Comédie dramatique portée par le charme de ses interprètes, "La tête de maman" fait fi des erreurs naturelles d'une première réalisation et du scénario conventionnel qui finit dans le sirop. D'ici là, il y a aura beaucoup de rires et des larmes qui risquent de sortir à l'horizon.
L'adolescence n'est pas un âge évident. Surtout pas pour Lulu (Chloé Coulloud), une jeune fille de 15 ans qui n'a pas la langue dans sa poche et qui passe son temps à se bagarrer à l'école. Malgré l'affection de son tendre père (Pascal Elbé), c'est le cœur de sa mère (Karin Viard) qu'elle aimerait atteindre. Sauf que cette femme est triste et mélancolique. Après avoir découvert des photos et un vieux film Super 8, Lulu décide de trouver la seule et unique personne au monde qui pourrait bien lui redonner de la joie et un peu de bonheur...
Pour son premier film, la cinéaste Carine Tardieu s'est inspirée de ses propres expériences personnelles, collant également ensemble ses précédents courts-métrages Les baisers des autres et L'aîné de mes soucis. Il en résulte une œuvre intéressante qui compense son manque d'ampleur par un souffle poétique qui est le bienvenu. Le récit est scindé en deux parties distinctes. La première – et la plus rafraîchissante – est ce constat de l'adolescence peuplé de paroles méchantes et d'un humour outrancier. Dans cette partie, la jeune Chloé Coulloud vole rapidement la vedette en jeune âme qui se cherche et qui passe son temps à discuter avec son idole Jane Birkin (qui joue son propre rôle).
À mi-chemin, les thèmes changent, évoluent, et l'attention est davantage portée vers le personnage de la mère, interprété avec beaucoup de nuances par Karin Viard. En restant accrochée au passé, elle l'embellit, ce qui n'est pas toujours positif. Cela ne l'empêche toutefois pas de côtoyer deux excellents comédiens : Pascal Elbé et Kad Merad, qui seront bientôt tous les deux à l'affiche du sensible 3 amis de Michel Boujenah. Le premier incarne l'époux modèle qui finira par souffrir, alors que le second personnifie l'ange des souvenirs. C'est toutefois dommage que cette dernière section, plus triste et dramatique, s'enfonce lentement dans le mélo, jusqu'à cette conclusion assez horripilante. Le sirop est bon, il ne faut toutefois pas en abuser.
Si Jane Birkin personnifie un fantasme de l'héroïne, sa musique est bien présente et vivifiante par l'apport de quelques chansons. Une douce partition instrumentale est également de la partie, venant souligner ces émotions et ces sentiments qui implosent. La piste francophone en Dolby Digital 2.0 délaisse les enceintes situées sur les côtés (il n'y a que des bruits de foule et d'oiseaux) pour se concentrer sur les dialogues, toujours audibles. De visibles sous-titres blancs en anglais sont également disponibles en cas de besoin. La qualité des images évolue selon les segments du long-métrage. Les couleurs prennent de la prestance, les contrastes deviennent de plus en plus soignés et des reflets étonnent au passage. Quelques archives sont insérées pour personnifier l'intérieur de la tête de cette mère qui semble causer bien des soucis.
La pochette évoque le bonheur, la quiétude. Viard et Coulloud se retrouvent sur l'herbe en train de rire. Le menu principal du DVD reprend cette pose légèrement ironique sans y insuffler le moindre mouvement. Il y a néanmoins une belle mélodie féminine pour agrémenter la navigation... et faire oublier l'absence de suppléments. Une piste de commentaires ou les précédents courts-métrages de la réalisatrice n'auraient pas été de trop.
"La tête de maman" est un petit film simple qui sait alterner entre franche comédie et moments intenses de drames. La fin gâche peut-être la sauce, mais le récit captive presque toujours. Tout cela grâce au charme des comédiens qui savent se lancer la balle sans la garder trop longtemps. Un premier pas tout à fait louable de Carine Tardieu, une cinéaste qu'il faudra suivre de près.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |