La trentième édition (cuvée septembre 2004) du réputé festival de films américain de Deauville a suscité quelques attentes qui se sont révélé comblées. Outre l'hommage à George Lucas, l'excellent film The Woodsman (sortie en salle janvier 2005) mettant en vedette Kevin Bacon ainsi que The Assassination of Richard Nixon avec Sean Penn (sortie en salle en février 2005), la maturité était à l'honneur puisqu'on a présenté le duel mettant en vedette Robert Redford et Willem dans "The Clearing" qui est maintenant disponible en format DVD.
Robert Redford est Wayne Hayes, un homme d'affaires aguerri qui, aujourd'hui mène une vie paisible avec sa femme Eileen (Helen Mirren). Alors qu'il devait rentrer du travail Wayne disparaît soudainement. Sa femme et ses enfants contactent alors le FBI et se font confirmer quelques instants plus tard qu'il a été kidnappé. Son ravisseur? Un certain Arnold Mack (joué par le constant Willem Dafoe) qui fut victime d'une des décisions d'affaire de Wayne. Au cours de l'enlèvement, Eileen découvrira beaucoup de choses sur son mari qui lui étaient jusqu'à maintenant inconnues. Est-ce que le fait de savoir que son mari a eu une liaison avec une autre femme viendra atténuer son souhait de le voir relâché par son ravisseur?
"The Clearing" est un suspense qui ne réinvente rien, mais qui est efficace par le talent de ses interprètes et les dialogues porteurs de réflexions pertinentes sur le pardon, l'amour et le monde des affaires. Le caractère de chacun des personnages prédomine sur le scénario bien ordinaire. Le personnage joué par Dafoe est intéressant par la dualité entre le bien et le mal qui est constamment présente à l'intérieur de sa pensée. Dafoe montre ce combat dans l'expression de son visage tout comme ses dialogues parfois contradictoires. Helen Mirren joue quant à elle le personnage le plus complexe du récit puisqu'elle est prise avec une décision difficile dont elle doit donner suite rapidement, soit celle de pardonner ou non à son mari. Robert Redford est quant à lui le personnage-clé de ce récit et donne le ton par sa prestance (maintenant légendaire) et son charme toujours aussi dévastateur chez la gente féminine (parlez-en à ma blonde et ma mère qui ont visionné le film avec moi).
"The Clearing" n'est pas généreux en bonis, mais il est tout de même intéressant de les consulter. D'abord, le réalisateur et le scénariste du film se sont rencontrés pour commenter le film et les scènes supprimées. Ces dernières auraient facilement trouvé leurs places à l'intérieur du film puisqu'il est relativement court (94 minutes) et que certaines scènes viennent compléter certaines informations sur les personnages principaux du film. Entre autres, le réalisateur soutient qu'il n'a pas voulu mettre les scènes où le FBI interroge les enfants de Wayne et Eileen alors qu'on ne les voit que très peu dans le film et qu'ils auraient pu ajouter beaucoup plus de crédibilité au titre de père du personnage joué par Redford. Les commentaires de l'équipe de réalisation du film sont aussi intéressants puisqu'ils donnent des informations importantes sur la conception et la réalisation du film. Vous pourrez aussi lire certaines parties du scénario ainsi que certains détails nécessaires pour leurs réalisations.
J'ai particulièrement apprécié le menu du film qui présentait les personnages en rotation, fondus dans des décors aux couleurs sombres et inquiétantes. L'image du film ainsi que sa sonorité sont aussi grandement appréciées. La clarté et la luminosité des couleurs sont exceptionnelles. Les pistes sonores offrent un support très divertissant puisque la musique, souvent inquiétante, utilise les enceintes arrière et ajoute au suspense sans cesse présent dans le film.
"The Clearing" est un thriller qui fait partie d'une espèce en voie de disparition. Il ne se démarque pas par son histoire très banale, mais par son côté psychologique très fort, présent dans les prestations honorables de Robert Redford, Willem Dafoe et d'Helen Mirren.
| Film | 8 |
| Menu | 9 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |