Swimming Upstream
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Russell Mulcahy
Année: 2003
Classification: PG
Durée: 97 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
28 mai 2005

Si l'on considère que le sport est roi en Australie, il peut paraître étrange que ce pays nous ait offert que très peu de films sportifs. En fait, le seul qui me vienne à l'esprit est The Club de Bruce Beresford, qui suivait le parcours du club de football australien de Collingwood. Ce film étant basé sur une pièce de théâtre à succès, il s'attardait davantage aux magouilles politiques du conseil d'administration qu'à ce qui se passait sur le terrain. Basé sur l'histoire vécue du nageur australien Tony Fingleton, "Swimming Upstream", du réalisateur Russell Mulcahey (Highlander) met également l'emphase sur l'aspect humain plutôt que sur l'action, et explore le thème de la réussite. Le succès n'étant pas ici synonyme de championnat ou de médailles, mais d'aboutissement de soi malgré les difficultés familiales.

Famille de la classe ouvrière, les Fingleton et leurs cinq enfants vivent une existence précaire dans le sud de l'Australie. Le père Harold (Geoffrey Rush), qui a eu une enfance difficile, est en perpétuel combat avec ses démons intérieurs et avec la bouteille. Colérique et abusif, autant envers sa femme Dora (Judy Davis) que ses enfants, il ne voit de réussite que dans le sport et souhaite que l'un des ses quatre fils devienne le champion qu'il n'a jamais pu être. Il éprouve du ressentiment pour son second fils, Tony, qui joue du piano et n'est pas très doué pour les activités physiques. Pour éviter les colères de son père, Tony va chercher refuge dans les eaux calmes de la piscine municipale en compagnie de son jeune frère John. Quand les deux frères annoncent à leur père qu'ils nagent plutôt bien, celui-ci les accompagne à la piscine et s'aperçoit tout de suite de leur énorme potentiel. Voyant la chance de voir ses rêves de gloire se réaliser, il s'improvise entraîneur, fait lever ses deux fils à six heures du matin et leur impose un entraînement draconien. Malheureusement pour Tony, son père n'en a que pour John, ignore complètement ses succès et complotera pour monter ses deux fils, auparavant inséparables, l'un contre l'autre.

N'eut été des prestations remarquables de Geoffrey Rush et de Judy Davis, "Swimming Upstream" aurait pu facilement sombrer dans le mélodrame. Ils insufflent une grande part de complexité à leurs personnages et évitent ainsi les stéréotypes du monstre alcoolique et de la victime d'abus unidimensionnels. Jesse Spencer est également excellent dans le rôle difficile de Tony, un adolescent tourmenté qui essaie désespérément de plaire à son père malgré les vagues successives d'indifférence et de haine à peine déguisée. Tim Draxl (John) offre, lui aussi, une prestation solide. La réalisation de Russell Mulcahey est efficace, même si certains choix stylistiques, ancrés dans le modernisme, semblent peu appropriés au contexte historique du film. Par exemple, certains effets utilisés pour rendre l'isolement de Tony dans la maison et pour souligner l'état d'ébriété de Harold sont inutiles et tendent à distraire le spectateur. Par contre, la technique de l'écran divisé ajoute du rythme et du dynamisme aux épreuves de natation. Quant au scénario, écrit par Tony Fingleton d'après sa biographie, il infuse un réalisme brutal à une intrigue où l'impact émotif est mis de l'avant.

La présentation visuelle est excellente. L'image est excessivement claire et les couleurs sont vives et naturelles, même pour les scènes tournées sous l'eau. Les contrastes et le niveau des détails sont aussi sans reproches. Quelques scènes offrent un minimum de granularité, mais il n'y a pas l'ombre de problèmes d'artefacts de compression ou d'accentuation des contours. La piste sonore est bien équilibrée. L'activité est concentrée dans les enceintes avant et la séparation des canaux est nette. Les enceintes arrière et le haut-parleur des graves s'activent pour supporter l'ambiance lors des compétitions sportives. Les dialogues sont clairs et sans distorsion. Par contre, l'accent australien est parfois difficile à comprendre et il aurait été souhaitable d'inclure des sous-titres. La présentation est sommaire, car le boîtier simple ne contient pas d'encart et les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Comme suppléments, on retrouve une courte revuette qui comprend des entrevues avec les acteurs principaux, le réalisateur et le scénariste Tony Fingleton, une douzaine de scènes retranchées fort intéressantes, ainsi que la bande-annonce du film.

"Swimming Upstream" met l'emphase sur le deuxième mot du titre pour nous offrir un drame sportif touchant, qui réussit à éviter la surdose de mélo grâce à une distribution exemplaire. Très bon petit film, et très bonne présentation à laquelle il ne manque qu'une piste audio commentaire avec le réalisateur et le scénariste.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments5
Vidéo9
Audio8