'un James Gray aurait pu donner derrière la caméra. Un travail conventionnel, mais bien maîtrisé, notamment par sa solide distribution.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments6
Vidéo7
Audio7