Paddy Chayefsky est un des scénaristes les plus reconnus de la télévision américaine. Ses scénarios les plus célèbres sont sans doute Printer's Measure et The Reluctant Citizen. Après son énorme succès dans ce médium, c'est dans le cinéma qu'il se lance, raflant trois Oscars pour les films Marty, "Hospital" et Network. Ses scénarios sont toujours à prendre à plusieurs niveaux, et comportent immanquablement une forme de critique. "The Hospital" consiste donc en un excellent exemple de la façon dont Paddy Chayefsky fait la satire de la société contemporaine, et dans ce cas particulier, le système de santé.
"The Hospital" raconte l'histoire d'une journée dans la vie du Dr Herbert Bock, le médecin-chef d'un hôpital. Dépressif des suites d'un douloureux divorce et de la délinquance de ses enfants, il n'arrive même plus à tirer du bonheur de son travail: son état est tel que le suicide semble être la seule option qui lui reste. Bref, néanmoins, ladite journée commence très mal puisqu'un des médecins résidents est accidentellement tué alors qu'il somnole tranquillement dans un lit d'hôpital. Quelques heures plus tard, un second médecin meurt aussi subitement d'une crise cardiaque à l'urgence, puis, quelque temps plus tard, une infirmière est, elle aussi, trouvée morte. Sur le point de réellement mettre fin à ses jours, il rencontre alors une séduisante jeune fille, venue s'occuper de son père hospitalisé qui, à l'aide d'arguments de taille, le convainc de tout quitter pour la suivre dans un village d'Amérique du Sud. Mais le Dr Bock, sur le point de céder à l'offre, décide finalement de prendre ses responsabilités, et de retourner à l'hôpital.
Avant tout, l'attrait de ce film est sans aucun doute l'excellente performance de Georges C. Scott, qui, à elle seule, vaut l'écoute du film. Mais cette performance est grandement aidée par les brillants dialogues, qui, sans ne jamais paraître faux, expriment très bien toute l'atmosphère et l'esprit des personnages du film. Le ton général du film, peut-être loin de plaire à tous, est extrêmement sarcastique, et l'humour noir y est omniprésent. On y laisse transparaître non seulement une critique de la société, mais aussi une apologie du système de santé. Notons aussi que, même 30 ans plus tard, le message du film est encore grandement d'actualité. La conclusion du film est aussi des plus humoristique, et surtout des plus réelle: plus ça change, plus c'est pareil. Cette observation est d'ailleurs exprimée d'une façon des plus subtile par le directeur de l'hôpital, qui, avec le Dr Brock, s'apprête à aller mettre de l'ordre dans l'anarchie de l'hôpital: "It's like pissing in the wind, right Herb?".
L'image présentée sur le DVD n'est pas un exemple en qualité. On observe régulièrement des blocages au niveau des noirs (par exemple, lorsque Dr Brock est sur le point de se suicider), au point où cela en est presque dérangeant. L'image elle-même est floue, avec un manque flagrant de netteté: on constate aussi un fourmillement perpétuel. Notons par contre que la pellicule utilisée pour le transfert est en relativement bonne condition. Du côté audio, l'âge du film se fait sentir. Le son manque de dynamisme en fréquence, et sature régulièrement, notamment lors des vociférations de Georges C. Scott. Du côté ambiophonie, on ne constate rien d'extraordinaire, étant donné l'âge du film. Les dialogues sont généralement clairs et précis, sauf le cas susmentionné. Comme suppléments, on ne nous offre que la bande-annonce du film. Les menus sont quant à eux totalement statiques, sans aucune musique de fond. Reste que la navigation est claire, et les boutons d'une grosseur adéquate.
"The Hospital" reste un excellent film à découvrir, surtout avec tous les débats qu'engendrent les systèmes de santé depuis quelques années. Malheureusement, l'édition DVD n'est pas à la hauteur du film, mais reste néanmoins tout à fait adéquate selon les circonstances. De plus, le faible prix de vente en fait un DVD de choix.
| Film | 9 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |