The St-Valentine's Day Massacre
20th Century Fox

Réalisateur: Roger Corman
Année: 1967
Classification: PG
Durée: 100 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
21 mai 2006

L'ère de la Prohibition aux États-Unis débuta peu après l'entrée en vigueur du "Volstead Act" en 1919, qui donnait force de loi au 18e amendement de la Constitution américaine et criminalisait la fabrication, le transport, la vente, l'importation et l'exportation d'alcool. Et qu'est-ce qui arrive quand on interdit à Joe Public d'ingurgiter une petite bière après une dure journée au boulot? Le monde interlope prend la relève, fabrique de l'alcool maison ou en importe illégalement du Canada, instaure son propre réseau de transport et de distribution, et des milliers de "speakeasies" (tripots d'alcool illégaux) font surface permettant à Joe de s'en envoyer une derrière la cravate avant de rentrer à la maison. La Prohibition fut une époque fort lucrative pour le crime organisé et le célèbre Al Capone bâtit son empire en grande partie grâce aux profits engendrés par le commerce illégal d'alcool. "The St. Valentine's Day Massacre", réalisé par le maître du film de science-fiction et d'horreur de série 'B' Roger Corman, nous entraîne dans la guerre sans merci que se livrent deux gangs de Chicago pour le contrôle de la vente d'alcool et relate les événements qui ont mené au massacre sanglant auquel le titre fait référence.

Chicago, 1929. La puissante organisation criminelle d'Al Capone (Jason Robards) contrôle toute la ville, sauf le secteur nord, toujours aux mains de la bande de Bugs Moran (Ralph Meeker). La compétition pour le trafic d'alcool est féroce et Capone décide d'éliminer son rival en lui offrant un cadeau de la St-Valentin empoisonné. Il suffira de quelques uniformes de policiers, d'une mise en scène impliquant une livraison du précieux liquide et de beaucoup de munitions...

"The St. Valentine's Day Massacre" nous offre un docudrame de série 'B' dans un emballage de film de série 'A'. Malgré l'omniprésence de la narration solennelle de Paul Frees, qui nous offre des commentaires sur le contexte historique et les divers personnages, le ton demeure léger et enjoué, comme si le réalisateur avait voulu se moquer de cette tendance qu'avait souvent le cinéma de glorifier une ère où l'Amérique était sous l'emprise d'individus immoraux et violents. Alors, malgré le formalisme de la recréation d'époque qui parvient à fixer rapidement les protagonistes dans leur environnement et accentue le réalisme, les personnages sont caricaturaux et le jeu des acteurs est théâtralisé à l'extrême, donnant au film l'aspect d'une gigantesque farce. La réalisation de Corman est assurée et fluide, et les scènes d'action, savamment chorégraphiées, explosent dans une violence qui a dû choquer les auditoires de l'époque.

Jason Robards (dont le rôle devait à l'origine incomber à Orson Welles), n'a pas la corpulence requise pour camper un Capone convaincant, mais domine tout de même l'écran dans une prestation marquée par la démesure où il ne perd pas une occasion de jouer les sadiques fous furieux. Il a dû s'amuser comme un petit fou. George Segal (Peter Gusenberg, un des sbires de Moran) se contente d'imiter James Cagney et obtient son moment de gloire lors d'une scène complètement burlesque où il lutte avec sa copine Myrtle dans son appartement pour s'emparer du manteau de fourrure qu'elle aurait payé beaucoup trop cher, mais qu'elle refuse de lui rendre. La scène paraît déplacée, mais on ne peut s'empêcher de sourire tout en admirant les formes de la sculpturale Jean Hale. Ralph Meeker est probablement le plus crédible et campe un Bugs Moran effacé, mais déterminé qui impose le respect. Le reste de la distribution passe le plus clair de son temps à mâcher de la gomme et un oeil averti permettra de noter la brève apparition de Jack Nicholson dans la peau d'un des gangsters.

Le transfert anamorphosé du film est agréable et l'image demeure claire et propre, avec un minimum de poussières et d'égratignures. La reproduction des couleurs est bonne et le niveau des contrastes et des détails est acceptable. Je n'ai noté aucun problème associé au processus de compression et le phénomène d'accentuation des contours est à peine perceptible à l'occasion. Un bon transfert. La piste audio en dolby digital stéréo est adéquate même si l'activité est concentrée dans les enceintes avant. La musique et les dialogues jouissent d'une excellente séparation et les effets d'ambiance, quoique peu nombreux, viennent ajouter à l'impact des scènes d'actions. Le bruit des armes et le crissement des pneus semblent un peu sourds, mais ceci est normal pour un film de cet âge. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Comme seul supplément, on retrouve quelques bandes-annonces, dont celle du film.

"The St. Valentine's Day Massacre" est un film divertissant qui ne se prend pas très au sérieux. Dommage que le réalisateur a préféré nous offrir un pastiche des films de gangsters des années 1930, plutôt qu'un précurseur à The Godfather et GoodFellas.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments1
Vidéo7
Audio7