Carter McCoy (Steve McQueen), surnommé le Doc, est emprisonné au Texas pour dix ans de pénitencier, suite à un vol à main armée. McCoy a déjà purgé quatre années de sa peine et demande une libération sur parole qui est rejetée. Parmi le groupe des décideurs des libérations anticipées, se trouve Claude “Jack” Beynon (Ben Johnson), un homme au passé louche et particulièrement influent. Doc McCoy demande à sa femme Carol (Ali MacGraw) de prendre contact avec cet individu pour lui faire savoir qu'il est prêt à travailler à son prix. Quelques semaines plus tard, Doc McCoy est libéré. Après avoir passé ses premières heures de liberté avec Carol, il rencontre Jack Beynon sur un petit bateau. Beynon lui propose un cambriolage qui doit servir à cacher des malversations dans sa propre banque à Beacon City. Mais il y a un ennui, Doc McCoy ne pourra pas choisir son équipe, il sera plutôt secondé par deux truands, Rudy Butler (Al Lettieri) et Frank Jackson (Bo Hopkins). McCoy, assisté de Carol, prépare minutieusement l'attaque de la banque. Le jour du cambriolage, les choses tournent mal. Certes, les 500 000$ prévus dans le plan sont dérobés, mais Frank Jackson, un voleur peu expérimenté et au tempérament très nerveux, est pris de panique et abat le gardien de la banque. À son tour, il sera abattu de sang-froid par Rudy Butler qui a peu apprécié le manque de maîtrise de son coéquipier.
Peu de temps après, les McCoy retrouvent Rudy Butler à l'endroit convenu. Doc McCoy, homme méfiant, s'aperçoit rapidement que Rudy Butler veut lui faire la peau, il prend alors son pistolet automatique et tire à plusieurs reprises sur l'homme… Mais ce dernier, qui portait exceptionnellement un gilet pare-balles sous son manteau, n'est que blessé. Un chassé-croisé entre les protagonistes débute alors et prendra fin dans le sang et la mort à l'hôtel Laughlin d'El Paso où Rudy Butler les y attend, ainsi que le frère de Beynon et ses hommes.
L'histoire de ces braqueurs de banques est tirée du roman de Jim Thomson écrit en 1959, il fut édulcoré par le scénariste Walter Hill qui préférait changer la fin imaginée par l'auteur où les époux McCoy n'hésitent pas à se trahir. Steve McQueen joue ici avec brio, conviction et charisme. Il campe le personnage d'un homme coriace qui ne fait pas dans la dentelle. Steve McQueen est entouré par des comédiens chevronnés qui lui donnent la mesure tels Ben Johnson et l'inoubliable Al Lettieri.
"The Getaway" est un thriller policier, regorgeant d'action et où le principal héros, spécialiste en vols de banque et sa compagne, réussissent à gagner notre sympathie. Étonnant et inhabituel pour l'époque, le couple McCoy ne finit pas comme Bonnie et Clyde. Un bon film du maître de la violence, Sam Peckinpah, qui heureusement n'exagère pas sur l'hémoglobine à la toute fin de cette aventure, comme il le fît avec son phénoménal The Wild Bunch.
La violente tuerie à l'hôtel est filmée au ralenti, selon son habitude, mais avec un peu plus de retenue. Nous voyons un Peckinpah sobre et en pleine maîtrise de son art, réalisant l'un de ses plus grands films. Il y a également de bonnes cascades où l'ont voit Steve McQueen au volant d'une voiture qui fonce sur la véranda d'une maison et l'arrache littéralement.
Malgré une pellicule légèrement granuleuse, la couleur des images semble juste et bien balancée pour un film américain tourné il y a plus de trente ans. Un dépoussiérage de la matrice d'origine n'aurait toutefois pas été superflu puisque quelques points blancs apparaissent ici et là, mais ne dérangent toutefois en rien notre attention à l'aventure. Il y a deux côtés au disque où vous avez le choix de regarder le film dans le format plein écran ou panoramique. C'est à vous de choisir le meilleur!
La musique jazz de Quincy Jones apporte beaucoup de relief et de profondeur à cette histoire. Il donne une touche d'un dynamisme étonnant dans les séquences d'action. Un mélange habile de jazz et d'harmonies empruntées aux impressionnistes. La sonorité agréable de l'harmonica que nous entendons par moment, produit une saveur de douceur et de tendresse aux séquences les plus mélancoliques. Bien que la trame audio soit mono, les scènes d'action n'en souffrent pas beaucoup, sans tout de même avoir la force des plus récentes productions. Les dialogues sont en général bien présentés, clairs et intelligibles aussi bien en anglais qu'en français.
La section des suppléments est réduite à sa plus simple expression en la présence d'une simple bande-annonce et une section où vous pouvez lire les notes de production et des filmographies des principaux participants de cette œuvre.
Il serait important de mentionner qu'en 1994, Roger Donaldson réalisa une nouvelle version assez moderne et énergique avec l'ex-couple Alec Baldwin et Kim Basinger. Toutefois, la version originale est de loin supérieure, malgré le jeu un peu faible d'Ali MacGraw.
Bref, "The Getaway" est un film passionnant, avec une vision bien particulière du metteur en scène, qui a voulu nous présenter l'autre côté de la médaille, celui des malfrats. Avant de nous quitter en 1984 pour un monde meilleur, Sam Peckinpah laissera quelques œuvres de qualité au cours de sa carrière, telles que The Wild Bunch de 1969, Straw Dogs de 1971, Junior Bonner de 1972 et Cross of Iron de 1977.
| Film | 7 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |