Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby
Unrated and Uncut
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Adam McKay
Année: 2006
Classification:
Durée: 121 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca
Aussi diposible en format Blu-Ray et UMD pour PSP

Selon Martin Gignac
10 décembre 2006

Les folles randonnées stupides acquièrent de nouvelles lettres de noblesse par l'entremise du disjoncté "Talladega Nights : The Ballad of Ricky Bobby : Unrated and Uncut". Satire et Will Ferrell font toujours bon ménage, mais le merveilleux monde de la NASCAR est le point d'ancrage de cette désopilante comédie. Le champion Ricky Bobby (Will Ferrell) a tout pour lui. Il gagne aisément des courses, l'équipe est derrière lui, son meilleur ami Cal Naughton, Jr (John C. Reilly) l'aide toujours en piste, sa femme (Leslie Bibb) est jolie et ses deux enfants prénommés Walker (Houston Tumlin) et Texas Ranger (Grayson Russell) retiennent aisément de leur père. Le ciel s'obscurcit lorsqu'un méchant rival français, Jean Girard (Sacha Baron Cohen), transforme ce paradis en enfer. Après un malheureux accident, Bobby devra réapprendre à conduire et à regagner tout ce qui lui est précieux.

Le réalisateur Adam McKay a de la suite dans les idées. En 2004, il offrait un récit irrésistible en Anchorman : The Legend of Ron Burgundy où il se moquait du milieu journalistique. Quelques années plus tard, il reprend cette idée de dénoncer une strate sociale en refaisant presque le même film. Si le vitriol a légèrement été laissé au vestiaire et que sa comédie est cousue de fils blancs avec ses revirements de situations attendus, ses courses peu intéressantes et ses gags qui ne sont pas pour tout le monde, il faut admettre que les mordus de Saturday Night Live trouveront de quoi se mettre sous la dent avec ce pain chaud incroyablement divertissant.

"Talladega Nights" se moque de tout et de rien avec une irrévérence peu commune. En deux petites heures, le long-métrage arrive à rire des États-Unis, de la France, des Nazis, des homosexuels, de Jésus, de Tom Cruise et de la musique dite "douteuse" (du Jazz à Seal en passant par les Pet Shop Boys)! Il y a une accumulation de blagues visuelles (Karen le puma, ce repère intitulé "Opossums antipathiques") et si l'humour ne vole pas très haut, les jeux de mots s'avèrent souvent très réussis.

Cette bonne humeur généralisée repose entièrement sur les épaules des comédiens. Égal à lui-même, Will Ferrell est tout à fait dans son élément dans ce personnage haut en voltige, à la fois audacieux et sensible. Sa philosophie est d'être toujours le premier et il faut l'entendre citer comme meilleur film de l'histoire Highlander où le héros n'arrêtait pas de crier "There can be only one". La distribution secondaire n'est pas en reste et John C. Reilly vole parfois la vedette avec son moustachu naïf, un éternel deuxième aux tactiques très discutables. Sacha Baron Cohen patauge dans les stéréotypes les plus éculés, mais il arrive tout de même à faire oublier l'aura de son mystique Borat.

Un film aussi excitant et excité se devait de comporter une piste sonore Dolby Digital 5.1 et cette dernière est assez efficace. Des applaudissements et des rugissements sonores s'emparent des différents haut-parleurs pour mettre beaucoup d'ambiance. La musique variée ne s'adresse pas à toutes les oreilles et cette traduction française qui détruit la plupart des gags verbaux n'est pas totalement satisfaisante. Aux moins, les phrases sont toujours facilement audibles et en cas de problèmes, il y a de superbes sous-titres jaunes. La précision des images n'offre aucune source de distraction. Le niveau des détails est impressionnant et le blocage n'apparaît qu'à un ou deux endroits. La couleur, un peu blanchâtre, ne vient jamais gâcher la vue et la définition des contours s'avère sans faille.

Cette satire est ornée d'une jaquette de carton assez flamboyante. Un gros drapeau des États-Unis est envahi par cinq personnages aux mimiques édifiantes. Au verso, le nom des suppléments apparaît sur une voiture. Un regard rapide et il est facile de se mélanger avec des commanditaires! Une fois l'insertion du DVD, un premier menu apparaît. Les icônes "Super Speedway" et "Short Track" sont présentes. Les deux sélections amènent au menu principal avec (ou non) une courte introduction. Par la suite, un gilet statique est identifiable et une musique héroïque se fait entendre avec des bruits d'appareils photos. Sympathique sans être extrêmement révolutionnaire.

Il est possible de passer de longs moments de plaisir avec les nombreux suppléments qui composent cette édition. Malheureusement, il n'y a rien de très profond ou même de sérieux. À part peut-être cette piste de commentaires où le réalisateur Adam McKay et quelques-uns de ses amis méditent sur l'œuvre, la difficulté d'avoir des subventions, la naissance de l'homme dans la vitesse, etc. Des propos moyennement intéressants qui laissent souvent la place à de nombreux temps morts. Le reste est composé de multiples petits segments dépassant rarement les cinq minutes. Il y a neuf scènes retranchées ou allongées assez inutiles, une séance sardonique de "bloopers", des phrases célèbres prononcées dans le film, trois publicités pour la NASCAR et la bande-annonce originale qui montre de nombreuses séquences qui ne sont même pas présentes dans le produit final! Mais ce n'est pas tout. Will Ferrell revient sur la piste de Talladega et des pilotes célèbres parlent de cet acteur immensément populaire. Quelques scènes de courses sont encore plus longues, il y a trois séances d'entrevues où les personnages discutent de "leur" réalité, de multiples extraits où les deux protagonistes principaux présentent des faux commerciaux et neuf bandes-annonces de prochains films qui sortiront sous la bannière de Sony. Le bonus le plus réussi est une succession d'obscénités lancées par les figures mésadaptées Walker et Texas Ranger qui envoient largement promener leur grand-père! De la subtilité à l'état pur...

Légère comédie qui s'oublie en un battement de cil, "Talladega Nights : The Ballad of Ricky Bobby : Unrated and Uncut" offre une trame narrative datée avec quelques éléments tordants. Ce n'est certainement pas un grand film, mais la prestation chaleureuse des acteurs et la présence de nombreux suppléments amuseront longuement les fans de Will Ferrell.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio8