The Flying Scotsman
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Douglas Mackinnon
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 103 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
3 octobre 2007

Que feriez-vous avec quelques pièces de rechange de laveuse, du métal pris dans une décharge et un vieux vélo? Pour l'écossais Graeme Obree, l'idée était claire : il allait battre le record du monde de vélo.

Graeme Obree (la révélation du film : Jonny Lee Miller) est un enfant se faisant souvent ridiculiser par les autres. Son enfance, il l'a vécue en fuyant cette même bande de jeunes s'attaquant à lui. Ne voulant jamais révéler les noms, sa famille comprend malgré tout et lui offre, lors d'un Noël, un vélo. Ce petit bijou lui permet bien vite de distancer ses adversaires qui cessent bientôt de le harceler. Bien des années plus tard, on le retrouve comme commis livreur dans une compagnie de paquets alors qu'il rencontre son futur manager (Billy Boyd, Pippin dans la trilogie de Lord of the Rings). Encouragé à aller plus loin que de simples records locaux, Graeme se trouve un commanditaire et parvient à se hisser en à peine huit semaines à affronter son épreuve du une heure en vélo. Contre toute attente, son vélo ne tient pas seulement la route, il pulvérise littéralement le record précédent de quelques longueurs. Cependant, une controverse survient parmi les membres de la Fédération des Cyclistes qui lui retirent son record et demandent un vélo réglementaire. C'est alors que les problèmes mentaux (il est bi-polaire) du jeune athlète surviennent, le coupant presque de tout le monde. Dans un troisième acte, un des garçons l'ayant harcelé dans sa jeunesse revient pour l'affronter une dernière fois. Ses arguments : "tu cours à vélo et tu vas vite parce que tu fuis, mais tu n'es pas plus quelqu'un que je ne le suis". Cette phrase permet à Graeme Obree de surmonter sa peur et d'affronter son pire démon : lui-même.

Bien dirigé, bien écrit et bien joué, ce film avait des allures de grand petit film, et c'est bien ce qu'il est. Malgré des dialogues parfois trop simplistes, la mise en scène humaine de Douglas Mackinnon permet de rendre justice à la beauté de l'Écosse, rendre visite dans l'esprit torturé de Graeme Obree tout en observant l'évolution des relations interpersonnelles qui se poursuivent autour. L'interprétation de Jonny Lee Miller dans la peau de la figure championne détonne du lot : sensible, touchant et impliqué dans son portrait d'un bi-polaire qu'il parvient à caractériser avec beaucoup de crédibilité. Billy Boyd interprète son agent et ami avec une sincérité touchante, mais son accent très prononcé nous force à recourir aux sous-titres. Cette facette est néanmoins intéressante puisqu'elle rend compte d'un autre coin de pays et d'une autre culture. Le rôle féminin principal, relégué à la somptueuse Laura Fraser, offre de doux moments de tendresse, de tension et d'émotions variées qui se marient bien avec le contexte. On dénote quelques clichés auxquels le film n'échappe pas ainsi que des longueurs qui viennent parfois alourdir le traitement. La simplicité des dialogues (tel que mentionné plus haut) empêche un certain attachement aux personnages, de sorte que le spectateur ne parvient pas toujours à briser ce quatrième mur qui le sépare de l'action à l'écran. La réalisation énergique vient par contre sauver la mise et utilise une belle photographie des lieux pour placer l'action du récit. Il ne faut pas s'attendre à un film d'action de haute voltige, mais à un drame profondément humain. Sur ce point, et beaucoup d'autres, "The Flying Scotsman" est une réussite.

En guise de suppléments, nous n'avons rien de rien. Mis à part trois bandes-annonces d'autres films, il n'y a pas de quoi se relever la nuit et c'est bien dommage puisqu'un documentaire et quelques entrevues en règle et des scènes coupées n'auraient pas été de trop pour éclairer le spectateur sur cette production. Dommage. L'image du DVD est d'une beauté claire. On ne perçoit que très peu de grain, causés par la pellicule. Les couleurs sont bien balancées et riches, la saturation ne dépasse pas et le transfert est impeccable. La piste sonore permet d'être plongé dans le milieu de l'action, surtout lors des affrontements en vélo (et ils sont rares, 3 ou 4 au plus). Les échos sont fidèlement reproduits et les décors respectifs sonnent justes. Quant aux menus, ils ne sont pas à la hauteur : statiques, sans musique et presque sans professionnalisme.

"The Flying Scotsman" possède ce que Jerry Maguire possédait en son temps : une petite dose d'espoir, un bon drame humain et des performances qui crèvent l'écran. Doté d'une équipe aussi attachée au projet que l'était Graeme Obree pour son vélo, on nous offre une copie resplendissante tant du côté sonore que visuel. Une partielle réussite : un film humain contre un manque cruel d'extras, mais mieux vaut ça que l'inverse.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments-
Vidéo8
Audio9