Ce troisième film du réalisateur Todd Solondz (Hapiness (1998) et Welcome to the Dollhouse (1995)) est en fait deux films. Le premier, intitulé "Fiction" nous présente une jeune étudiante, Vi (Selma Blair), désabusée de sa relation amoureuse et totalement déconfite face au manque d'objectivité que démontre son professeur (Robert Wisdom) lors de ses critiques littéraires. En détresse psychologique, elle retrouve par hasard ce même professeur dans un bar et bien vite, tous deux regagnent le domicile de ce dernier. Ce qui laissait croire à une simple relation sans lendemain se transforme en fétichisme raciste. Vi décide d'en faire le sujet de son prochain récit qu'elle présente à la classe, qui la critique vivement.
Le second film, intitulé "Non-fiction", nous présente un réalisateur (Paul Giamatti) qui tente de filmer un documentaire sur un jeune adolescent (Mark Webber) sans ambition, et que les pressions sociales forcent à préciser son avenir. Le jeune homme, Scooby, est issu d'une famille banlieusarde typique dont les liens sont rapidement éprouvés lorsqu'un des enfants est victime d'un grave accident. Le réalisateur tente en vain de capturer l'essence même de ce que ressent Scooby, mais sa productrice (Franka Potente) l'oblige à modifier l'orientation de son film; bien vite, le documentaire se transforme en comédie.
Comme avec ses autres films, Todd Solondz arrive à dépeindre avec nonchalance des situations de violence réelle et de méchanceté cruelle. Que ce soit par les remarques désobligeantes d'un enfant à sa bonne, ou par l'humiliation sous plusieurs formes d'une élève par son professeur, chaque incident est tout à fait véritable. C'est justement ce degré de véracité qui rend le film troublant. Ce qui est par contre un peu dommage, c'est l'absence de lien entre les deux films. À part le rapprochement évident avec les titres, les deux histoires sont entièrement indépendantes (dans la première histoire, la fiction devient réalité lorsque Vi voit ses collègues de classe la critiquer personnellement suite à son récit, alors que dans la seconde histoire, la réalité devient fiction lorsque le documentaire transforme la vie bien réelle de Scooby en parodie; comme le souligne le titre, tout est dans la façon de raconter...). Une approche semblable à celle de Hapiness ou de Magnolia de P. T. Anderson aurait été moins déconcertante.
Quatre versions différentes du film nous sont offertes. Ainsi, il est possible de choisir entre la version plein écran et la version panoramique, et on peut également choisir entre une version censurée, ou originale (la critique présente est celle de la version panoramique originale). La qualité de l'image laisse un peu à désirer; on observe un constant fourmillement en arrière-plan dans les scènes les plus éclairées. Les noirs sont quant à eux jamais bien profonds. La mauvaise qualité de l'image est sans doute imputable à la présence des deux versions (panoramique et plein écran) sur le disque. Cette piètre qualité de transfert est toutefois excusable de par le fait que l'intérêt principal du film est dans l'histoire, et non pas dans l'aspect visuel. Pour ce qui est de la version censurée, il s'agit exactement du même film, mais les scènes sexuellement choquantes sont simplement couvertes d'un carré rouge. Les scènes de violence verbale sont intactes, puisqu'essentielles à la compréhension du film.
La bande sonore est quant à elle disponible en Dolby 5.1 et en stéréo. Le mixage est bien exécuté, et les canaux bien utilisés. De par son genre, ce film sollicite presque uniquement le haut-parleur de centre; les autres haut-parleurs n'étant utilisés que pour la spatialité sonore et la musique. Il est aussi à noter que le haut-parleur d'extrême-grave n'est pas du tout utilisé; mais encore une fois, ce film presque uniquement composé de dialogues ne le requiert pas.
En ce qui à trait aux menus, malgré le fait que la jaquette du DVD annonce qu'ils soient animés, ils sont tout à fait statiques. Il est toutefois à noter qu'il n'y a pas de prémices au menu principal: pas de mise en garde du FBI, pas de publicité, pas logo de studio. Pour les amateurs qui n'apprécient pas les interminables animations entre chaque menu, c'est le DVD idéal.
Les suppléments sont totalement absents; on nous présente uniquement la bande-annonce cinématographique.
Somme toute, un film qui sort complètement du cadre typique des films américains; non seulement par le contenu, mais aussi par la forme. Personne n'est vraiment gentil, tous sont plutôt méchants. On y voit beaucoup de violence innocente et de méchanceté insouciante, dans des situations réalistes et auxquelles il est facile de s'identifier.
| Film | 8 |
| Menu | 3 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 7 |