Danse, numéros musicaux et bonne humeur sont au programme de "Stormy Weather", une pétillante comédie de mœurs qui ne va pas très loin. Les yeux et les oreilles seront ravis, mais l'intelligence risque d'hiberner très rapidement.
Bill Willamson (Bill "Bjangles" Robinson) raconte à de jeunes voisins son ascension vers la gloire. Grâce à sa persévérance, sa facilité à être ami avec les bonnes personnes et ses talents innés, il a réussi à remporter beaucoup de succès en dansant à différents endroits aux États-Unis. Si ce retour vers le passé fait sourire ses compères, Bill est tout de même triste de ne pas avoir convaincu la chanteuse Selina Rogers (Lena Horne), son amour de toujours, d'être restée à ses côtés. Le destin l'amènera toutefois à rectifier la donne lors d'un spectacle attendu.
L'histoire de "Stormy Weather" pourrait tenir sur le bout d'un cure-dent tant elle est superflue. Le scénario ne mène nulle part, les sympathiques acteurs sont parfois atrocement mauvais et la réalisation de Andrew L. Stone, sans être médiocre, ressemble à de nombreux autres longs métrages du même genre. Par exemple, le supérieur Orchestra Wives de Archie Mayo convainquait davantage avec une recette aussi éprouvée.
Ce qui fait réellement tout le charme de ce long-métrage, c'est bien entendu les numéros de danse qui sont combinés à la géniale musique. Les interprètes ont peut-être un talent réduit pour le jeu, mais ils sont assez exceptionnels lorsque vient le temps de bouger et de séduire l'ouïe. Cab Calloway, Ada Brown, Fats Waller, The Nicholas Brothers et de nombreux autres artistes s'éclatent avec des rythmes contagieux. Du début à la fin, un sourire se pose sur les lèvres de Bill "Bjangles" Robinson et c'est lorsqu'il danse que son charisme opère. Quant à elle, la magnifique Lena Horne ensorcelle de sa beauté infinie et de son chant des plus majestueux. Afin que ces délicieuses mélodies prennent le dessus, le rendu sonore s'avère très soigné. Entre la piste mono et celle stéréo, le choix de cette dernière est une évidence. Il n'y a peut-être que deux haut-parleurs utilisés, mais c'est suffisant pour bien recréer l'atmosphère des nombreuses salles de spectacles. Il est possible de rouspéter légèrement sur ces voix qui se font enterrer par les bruits et les compositions, mais pour un film comme "Stormy Weather" où les dialogues ne font que meubler entre deux numéros musicaux, ce n'est vraiment pas la fin du monde.
Cette œuvre ayant été réalisée en 1943, il est normal que les images ne soient pas parfaites. Le plein écran offre un noir et blanc acceptable, mais les dix premières minutes viennent presque tout gâcher. Les égratignures sont omniprésentes et les sous-titres jaunes sont carrément illisibles. Heureusement, cela se calme par la suite. La présentation du film suit presque cette même tangente (l'enfer au début et la paradis par la suite), mais elle est aux antipodes! La pochette en carton est très belle avec toutes ses couleurs flamboyantes et ces dents blanches qui scintillent. Cependant, une fois l'insertion du DVD, le menu principal offre un banal fond où se trouvent quelques personnages. Rien ne bouge, il n'y a aucune musique et les icônes sont statiques. De quoi sauter directement au long métrage ou aux deux suppléments. Il y a deux bandes-annonces et une piste de commentaires du professeur Todd Boyd. Malgré sa voix monocorde et ses nombreuses hésitations, cet homme propose des pistes de réflexion inspirées sur le rôle très large des afro-américains dans cette production et sur la période particulière où la guerre était sur toutes les lèvres.
Difficile de demander à "Stormy Weather" d'être autre chose qu'un agréable divertissement. Malgré des répliques navrantes, des comédiens pas toujours à leur place et de nombreuses répétitions, la pâte lève lorsque le rideau tombe et que la musique annonce le pas de la danse. C'est futile, franchement volatile, mais il y a de pires façons de perdre son temps.
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |