Le football est considéré comme une religion aux États-Unis, et ce, pour bien des raisons. Premièrement, la religion occupe une place prépondérante dans le vestiaire des joueurs avant une partie, moment où chaque joueur en profite pour se recueillir et d'y aller des quelques prières avant d'aller au combat. Deuxièmement, une partie de football c'est comme aller à l'église, car on y va au moins une fois par semaine et à toutes les semaines du moins celles où il y a du football. Dans les villes américaines, plus spécialement celles qui proviennent des états du sud comme le Texas, le football est un mode de vie ou le vendredi soir fait place aux matchs mettant aux prises les écoles secondaires, le samedi étant réservé aux matchs de niveau universitaire (NCAA) et le dimanche aux professionnels. Le football génère tellement de revenus et suscite tellement d'intérêts que certains entraîneurs d'écoles secondaires font des salaires annuels avoisinant les 150 000 dollars simplement pour diriger l'équipe, ce qui est beaucoup plus élevé que celui des directeurs d'écoles. Quant aux entraîneurs de niveau universitaire, certains se voient rémunérés au-delà du million de dollars annuellement, salaire qui va proportionnellement avec l'attente des employeurs.
"Friday Night Lights" nous plonge dans l'univers clos du football mineur dans une école secondaire située à Odessa au Texas. Réalisé brillamment par Peter Berg The Rundown et s'inspirant du roman de Buzz Bissinger, ce film raconte les faits et gestes véridiques des Panthers d'Odessa-Permian pendant la saison 1988. Cette équipe était promise à une très grande saison et l'entraîneur Gary Gaines (Billy Bob Thornton) avait toutes les raisons de sourire. Mais les blessures, la pression des parents, de la communauté ainsi que celle de l'école en fera Pour "une saison mémorable où le meilleur côtoiera le pire, où certains rêves deviendront réalité et d'autres se transformeront en cauchemars et où le sort d'une équipe peut se jouer à pile ou face.
"Friday Night Lights" n'est pas qu'un simple film sur le football, mais bien plus une peinture sociale sur un mode de vie où tout gravite autour de ce sport. Monté un peu comme un documentaire et en s'appuyant sur de nombreux plans nerveux tournés caméra à l'épaule ainsi que de nombreux gros plans, Peter Berg arrive à illustrer la promiscuité émanant de cet univers de remarquable façon. On assiste chronologiquement aux évènements qui allaient marquer la saison 1988 de cette équipe. Que ce soit par la façon peu subtile utilisée par les jeunes filles pour séduire les vedettes de l'équipe locale, le fait que la victoire n'est pas une option, mais bien une obligation, le fait de demander à des adolescents de 16 et 17 ans de se comporter comme des hommes et de leur faire sentir qu'après le football, la vie s'arrête. On ressort meurtri de ce film, ecchymoses au cœur et à l'âme causées par la démente pression sociale, par un mode de vie où le vautour qu'est le stress tournoie autour de ses juvéniles proies sans répits en attendant une faille aussi petite soit elle pour s'y jeter. Dommage que certains aspects, comme le racisme, l'éducation et les bourses d'études sont très peu couverts dans ce film, mais on pardonne facilement au réalisateur ces manques, car ce qu'il nous offre est grandiose et fait de "Friday Night Lights" le meilleur film de football qu'il m'ait été donné de voir et croyez-moi, les segments de football sont hyper réalistes et extrêmement bien montés. Les amateurs de football extrême seront servis à souhait.
L'aspect vidéo de ce film est à peu de choses près parfait. À part le fait qu'une certaine granularité est présente lors de grands plans extérieurs, le reste du transfert est sans bavures et on y retrouve de belles couleurs riches et naturelles. Côté audio, on a droit à une trame de bonne qualité quoiqu'un peu trop axée vers les enceintes avant et qui souffre de dynamisme. Les nombreux moments de football sont certes bien reproduits, mais l'ambiophonie aurait pu être mieux définie, car on a l'impression d'entendre les mêmes sons peu importe le canal écouté. Les dialogues sont audibles et justes et la splendide musique aux saveurs marquées de guitare est simplement délectable et s'harmonise très bien au propos et au mixage sonore. Un menu très concept où l'on voit tour à tour, les piliers d'éclairage, le terrain de football et les athlètes qui y foulent la surface de jeu à tous les vendredis soirs nous plongent bien dans l'atmosphère du film qui va suivre. C'est sur une musique entraînante que l'on navigue à travers ce menu et un des différents symboles utilisés par les entraîneurs pour expliquer les jeux (X, O, flèches) s'illumine dépendamment de l'option choisie.
Les suppléments sont assez nombreux, et surtout intéressants. La pièce de résistance est la trame de commentaires faite conjointement entre le réalisateur Peter Berg et le scénariste Buzz Bissinger. Il est intéressant d'entendre l'auteur commenter l'adaptation qu'a fait le réalisateur de son roman et le contraire. Les deux commentateurs semblent à l'aise devant le micro et l'humour de Peter Berg permet à cette trame de conserver tout son intérêt. On y couvre les différents aspects du tournage du film en plus de parler des petites villes du sud et de l'importance du football dans ces patelins. Suit la revuette "The Story of 1988 Permian Panthers" qui retrace les vedettes de cette équipe en 1988 et qui nous montre ce qu'ils sont devenus aujourd'hui. Ce segment est des plus intéressants et il est extrêmement captivant de voir ces athlètes et de pouvoir les comparer aux comédiens qui les campent. Suit "Action-Packed Deleted Scenes", plus de 20 minutes de scènes retranchées qui, pour la plupart, sont des extensions à des scènes présentes dans le film et qui valent tout de même la peine d'être visionnées. "Peter Berg Discusses a Scene in the Movie" est une parenthèse faite par le réalisateur pour commenter une scène du film qui a été tournée dans un "Fast-Food" et qui n'est pas d'un grand intérêt. "Ryan's Player Cam" est un court segment qui nous montre ce que la caméra du comédien Ryan Jacobs a capté sur le terrain et dans les vestiaires pendant le tournage. "Tim McGraw: Off the Stage" nous parle des talents de comédien du chanteur country Tim Mc Graw qui interprète le père d'une des vedettes de l'équipe. Une biographie écrite du réalisateur et de quelques comédiens complète ce segment. À noter qu'une belle jaquette cartonnée et glacée, au lettrage en relief et identique à la couverture du DVD le recouvre, mais aucun encart n'est malheureusement présent dans cette édition.
"Friday Night Lights" est un regard sur le monde du football scolaire au Texas et Peter Berg réussit à en dégager l'essence qui en fait quelque chose d'unique et de très beau. Le football est perçu comme la raison de vivre de plusieurs communautés et on peut facilement le comparer au phénomène du hockey mineur au Canada, mais décuplé par dix. Je vous recommande chaudement de vous procurer "Friday Night Lights", un des meilleurs films de sport jamais réalisés.
| Film | 9 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |