Même si Paul Newman est bien connu de tous, bien moins de gens connaissent sa femme, Joanne Woodward. Les deux acteurs se sont rencontrés sur le plateau de tournage de "The Long Hot Summer" et ne se sont plus quittés depuis; ils ont d'ailleurs tourné ensemble plus d'une quinzaine de films (entre autres From The Terrace qui bénéficie d'ailleurs aussi d'une sortie simultanée sur DVD). Tout comme lui, elle a aussi mérité un Oscar pour son rôle dans (1957), mais contrairement à son mari qu'on a pu voir tout récemment dans Road to Perdition, elle a pris sa retraite "définitive" du cinéma et on ne l'a pas vue depuis Philadelphia en 1993. Mais si "The Long Hot Summer" est un film particulier pour les deux acteurs, il l'est tout autant pour le réalisateur Martin Ritt; il marque son plus grand succès depuis son retour au cinéma, suite à une léthargie forcée de six ans après s'être fait mettre sur la liste noire de Hollywood (la même à laquelle Elia Kazan avait contribué si généreusement), puisque soupçonné d'activités anti-américaines. En effet, il avait côtoyé dans les années trente un regroupement communiste, ce qui, sous McCarthy, restait une faute grave même s'il avait par la suite participé activement à la Seconde Guerre Mondiale.
"The Long Hot Summer" raconte l'histoire de Ben Quick (Paul Newman), un jeune homme accusé à tort de régler ses comptes en mettant le feu à la grange de ses ennemis. Exilé, il finit par aboutir dans la ville de Frenchman's Bend au Mississippi, presque entièrement la propriété de Will Varner (Orson Welles). Ce dernier décide de l'embaucher, malgré la réputation qui le précède, et de l'impliquer dans la plupart de ses activités, autant légales qu'illégales. Rapidement, Quick devient son homme de main et employé modèle et Varner finit par y voir la solution à son plus gros problème: le célibat de sa fille (Joanne Woodward). Mais cette dernière, prisant plus l'intellect raffiné que le charme brut et viril de Quick, préfère courtiser le voisin, même si ce dernier préfère une relation platonique. Persistant, Quick finira toutefois par réussir à la charmer, faisant la joie de tous, même du fils jaloux (Anthony Franciosa).
Le scénario de "The Long Hot Summer" est un condensé de six petites histoires de William Faulkner (principalement "The Hamlet"), toutes se déroulant dans le sud des États-Unis. La distribution du film est impressionnante, et, mis à part les affinités évidentes entre Newman et Woodward, le point le plus important à souligner est sans équivoque la performance de Orson Welles. Son rôle du père de famille et riche financier est très convaincant, même si son accent est tout à fait incompréhensible (Notes: J'ai séjourné en Alabama, l'endroit où l'accent sudiste américain est probablement le pire, ce qui m'a habitué à cette façon de parler; néanmoins, je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il disait...). L'inclusion de sous-titres est donc appréciée, même nécessaire. Soulignons en dernier lieu que le film fût très controversé à sa sortie, en grande partie à cause des nombreux sous-entendus sexuels. Évidemment, il faut se remettre dans le contexte de l'époque pour comprendre...
La qualité de l'image est relativement douteuse. Les couleurs sont délavées, en plus d'être souvent changeantes. À l'arrière-plan, on note constamment un scintillement. Tous ces défauts sont par contre le résultat direct d'une mauvaise qualité du matériel source. Sur le plan du transfert et de la compression, on remarque l'apparition constante de points blancs, un certain blocage des noirs ainsi qu'un perpétuel fourmillement à l'arrière-plan. Bref, une restauration exhaustive aurait été nécessaire, mais ce n'est pas l'intérêt de cette édition DVD.
Quant à la qualité sonore, elle est aussi très décevante. La piste originale étant en stéréo (le très révolutionnaire "35 mm 4-track stéréo" sur support magnétique, développé par Fox pour ramener les gens au cinéma après l'avènement de la télévision), on a droit ici à une piste sonore Dolby Digital encodée en Surround. Tel que prévu, les enceintes de côté ne sont pas vraiment sollicitées. De plus, les dialogues sont souvent très imprécis, et on note une constante distorsion lors des vociférations de Orson Welles (ce qui ajoute à l'incompréhensibilité discutée plus haut). Dépendamment si la piste sonore est écoutée en stéréo ou décodée en ProLogic, les effets s'amplifient ou s'atténuent; il est donc difficile d'optimiser l'écoute. Bien entendu, le haut-parleur d'extrême-grave n'est jamais sollicité, étant donné l'âge du film.
Pour ce qui est des suppléments, on nous offre tout d'abord un reportage de près d'une demi-heure, tiré de l'émission télévisée "Backstory". En plus de présenter de très pertinentes entrevues avec les acteurs, le reportage permet de replacer le film dans son contexte et d'en apprécier davantage la valeur. On nous présente ensuite un extrait d'un newsreel ("Movietone News") de 1958 relatant les évènements marquants de la première du film, à Bâton-Rouge en Louisiane. Finalement, on peut voir la (très longue) bande-annonce originale du film, ainsi qu'une série de bandes-annonces d'autres films de Paul Newman (regroupées sous le menu "Paul Newman Theater"). Les menus sont tous statiques, avec une simple image du film à l'arrière-plan. Même s'ils sont jolis, les menus auraient par contre été plus lisibles avec une autre typographie.
Malgré la mauvaise qualité de l'image et du son, principalement due à la détérioration du matériel source, le DVD comporte d'excellents suppléments, d'ailleurs étonnant pour un film de ce type, et permet ainsi de découvrir, ou redécouvrir adéquatement un classique.
| Film | 6 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 4 |