Surviving My Mother
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Émile Gaudreault
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
20 février 2008

L'équipe de Mambo Italiano redonne des nouvelles en offrant "Surviving My Mother", une comédie dramatique où les gens ne sont pas ce qu'ils semblent être.

Clara (Ellen David) n'est pas au bout de ses peines. Sa mère (Véronique LeFlaguais) l'enrage à la moindre occasion et avec sa maladie, elle doit sans cesse s'en occuper. Elle délaisse donc sa fille Bianca (Caroline Dhavernas), une jeune femme réservée qui vit une double existence. Lorsque des secrets sont révélés au grand jour, la famille ne sera plus jamais la même...

À sa sortie, Mambo Italiano diffusait un charme certain, qui s'est néanmoins dissipé assez rapidement. C'est ce parfum que le réalisateur Émile Gaudreault et le scénariste Steve Galluccio tentent de recréer. À bien des égards, les deux productions se ressemblent beaucoup. Elles sont tournées en anglais, le ton est très léger, l'odeur du téléfilm n'est jamais très loin, le rire ressort des situations et ce sont les drames qui font avancer l'histoire, toujours à deux doigts de tourner en rond.

Cela n'empêche pas "Surviving My Mother" de sentir légèrement le réchauffé. Les relations entre les mères et les filles ne recèlent pas beaucoup de surprises ou d'instants forts. Au contraire, la prémisse défile sur des coussins, ne prenant jamais la peine d'étonner par ses dialogues ou ses péripéties, généralement convenues. L'humour fait rarement mouche et les larmes, qui sont supposées arriver à la fin, ne se matérialisent jamais réellement.

Heureusement, Gaudreault sait rendre vivant son sujet et sa mise en scène s'avère aérée. L'importance de l'Internet est prépondérante et plusieurs scènes sont envahies par des messages d'amoureux qui sont drôles et coquins. Ce ton, pas trop éloigné des films belges (Thomas est amoureux, Ben X), amène beaucoup de souffle à une intrigue qui se cherche, empêtrée dans des discours plus ou moins convaincants sur la nécessité de parler et de connaître l'autre.

Le long-métrage devient donc rapidement un film de personnages. Comme c'est souvent le cas, Caroline Dhavernas ensoleille l'écran de sa présence et de sa prestance. Elle est toutefois plus âgée que sa Bianca, ce qui nuit parfois à la crédibilité de l'entreprise. Autour d'elle les prestations en demi-teinte abondent. Ellen David arrive à être convaincante dans une séquence pour ensuite manquer de constance. Véronique LeFlaguais marche un peu trop dans le rôle qu'elle tient dans la série télévisée Rumeurs, laissant trop peu sortir son humanité. Quant à eux, les hommes sont relégués au second plan, demeurant des instruments dans les mains des femmes. Encore une fois, l'excellent Christian Bégin n'aura pas le temps de se faire valoir.

Le trame sonore de FM Lesieur est aussi convenable - et anonyme - que celle qu'il a concoctée sur La ligne brisée de Louis Choquette. Les mélodies sont agréables à entendre, elles servent généralement bien les situations... et elles s'oublient assez rapidement. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 jouent avec les enceintes, faisant échapper des mélodies à profusion. Si les voix s'entendent aisément, la traduction francophone est tout simplement indigeste. Les accents manquent de crédibilité, et c'est à se demander si ce sont les vrais comédiens qui se sont doublés. Mieux vaut donc écouter le tout en anglais ou d'insérer de très jolis sous-titres blancs. Ironiquement, les images souffrent justement... d'une blancheur un peu trop présente. Ces halos sont tellement palpables qu'ils donnent un sentiment fantomatique à l'ensemble. Les couleurs sont cependant très agréables, toujours vivantes et les beaux contours font oublier la présence de blocage.

Pourtant, la pochette laissait entrevoir plus de passion et de séduction. En effet, la peau rose de Caroline Dhavernas ressort comme un électrochoc de beauté. Le menu principal du DVD montre plutôt l'héroïne de Zap avec un parapluie, un fond brumeux en mouvement et une petite chanson instrumentale. Ordinaire... tout autant que ces suppléments rachitiques. Les scènes prolongées n'amènent aucun nouvel enjeu et la bande-annonce est loin d'être très vendeuse. Reste des séquences coupées assez cocasses et trois publicités de productions diverses. C'est trop peu.

Loin d'être totalement satisfaisant, "Surviving My Mother" se veut une étude un peu quelconque des rapports entre les mères et les filles. De belles pirouettes de la mise en scène et une performance éclairante de Caroline Dhavernas ne sont toutefois pas toujours assez pour sauver l'œuvre de la routine et de l'anonymat. Inégal, sans plus, et il n'y a aucune comparaison possible qui peut exister avec Pedro Almodovar.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments2
Vidéo7
Audio7