The Day Reagan Was Shot
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Cyrus Nowrasteh
Année: 2001
Classification: R
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.33:1 (4:3)
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca

Selon Martin Langlois
16 novembre 2002

L'organigramme décisionnel des États-Unis d'Amérique est, et demeurera, l'un des plus complexes mondialement. Cette production nous plonge dans ses dédales et particulièrement le 30 mars 1981, jour où l'ex-président (et ex-acteur) Ronald Reagan fut l'objet d'un attentat. En plus du président, trois autres personnes furent victimes de ce tireur fou. Il n'y eut aucune mortalité, mais deux des victimes sont maintenant handicapées. Un de ceux-ci mène également une guerre sans merci pour le contrôle des armes à feu. C'est le côté humain de la tragédie.

Du côté stratégique et organisationnel, il faut se rappeler qu'à cette époque la guerre froide sévissait toujours entre la Russie et les États-Unis. Les Russes reluquaient une entrée massive en Pologne, ce que les Américains protégeaient avec véhémence. Pour une raison purement de pouvoir, un sous-fifre américain nommé Alexander Haig (Richard Dreyfuss) court-circuite la procédure de transfert d'autorité et s'improvise remplaçant de Reagan en l'absence du vice-président George Bush père. Pour une raison encore obscure, et pour alimenter cette guerre de clocher, un dirigeant également en manque de pouvoir augmente la protection des États-Unis dans la zone protégée sans aviser ses supérieurs. Cela a pour effet de stimuler les Russes. Croyez-le ou non, il en fut moins d'une pour le déclenchement d'une guerre nucléaire ! Ce n'est pas de la fiction, mais la réalité !

Le jeu des acteurs, à quelques exceptions près, est très convaincant. Presque haletant. On veut en savoir plus. Et plusieurs surprises nous sont réservées. Dreyfuss est égal à lui même. Il joue un ex-militaire pur et dur où la loyauté est une prédominance. En voyant Reagan (joué par Richard Crenna), on a la vague impression qu'il n'était pas à sa place comme président. Issu du milieu cinématographique, son apparence et sa prestance avaient plus d'importance que son efficacité en tant que telle. Les guerres de pouvoir interne qui déchirent les gouvernements américains mandat après mandat étaient hors de son contrôle et de ses habilités. Par contre, son côté hollywoodien lui a servi... Sourire par ici et là… Même sur son lit d'hôpital, il a été forcé à faire des sourires pour la presse quelques heures après une difficile opération pour retirer la balle de sa cage thoracique. Pathétique ! Le tout encouragé par une épouse (Holland Taylor) délirante où l'image était primordiale.

Il est tellement convainquant le jeu des acteurs, que je me suis mis à rire. Rire de honte face aux Américains. Non pas que je suis contre leur politique, mais contre leurs mensonges et leurs cachotteries. Ceux-ci sont exposés sans pudeur dans ce film, production d'Oliver Stone (JFK) qui se spécialise dans les coulisses plus ou moins propres de l'Amérique. Il montre qu'ils sont puissants, mais très faibles dans des endroits stratégiques.

L'image, dédiée à un téléfilm, est moyenne. Le son est toutefois percutant et bien réparti, ce qui nous aide à demeurer sur un qui-vive continuel. Le menu est statique, avec une omniprésence du patriotisme américain en arrière-plan (drapeaux et scènes de film). Le DVD, physiquement parlant, est très réussi. Il est rare que je m'attarde à ce détail, mais la photo est tellement significative. L'image du couple parfait (Reagan) et du dirigeant (Dreyfuss) protecteur en quête de pouvoir, debout à l'arrière, prêt à tout pour éviter les scandales!

Ce qui est dommage est l'absence de matériel supplémentaire. J'aurais bien aimé avoir un cours sur l'organigramme des États-Unis ou des commentaires du réalisateur. Probablement que l'on juge que les Américains connaissent bien leur histoire. Ou tout simplement, on a jugé que l'on s'était suffisamment planté stratégiquement et historiquement qu'il ne fallait pas en rajouter !

C'est excellent pour un film qui passe presque inaperçu jusqu'à maintenant. C'est la pure réalité. Un événement historique qui faillit devenir catastrophique en le regardant de l'interne… ou plutôt par la face cachée. Paranoïa, excès, soif de pouvoir et de contrôle, manque de planification, tout y est. J'allais oublier… John Hinckley jr., le tireur fou, a été reconnu non coupable pour cause d'aliénation mentale. Il est toujours interné. La raison de son crime : il voulait impressionner Jodie Foster qui apparaissait à l'époque dans Taxi Driver. Un drôle de monde !


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