Née Marilyn Pauline Novak, Kim Novak signa un contrat d'exclusivité en 1954 avec la "Columbia Pictures" qui cherchait une réponse sulfureuse au phénomène Marilyn Monroe. Cette très belle femme connut une carrière plus ou moins en dent-de-scie dont le mémorable Vertigo d'Alfred Hitchcock demeure son haut fait d'armes. Si sa carrière souleva peu de remous, sa vie personnelle provoqua quelques tempêtes de moralité où elle eut des flirts avec Cary Grant, Frank Sinatra, Sammy Davis Jr. et le prince Aly Khan. En 1995, le magazine "Empire" dressa la liste des 100 plus belles femmes de tous les temps et on peut y retrouver son nom au 92e échelon. En 1960, elle donna la réplique à Kirk Douglas dans un film traitant de l'adultère intitulé "Strangers When We Meet".
Réalisé par Richard Quine (How to Murder Your Wife), ce film raconte l'histoire de Larry Coe (Kirk Douglas), architecte oeuvrant en Californie qui est à la recherche de nouveaux défis architecturaux. En apparence Larry est un homme comblé et possède la vie rêvée c'est-à-dire une jolie femme, une belle maison, un bon boulot, un enfant et un gazon impeccable. Mais derrière le rideau du conformisme social et familial, Larry cache un mal de vivre. Il fera la rencontre de Maggie (Kim Novak), une voisine attachante et cette relation anodine se transformera en idylle. Cette explosion de sentiments créera une onde de choc auprès des familles et des amis que tous vivront à leur façon.
Le film traite d'un sujet très tabou au début des années 1960, celui de l'infidélité et si son propos est d'intérêt, son traitement est en contrepartie un gâchis de par son enveloppe mélodramatique trop sirupeuse et par sa musique qui donne dans un lyrisme apitoyant. De plus, on sent le glaive chaud dans la main de Kirk Douglas (il travaillait à son film Spartacus) et j'avoue que si sa virilité d'acteur est une chose, lui demander de transposer des émotions autres que celle d'un esclave qui n'a plus rien à perdre, est tout un défi. Quant à Kim Novak, sa beauté incandescente illumine l'écran, mais la chimie entre la starlette et Kirk Douglas n'y est pas. Une chance que Walter Matthau et Ernie Kovacs dans les rôles de soutien offrent une excellente prestation et donne du relief au film.
Ce film profite d'un nouveau transfert rematricé en haute définition et le résultat est probant. Une image claire et nette révèle de splendides couleurs vives et très naturelles. Mis à part une légère granularité sur certains plans extérieurs, ce transfert ne montre pas de défauts. L'aspect audio n'a pu avoir le même traitement et propose strictement une affaire d'enceintes avant qui n'a aucune profondeur. Cette trame est exempte de bruits de fond et propose des dialogues compréhensibles et une musique d'accompagnement qui se mélange bien au mixage sonore.
Un menu en manque d'inspiration nous montre une image des deux tourtereaux. C'est dans le silence le plus complet que l'on peut naviguer à travers les timides options du menu et de ses douze chapitres. Quant aux suppléments, trois bandes-annonces sont au programme et nous avons le droit à un spécial Rita Hayworth avec les films You'll Never Get Rich et Gilda. La dernière propose le film In the Cut mettant en vedette Meg Ryan. Aucun encart n'est inclus dans cette édition squelettique proposée par "Sony Pictures".
"Strangers When We Meet" est un genre de film qui vient s'asseoir sur le bout de la chaise de la moralité en proposant une histoire qui traite d'adultère. Si le sujet se voulait osé, son traitement en contrepartie est masqué par le puritanisme hollywoodien et le film devient rapidement fade. J'aurais aimé voir comment ce film aurait tourné dans les mains d'un Michelangelo Antonioni (L'Avventura) ou d'un Jean Charles Tacchella (Cousin Cousine). Cette édition n'a rien d'intéressant à offrir et je vous déconseille son achat.
| Film | 5 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 5 |