The Chosen
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Jeremy Paul Kagan
Année: 1981
Classification: 14A
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca
Le livre sur lequel est basé ce film est disponible chez : Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
20 août 2003

Les différences d'opinions entre mêmes croyances ont souvent dégénéré en guerres depuis que la religion existe. Nous en avons malheureusement la preuve encore de nos jours. Les guerres au Moyen-Orient sont parfois difficiles à comprendre. Comment des êtres humains supposés être du même bord ne trouvent rien de mieux que s'entretuer pour un meilleur idéal que chacun pense être le sien.

Dans ce film, "The Chosen", basé sur une nouvelle de Chaim Potok, nous avons à faire à la rencontre de deux jeunes juifs dans le Brooklyn des années 40, que finalement tout sépare hormis leur religion initiale. Et même leur rencontre ne se fait pas dans la dentelle : lors d'une rencontre amicale de baseball, Daniel Saunders (Robby Benson) renvoie la balle de toute sa force dans l'œil de Reuven Malter (Barry Miller). En raison de ses lunettes, il faut opérer Reuven puisqu'un morceau de verre est resté dans l'organe. D'abord réticent à vouloir rencontrer son agresseur, le jeune garçon acceptera au bout d'un moment. Danny veut lui parler. Pas seulement lui dire qu'il est désolé de son geste, mais aussi lui expliquer pourquoi. Et l'explication a de quoi surprendre : au moment de son geste, il avait tout simplement envie de tuer Reuven!

Danny vient d'un milieu rigide et structuré. Son père, Reb Saunders (Rod Steiger), un rabbin hassidique de la pure, mais vieille école juive, l'a élevé avec toutes les traditions mises en avant. La prière, les études et surtout l'apparence, tout doit être à l'image de leurs origines et refléter la même vie depuis des centaines d'années. Pour ce rabbin, seul le Messie saura reconduire le peuple juif sur sa terre natale. Il leur est interdit d'aller au cinéma ou dans un musée. Mais secrètement, Danny va à la bibliothèque et il apprend beaucoup sur le monde par lui-même. Reuven, quant à lui, a été élevé en s'adaptant à l'environnement américain dans lequel il vit. Son père, David Malter (Maximilian Shell), professeur d'école talmudique, est très reconnu dans la large communauté judaïque de la banlieue. Il prône quant à lui une approche plus sioniste de la religion juive et rejette complètement ceux qui mettent encore en avant l'hassidisme. Pour lui, le peuple juif peut et doit apprendre à faire de sa terre d'accueil sa nouvelle terre d'adoption.

Rapidement, les deux garçons vont apprendre à se connaître, mais Reuven aura semble-t-il beaucoup plus à apprendre sur Danny que le contraire. Il n'est pas habitué à toutes ces réunions, ces prières et ces traditions. Et malgré l'ouverture du jeune Saunders sur le monde, ce dernier garde néanmoins une place importante pour ses coutumes ancestrales. De son côté, Reuven essaiera d'intégrer Daniel à la réalité du monde américain des années 40. Et pour commencer, il faudrait que ce dernier puisse aller au Hirsch College avec Reuven au lieu d'une école religieuse stricte. Le rabbin Saunders, malgré sa rigidité, sait que son fils doit désormais apprendre de lui-même le vrai monde dans lequel il vit. Mais quand la situation entre les hassidiques et les sionistes se désagrégera, à propos de la terre de leurs ancêtres, nos deux amis devront-ils pour autant ne plus se fréquenter?

Ce film ne parle pas de racisme ou de bataille interraciale, mais simplement de la difficulté pour deux peuples issus de la même religion, mais dont les routes se sont séparées au cours de leur évolution, de s'accepter les uns et les autres malgré ces différences. Et on voit que c'est malgré tout un sacré défi. Il suffit simplement d'accepter de comprendre l'autre au lieu de camper sur ses positions, de s'ouvrir et surtout d'écouter et de regarder.

Le DVD qui nous est offert ici pourrait plaire à la communauté hassidique. En effet, il est sobre et ne comporte pas de suppléments qui dérangeraient les plus puritains d'entre nous. Nous avons droit, sur une galette double face, à la version plein écran ou à la version panoramique du film. L'image est belle sans être exceptionnelle. Les moments sombres manquent un peu de netteté. Parfois, quelques petits points ou artéfacts apparaissent, mais ça reste très limité. La bande-son laisse un peu à désirer. Outre une version Dolby Stéréo peu environnante, j'ai constaté quelques défauts, principalement lors d'une seule et même séquence où, selon les plans, l'intensité et la gamme sonore de la voix change alors que c'est toujours le même personnage qui parle (que ce soit la version plein écran ou la version panoramique). Mais là aussi les défauts restent limités. Comme je le disais, outre la bande-annonce originale, nous n'avons aucun autre supplément de disponible et le menu est statique.

Un film de pure réflexion qui nous permet d'évaluer la force de l'amitié dans un entourage qui ne s'y prête pas forcément. La différence est-elle pour autant un élément incontournable, même si elle oblige de modifier son appréciation ? Jusqu'où la pensée populaire doit s'immiscer dans une relation humaine ? Autant de questions que l'on se pose durant le visionnement de ce film… sans pour autant avoir les réponses à la fin. Mais existent-elles, ces réponses?


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