La première chose à spécifier au sujet de ce film, et ce, avant de faire la critique de l'édition DVD, est que malgré son titre, il n'a absolument rien à voir avec les évènements d'Irlande communément appelés Bloody Sunday, qui, de toute façon, ont eu lieu un an après la production du film. Incidemment, le film n'a aussi rien à voir avec la célèbre chanson de U2. L'appellation fait tout simplement référence à la populaire habitude britannique de précéder un nom de l'épithète "bloody" afin de signifier une certaine contrariété (l'analogie québécoise serait évidemment ce non moins célèbre qualificatif qui signifie, au sens propre, "morceau de pain sans levain"...). Soulignons aussi que le scénario de ce film est écrit par Penelope Gilliatt, d'après une de ses propres pièces de théâtre, elle-même inspirée d'un de ses romans. Gilliat est une prolifique auteure reconnue pour ses livres, nouvelles, pièces de théâtre, critiques de film pour le New Yorker et même livrets d'opéra. Bref, il n'est pas étonnant que le scénario soit exceptionnel.
L'histoire est celle de trois personnes: Daniel Hirsh (Peter Finch), médecin familial dévoué, Alex Greville (Glenda Jackson), récemment divorcée et Bob Elkin (Murray Head), un jeune artiste en pleine effervescence. En plus de partager un service téléphonique aussi inefficace que peu pratique, Daniel et Alex partagent aussi le lit de Bob. Ils sont tous deux au courant des extravagances de ce dernier, mais préfèrent ignorer, hypocritement, ces détails, de peur de perdre Bob. Bien que cette situation paraisse insoutenable, leur philosophie laisse transparaître que de partager la moitié de la vie de Bob est mieux que rien.
Ce film est extrêmement avant-gardiste pour son époque. Encore aujourd'hui, plus de trente ans plus tard, il est encore rare de voir deux hommes s'embrasser au grand écran. Dans ce film, cette relation particulière est extrêmement bien exploitée, et est présentée d'une façon toute naturelle. D'un côté purement cinématographique, le film ne se démarque que par l'approche du scénario: rien d'extraordinaire à signaler, même que le rythme est plutôt lent. Mais c'est ce scénario qui vaut tout le film, et qui fait en sorte que malgré quelques défauts techniques, il est encore d'actualité: encore bien des gens auraient intérêt à le voir.
Pour le côté technique du DVD, on nous présente pour commencer une qualité d'image assez bonne. On ne peut par contre s'empêcher de noter une surdéfinition des contours en avant-plan, ainsi qu'un léger scintillement de l'image. On note aussi un fourmillement, nettement plus apparent dans les scènes plus sombres. Néanmoins, le matériel source est étonnement en bon état, et est exempt de toute poussière ou égratignures.
Par contre, du côté sonore, c'est une toute autre histoire. La piste sonore est en bien piètre état: le dynamisme en fréquence est extrêmement réduit, ne laissant passer aucune basse ou haute fréquence. Moindrement que le ton est haussé, de la distorsion apparaît. Le mixage est aussi très décevant: les niveaux sont déterminés un peu n'importe comment, ce qui a pour résultat que les dialogues, en plus d'être étouffés et vagues, sont enterrés par la musique, le bruitage et les effets (si effets il y a...). Notons par contre un excellent choix de musique au niveau de la trame sonore, surtout pour le fameux trio extrait de "Cosi fan Tutte": "Sova sia il vento". Par contre, mis à part du fait que cet air est un trio, le lien avec le film se fait difficilement. Néanmoins, d'un point de vue esthétique, la musique se prête admirablement bien au film. Du côté des suppléments, seule la bande-annonce du film nous est offerte. Pour ce qui est des menus, on nous présente simplement une image fixe, avec les choix habituels, et ce, sans musique de fond.
Bref, même si le sujet et l'approche de ce film restent avant-gardistes, il n'en demeure pas moins qu'il est plutôt ardu à regarder. L'édition DVD est simple, permettant de découvrir ou redécouvrir le film, mais sans plus.
| Film | 6 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 4 |