Erwin Weaver (Jack Weston) marche dans le couloir d'un hôtel de New York et entre dans une chambre totalement obscure. Un homme caché derrière de puissantes lumières aveuglantes et dont la voix est modifiée par un appareil, lui donne ses directives. Il est le cerveau du hold-up pour lequel Weaver est engagé. Il devra acheter une voiture de type station wagon et attendre qu'il le rappelle.
Thomas Crown (Steve McQueen) est un séduisant milliardaire bostonien en manque de sensations fortes et de défis. Il se prépare à effectuer un hold-up dans la plus grande banque de Boston. Son plan est coordonné dans les plus minutieux détails. Il prévient par téléphone cinq hommes qui ne se connaissent pas entre eux. Réglé méticuleusement, le vol a lieu.
Vêtus de complets foncés, cravates, chapeaux et lunettes fumées, nos cinq lascars réussissent leur coup sans trop de problèmes. De son bureau, Thomas Crown regarde par la fenêtre avec des jumelles le déroulement du vol. Un seul incident a lieu, un client est blessé légèrement à la jambe par le tir d'un des cambrioleurs. Ensuite, Erwin Weaver qui attend dans la voiture stationnée devant la banque conduit l'argent à un cimetière. Il est suivi discrètement par Thomas Crown au volant de sa Rolls-Royce. Il dépose les sacs d'argent dans une poubelle et quitte les lieux. Crown récupère l'argent et, de retour chez lui, savoure seul la réussite de ce vol dans un exubérant éclat de rire... Les cinq voleurs sont déjà repartis dans cinq différents États; ils seront payés plus tard par mensualités.
La police commence son enquête sous les ordres du lieutenant Eddy Malone (Paul Burke), la somme de 2 660 527,62$ a été dérobée au total. On interroge les témoins qui ont assisté impuissants au hold-up, mais aucun indice n'apparaît! Pendant ce temps, la compagnie d'assurance ne reste pas inactive et dépêche son meilleur enquêteur: Vicky Anderson (Faye Dunaway). Elle soupçonne rapidement Thomas Crown. Elle s'arrange pour faire sa connaissance durant une joute de polo. Lors d'un encan d'art bénéfice pour la société américaine du cancer, Crown revoit une fois de plus Vicky Anderson et elle lui annonce froidement qu'elle enquête sur lui. Crown doit jouer serré.
Une réalisation brillante de Norman Jewison qui utilise avec brio toutes ses connaissances techniques, mêlant en un plan plusieurs images de la même scène d'action. Ce canadien d'origine a donné un souffle nouveau au cinéma américain durant les années soixante avec The Cincinnati Kid en 1965 et In the Heat of the Night en 1967 où il touchait le difficile problème racial qui sévissait alors dans le sud des États-Unis. La musique de Michel Legrand rehausse parfaitement cette histoire policière. La chanson thème, "The Windmills of Your Mind" est interprétée par le chanteur Noel Harrison, le fils de l'acteur Rex Harrison. Dans ce film, Steve McQueen joue ici l'un de ses plus remarquables personnages au cinéma: Thomas Crown est un être rusé et très intelligent. Pour lui, la vie est une vraie partie d'échec. Il aime le risque, mais surtout il veut se prouver à lui-même qu'il est le meilleur.
La partenaire féminine est nulle autre que Faye Dunaway qui a débuté sa carrière au cinéma en 1966 dans le film The Happening au côté d'Anthony Quinn. Puis l'année suivante, elle joue l'incroyable Bonnie Parker dans le mythique Bonnie and Clyde d'Arthur Penn avec Warren Beatty. En 1976, elle décroche l'Oscar de la meilleure actrice grâce à son rôle de journaliste ambitieuse dans Network de Sydney Lumet avec Peter Finch et William Holden.
En 1999, le réalisateur John McTiernan conçut une transposition plus moderne de Thomas Crown mettant en vedette dans les rôles principaux Pierce Brosnan et Rene Russo. Mais elle demeure une pâle copie du film de Jewison, puisqu'il ne parviendra pas à rendre à l'écran l'éblouissante complicité entre McQueen et Dunaway, ainsi que la finesse et la subtilité de leur jeu. Par ailleurs, Faye Dunaway fait une apparition en signe de clin d'œil dans cette nouvelle version.
Il est triste de ne retrouver qu'une bande sonore à ce brillant film. Heureusement pour les non bilingues, ils peuvent aller vers le mode sous-titre afin d'avoir une traduction en français assez fidèle des dialogues. Même si le film date de 1968, le niveau sonore entre les éléments d'ambiance, les dialogues et la trame-sonore est correctement balancé. Les images sont soignées et les couleurs sont éclatantes et d'un grand réalisme. Le film est vraiment un régal pour les yeux.
Parmi les suppléments, vous y trouverez une captivante piste de commentaires de Norman Jewison qui décortique et analyse son film nous donnant une vision extraordinaire sur cette production peu ordinaire. Une bande-annonce rythmée et agréable vient compléter la liste. Un petit livret de huit pages sur la production du film se retrouve à l'intérieur du boîtier.
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |