Pour fêter dignement le super héros le plus célèbre du continent (voire du monde), Bryan Singer nous a offert Superman Returns à l'été 2006. En décembre de la même année, un coffret à édition limitée comprenant presque tout ce qui est imaginable de trouver a fait son apparition sur les tablettes, courtoisie de Warner Bros. Si le studio voulait rendre hommage aux films initiateurs du genre, c'était mission plus qu'accomplie. En effet, tous les films de Superman (de 1978 à 2006) se retrouvent ici dans un boîtier métallique chromé comprenant pas moins de quatorze disques pleins à craquer de contenu spécial et de documentaires. La présente édition enterre définitivement celle sortie en 2000 qui ne proposait que les films et les bandes-annonces pour un prix ridiculement élevé. Quand édition ultime rime avec cadeau des dieux.
Sur une planète vouée à l'anéantissement, un savant nommé Jor-El (Marlon Brando) dépose dans un vaisseau, son enfant nouveau-né. Atterrissant sur la Terre et recueilli par le couple des Kent, le petit garçon venu des étoiles devient, avec le temps, le protecteur de tous, Superman (Christopher Reeve/Brandon Routh). Dans le premier film, il se retrouve à combattre Lex Luthor (Geene Hackman/Kevin Spacey) alors que ce dernier tente d'arriver à ses fins avec un projet immobilier aux conséquences catastrophiques. Le second place l'homme d'acier face à trois super vilains emprisonnés par le père de Superman des milliers d'années plus tôt, alors que Clark Kent se retrouve sans pouvoirs face à eux. "Superman 3" oppose le héros à un génie de l'informatique dont le patron parvient à répliquer la kryptonite avec des conséquences désastreuses pour Superman. Dans "Superman 4", Lex Luthor se crée un protecteur nommé Nuclear Man qui en veut immédiatement à Superman. Superman Returns ignore complètement les trois suites et revient entièrement à la sauce de Richard Donner (la version de Richard Donner de "Superman 2" n'était pas encore concoctée à l'époque). Le dernier, Look, Up in the Sky, est un documentaire dont vous pouvez lire la critique ici.
"Superman" est une série qui a vécu, comme son homonyme de bandes dessinées, ses hauts et ses bas. Avec les années, ce qui a commencé par un chef-d'œuvre du cinéma est lentement devenu un film de producteurs (comprendre: faire encore plus avec encore moins). Le premier "Superman" est une œuvre essentielle au cinéma moderne autant pour sa technique que pour l'introduction du film de super héros. Le second joue la carte de l'humour bon-enfant et le troisième critique déjà l'ère de l'informatique excessif avant son temps. Passons le quatrième opus, indigne du titre de Superman pour dire de Superman Returns qu'il s'agit là d'un sacré retour aux sources, critiqué ici également. Le documentaire signé Kevin Burns s'avère un essentiel pour bien cerner la mythologie du personnage.
Vous aimez les suppléments? Tant mieux, car Warner a complètement vidé sa voûte et a même autorisé à Richard Donner (une première dans l'histoire du cinéma) de compléter le métrage qu'il avait voulu faire avec "Superman 2" avant que Richard Lester ne soit parvenu à usurper sa place (Ilya Salkind est toujours convaincu d'avoir fait une bonne affaire). En s'attardant sur le "Superman 2" de Donner, on peut conclure que l'attente valait largement la peine. Le style de caméra de Geoffrey Unsworth y est toujours et la musique de John Williams revient, majestueuse. Les pitreries de Richard Lester sont mises à la porte au profit d'une suite qui lui est de loin supérieure. Les pistes de commentaires disponibles sur les quatre premiers films sont tout simplement passionnantes, quoiqu'on regrette leur absence sur Superman Returns. Du premier et second Superman, on retiendra une fierté d'avoir créé un genre tandis que des troisième et quatrième opus, seront retenues les excuses et rédemptions. Même Sidney J. Furie n'a pas été invité à la session d'enregistrement, c'est dire.
Les extras disponibles sont tout simplement hallucinants: des émissions spéciales couvrant les trois premiers films de la série, les extras de l'édition de "Superman" sortie en 2000, "Superman and the Mole-Men" (avec George Reeves), la totalité des dessins animés de Superman des années 40, des scènes coupées, des documentaires, des entrevues, une bande dessinée format réduit, un livret détaillant le coffret et des bandes-annonces. Il y a de quoi satisfaire le plus affamé de bonus. Rien ne pourrait réellement manquer à cet ensemble.
Les films sont véritablement bien transférés et sont, pour la plupart, dotés maintenant d'une bande son en Dolby Digital 5.1. La numérisation est parfaite, excepté pour Superman Returns, qui souffre des mêmes artefacts poudreux et récalcitrants que Harry Potter and the Gobelet of Fire, une constance étrange dans le domaine des films récents de Warner. Fait à noter, la piste sonore en anglais Dolby Digital Surround était absente, bien qu'annoncée sur le coffret, une autre erreur de Warner, qui est survenue en même temps que les suppléments disparus de "Superman 3" (corrigé dans une nouvelle édition disponible le 29 mai prochain). Les menus sont, pour la plupart, statiques, mais accompagnés de l'immortelle trame composée par John Williams. Il est à considérer que Superman Returns est disponible en anglais et en espagnol seulement. Si vous voulez le doublage français, il vous faudra vous procurer l'édition canadienne.
Cette fois-ci, Warner a célébré avec honneur la renaissance de l'homme d'acier par un époustouflant cadeau que l'on croirait en provenance de Krypton. Enfin, une édition estampillée Ultime qui le mérite vraiment. Amateurs et nouveaux venus, joignez-vous et croyez: un miracle (pur joyau du DVD qui vaut chaque sou investi) est arrivé.
| Film | 10/7/10/8/6/10/10 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 10/10/10/9/7/10/- |
| Vidéo | 10/8/10/8/8/8/10 |
| Audio | 10/9/10/9/9/10/8 |