Parmi tous les sports professionnels, le baseball est sans aucun doute celui qui a inspiré le plus la société américaine au cours du dernier siècle. Chaque année, à l'aube d'une nouvelle saison de la MLB, les studios en profitent pour nous faire revivre la fièvre du baseball. Cette année, redécouvrez le classique "The Natural" nouvellement restauré et rempli de bonis. Playball!
Roy Hobbs rêve de devenir un grand lanceur de baseball. À 20 ans, il part à Chicago pour tenter sa chance dans une équipe professionnelle. Sur son chemin, il croise une charmante dame qui l'avait aperçu battre un illustre joueur de baseball. Dans un excès de jalousie et d'un coup de fusil, elle mettra fin à la carrière d'un des plus grands prodiges du baseball majeur. Quinze ans plus tard, Hobbs tente à nouveau sa chance lorsqu'il est engagé à 35 ans par les Knights de New York, concession laissée pour compte par un juge et un entraîneur désabusé. Hobbs reprendra là où il l'avait laissé, obligeant le reste de l'équipe à gagner malgré les réticences du propriétaire qui avait d'autres plans pour la concession...
Ne cherchez pas le nom de Roy Hobbs sur le site de la MLB, car vous ne le trouverez pas. Bien qu'il soit fictif, Hobbs est devenu tout de même une légende puisque des tournois de baseball américain portant son nom y sont organisés chaque année et on peut se procurer des articles promotionnels à son effigie sur royhobbsstore.com. Le réalisateur Barry Levinson ne pouvait mieux tomber en confiant les rennes de son deuxième opus en la personne de Robert Redford qui a créé son personnage devenu mythique. Redford fait ressortir la persévérance et la colère canalisée lors d'actions concrètes qui rendent Hobbs humain, attachant et légendaire. En passant, ceux qui doutaient encore de la ressemblance (physique) évidente entre Redford et Brad Pitt seront visiblement à court d'arguments suite au visionnement des 15 premières minutes de ce film. Le reste de la distribution est aussi très solide avec Robert Duvall qui interprète le journaliste douteux qui le talonnera tout au long de sa carrière, cherchant à le démystifier. Glenn Close est rassurante tandis que Kim Basinger manipule avec merveille la vedette. Pour les amateurs de baseball, on y trouve plusieurs scènes de jeux sur le terrain tournées brillamment et avec le souci de nous faire croire à un véritable événement historique.
Le but de nous resservir cette nouvelle édition était sans aucun doute de nous faire revivre des émotions fortes et de faire preuve d'une générosité appréciée de bonis supplémentaires qui s'étaient fait plutôt discrets lors de l'édition précédente. Le nouveau menu, animé et très sobre, présente cette nouvelle édition qui comprend une introduction dans laquelle le réalisateur Barry Levinson nous explique que vous verrez la version de 144 minutes qu'il aurait aimé présenter à l'époque et qui comprend six minutes supplémentaires comparativement à l'édition précédente. Cette fameuse édition bénéficiait elle aussi déjà de rajouts puisque certains passages n'avaient pas été traduits en français. Le deuxième disque comprend un premier documentaire divisé en trois parties dans lesquelles on nous explique comment ils ont créé l'histoire de "The Natural", comment les producteurs ont approché Redford (car il refusait presque toutes les offres à l'époque), et la dernière et la plus intéressante rassemble bon nombre d'anecdotes racontées lors d'entretiens récents avec des membres de la distribution. Glenn Close est très généreuse dans cet exercice ainsi que le scénariste qui avoue avoir réécrit une scène sur le plateau de tournage avec du papier de toilette!
Un autre documentaire, lui aussi séparé en plusieurs segments nous présente quelques parties importantes qui ont servi à créer l'ambiance et la passion de ce sport rempli de tradition et d'histoire. Bob Costas, présentateur de baseball, n'hésite pas à comparer la fin du film au fameux The Sandberg Day qui surviendra quelques jours avant la sortie de "The Natural", tellement les producteurs se sont souciés de recréer cette ambiance. Vous pourrez aussi déguster l'intéressant documentaire sur le joueur Eddie Waitkus qui a inspiré l'auteur de "The Natural" puisque ce dernier fut tiré par une balle d'une fanatique de 17 ans qui était tombée en amour avec lui. Le fils de ce joueur raconte la vie de son père avec passion et de façon très touchante. Puis, finalement, vous pourrez disséquer avec les producteurs et Robert Redford, les différents comportements et les grandes qualités du personnage de Roy Hobbs qui lui ont permis d'acquérir son titre légendaire. Le seul point négatif de cette partie, remplie de suppléments, est d'avoir offert seulement la possibilité de sous-titrer tous ces documentaires en japonais et en portugais, deux langues officielles qui arrivent dans le top trois des langues les plus parlées en Amérique du Nord (sarcasme!)...
Concrètement, l'édition précédente était déjà de qualité respectable avant de subir une nouvelle gravure numérique qui donne une pureté extraordinaire à l'image. Les seuls grains que l'on pouvait percevoir auparavant sont presque tous disparus tandis que les couleurs n'ont jamais été aussi présentes. La piste sonore impressionne aussi par sa profondeur qui nous emmène par moments dans l'ambiance d'un vrai stade de baseball.
"The Natural" figure sans aucun doute parmi les incontournables que tout amateur de baseball se doit de voir. Jacques Doucet, analyste des Expos de Montréal pendant plus de 30 ans et membre du Temple de la renommée du baseball québécois, l'a récemment confirmé lors d'un entretien réalisé récemment avec lui. "The Natural est l'un des cinq grands films portant sur le baseball.".
| Film | 9 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |