Je dois absolument débuter cette revue en vous disant que de toutes les séries Trek en existence sur DVD, la troisième saison d'"Enterprise" est la plus excitante qu'il m'ait été donné de voir. Avec cette saison, je me demande énormément pourquoi la série a été annulée. Est-ce que la quatrième saison était si nulle (je ne l'ai pas vue encore)? Le secret de la troisième saison est une histoire qui fait l'arc à partir du dernier épisode de la saison précédente jusqu'au dernier de la présente saison. Jamais dans une série Trek il y aura eu un aussi gros arc. C'est vraiment spécial!
Comme vous avez sûrement pu le constater avec la fin de la saison précédente, les aventures de la troisième saison de l'équipage de l'Enterprise NX-01 tournent autour de la recherche des Xindis, cette race mystérieuse qui a attaqué la Terre avec une arme qui fit un trait mortel de la Floride au Venezuela tuant sept millions de personnes. Nous ne savons pas grand chose sur eux au début de la saison mis à part qu'ils préparent une autre arme plus puissante qui peut détruire la Terre entière. Tout cela parce qu'ils ont appris d'êtres venant du futur que les humains vont détruire leur planète dans 400 ans. Durant leur voyage dans l'Expansion Delphic (une région de l'espace où même les lois de la physique ne s'appliquent pas toujours comme il le faut), le capitaine Jonathan Archer (Scott Bakula) et son équipage vont découvrir qu'il y a en fait cinq espèces de Xindi: Xindi-Primate, Xindi-Reptilian, Xindi-Arboreal, Xindi-Aquatic et Xindi-Insectoid, chacun ayant son propre agenda.
La première chose que nous remarquons durant cette saison, c'est la violence. Il faut dire que la présence des MACOs ("Military Assault Command Operation soldiers" - des militaires quoi!) n'est pas étrangère à cela. Ils sont dirigés par le Major Hayes (Steven Culp) et sont là pour protéger les gens importants pour la mission. Cela ne plaît pas au lieutenant Reed (Dominic Keating) qui croit fermement que Hayes est là pour le remplacer. La moralité du capitaine est quelque peu mise de côté chaque fois qu'il entend parler des Xindis (il est prêt à tuer pour recevoir les informations qu'il veut). La vengeance est au menu surtout pour le commandant Tucker (Connor Trinneer) qui a perdu sa propre sœur dans la première attaque des Xindis. En cours de route, leur soif de vengeance sera échangée pour une solution plus pacifique. Le capitaine dira lui-même qu'il ne peut pas sauver l'humanité s'il perd les principes qui font de lui un humain. Nous le voyons passer du mode "Jacques Cartier", où il explore la galaxie tout en étendant son idéologie, vers un personnage un peu plus sévère, prêt pour la mission devant lui, une mission qu'il doit compléter à tout prix, au nom de l'humanité.
Mis à par le capitaine, plusieurs personnages se développeront énormément durant cette saison. Tout d'abord, il y a T'Pol (Jolene Blalock) qui vit avec le Syndrome Pa'nar, une maladie vulcaine transmise par un "mind-meld". Elle est aussi affectée par un minerai, le trellium-D, se retrouvant dans l'Expansion Delphic qui lui enlève graduellement la possibilité de cacher ses émotions (le fait qu'elle s'en injectait ne l'aidait pas vraiment). On lui avait interdit de suivre les humains dans cette région de l'espace pour toutes sortes de raisons, mais elle a décidé de démissionner de son poste du Haut Commandement Vulcain pour suivre ce qu'elle croit plus important. Entre temps, elle aidera au commandant Tucker à mieux dormir grâce à des traitements de neuropression vulcaine, un soin très intime qui les amènera à se déclarer de fil en aiguille leur amour pour l'un et l'autre. Leur relation sera le potinage de tout le vaisseau! Les fans appelaient cela du porno vulcain et ce n'est pas difficile à croire! Parlant de cela, je dis un gros bravo à Paramount de ne pas avoir censuré l'épisode "Harbinger" comme il a été fait pour la diffusion américaine. Nous y voyons un bout de fesse et presque tout un sein de T'Pol qui avait été numériquement écarté de l'écran pour la diffusion de février 2004, à peine deux semaines après l'horrible vision accidentelle du sein de Janet Jackson durant la mi-temps du Superbowl. Pas grand chose d'excitant à mon avis alors que je l'ai presque manqué!
Les quatre premiers épisodes de la saison sont moins intéressants alors que c'est la recherche qui ne mène pas très loin. Cela nous permet entre autres de mieux connaître les personnages et leurs émotions suite à l'attaque des Xindis. Cela fait déjà six semaines qu'ils sont en route et rien ne se présente vraiment à eux. Le plaisir de la saison démarre vraiment avec l'épisode "Impulse" où l'Enterprise répond à un signal de détresse d'un vaisseau vulcain dont tous les passagers sont devenus des… zombies! Quel épisode fantastique (évidemment tourné avec l'œil unique de David Livingston)! Quelques épisodes plus loin, "The Shipment" nous "ramène sur Terre" alors qu'Archer réalise que ce n'est pas tous les Xindis qui leur veulent du mal. L'épisode "Twilight" rappellera sans doute aux fans de Next Generation l'épisode "In All Good Things" où le futur est quelque peu différent de la réalité par l'action d'un personnage. De là, tous les autres épisodes déboulent en direction des Xindis sans vous laisser une seconde pour respirer (ça devait être débile d'avoir à attendre une semaine pour voir la suite lors de la diffusion originale!)." . Nous avons droit à un épisode à la western, quelques épisodes de voyage dans le temps avec Daniels (Matt Winston), les Xindis et les descendants d'un autre Enterprise NX-01 perdu dans le passé. Un de mes personnages préférés, l'Andorien Shran (Jeffrey Combs), revient pour quelques épisodes revient pour quelques épisodes, d'abord pour trahir la confiance d'Archer, pour ensuite joindre son effort à la paix.
Ceci est la première saison qui prend le titre "Star Trek: Enterprise" (alors que les autres sont simplement nommés "Enterprise") et le nouveau thème d'introduction qui est en fait le même un peu plus accéléré avec un peu de batterie, question de montrer un changement de cap pour la série. La plupart des épisodes, les plus noirs de l'univers Trek, ne sont pas tous importants pour l'arc Xindi, mais nourrissent l'histoire tous vers le but ultime. Quelques sous-histoires viennent s'y brancher d'un épisode à l'autre pour pas que nous nous tannions trop rapidement et que cela devienne trop répétitif. Voici la liste de ces épisodes:
Présentés en panoramique anamorphique, ces épisodes contiennent lles plus beaux effets visuels qu'il m'ait été donné de voir dans une série Trek, compétitionnant facilement avec les films du grand écran. L'image présentée est très belle, ne présentant que peu d'accentuation des contours et offrant une quantité de détails de très bon niveau. Les noirs sont profonds et les couleurs vives (surtout les nouveaux habits de T'Pol qui est maintenant habillée en civil). L'épisode western "North Star" contient un grain légèrement plus visible qu'avec les autres épisodes. "Impulse", l'épisode zombie, offre une variation sur les couleurs assez intéressante et digne de tout bon film d'horreur gluant. Alors que le dialogue est collé sur les haut-parleurs frontaux, le dynamisme se fait sentir dans les autres haut-parleurs de votre cinéma maison de façon assez intéressante, mais pas encore au niveau des gros films d'action à la Michael Bay.
Comme avec les coffrets précédents, nous avons droit à une bonne quantité de suppléments à commencer par des pistes de commentaires textuels de Michael et Denise Okuda sur les épisodes "The Xindi", "Impulse" et "Countdown" qui sont toujours bien intéressants. Cela est suivi par des pistes de commentaires de l'assistant-réalisateur Mike DeMeritt sur "North Star" et du scénariste / producteur exécutif Manny Coto sur "Similitude". Cette dernière est vraiment intéressante, car Coto est venu rejoindre l'équipe créative de la série en plein milieu de saison avec son mot à dire. Sur le troisième disque (pour les épisodes "Similitude" et "Chosen Realm") et le sixième disque (pour "E2"), nous retrouvons quelques scènes retranchées. Le reste des suppléments se retrouve sur le septième et dernier DVD. Cela débute avec la revuette "The Xindi Saga Begins" où Rick Berman et Brannon Braga nous parlent évidemment de la pression du studio d'améliorer la série et des idées derrière les Xindis. Les scénaristes Mike Sussman, Manni Coto et Phyllis Strong ainsi que les acteurs John Billingsley (Dr Phlox) et Scott Bakula viennent renforcer leur discours en parlant de quelques scènes de la saison. Dans la revuette "Enterprise Moments: Season 3", acteurs, scénaristes et réalisateurs partagent avec nous leurs épisodes préférés avec une belle conclusion de Scott Bakula. Une revuette "Enterprise Profile: Connor Trinneer" nous parle de l'acteur et de son personnage alors que "A Day in the Life of a Director: Roxann Dawson" qui nous fait visiter le plateau du tournage de l'épisode "Exile", et vraiment derrière les caméras. Elle nous parle de ce que doit faire rapidement un réalisateur de télévision dans sa tâche. Elle nous amène même dans la salle d'édition! La meilleure revuette sur le sujet que j'ai vue à ce jour. Des bloopers et une galerie de photos suivent. Il y a aussi des suppléments "cachés" que vous allez retrouver sans difficulté. Il y a John Billingsley qui nous parle de sa scène de nu dans "Doctor's Orders". Robert Blackman qui parle du design des uniformes et Mike Sussman nous parle de l'épisode "E2".
Les suppléments sont à la baisse comparés à ce que nous avions dans le premier coffret et ce n'est par manque d'espace. Le dernier disque n'est qu'un DVD-5 ayant encore au moins un gigaoctet d'espace disponible. Mais j'ai été franchement plus irrité lors de l'insertion du premier disque du coffret où on nous force littéralement à regarder des bandes-annonces pour d'autres produits de science-fiction de Paramount. Non, mais au prix que nous payons pour ces coffrets de collection, en plus qu'il n'y a que 24 épisodes au lieu des 26 habituels pour une saison, il pourrait nous éviter cela, au moins ne pas les rendre obligatoire (comme la bande-annonce de Borg Invasion de Las Vegas).
"Enterprise" nous montre son potentiel durant cette saison et j'ai bien du mal à comprendre la terminaison abrupte de la série seulement après quatre ans. 2006 étant le 40e anniversaire de la création de Star Trek, ils auraient pu nous le laisser un an de plus question de célébrer en beauté. Dans ses interviews, nous voyons que Rick Berman a l'écœurite aiguë du monde Star Trek, alors il pourrait laisser les rênes à du jeune sang qui aurait peut-être amené la série vers de nouveaux horizons. Nous ne le saurons jamais.
| Film | 10 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |