"... or How I Flew from London to Paris in 25 Hours 11 Minutes". Ça, c'était le reste du titre, un des plus longs de l'histoire j'imagine, du film réalisé par Ken Annakin qui était en fait la réponse de Twentieth Century Fox à The Great Race produit la même année par Warner Brothers. Les deux comédies, bénéficiant d'une distribution éclatante, étaient basées sur une course, l'une en voiture, l'autre en avion, ayant eu lieu au début du siècle. "Those Magnificent Men..." parodiant la célèbre compétition Londres - Paris de 1908, qui avait attiré les plus grands aviateurs de la planète. Le vainqueur se voyait décerner une bourse de 10,000 livres sterling, offerte par un magnat de la presse britannique.
Lord Rawnsley (Robert Morley), le magnat en question, aristocrate snob et pompeux, commandite donc cette course dans le but de mousser les ventes de son journal. La première partie du film se concentre sur l'arrivée des participants et sur les préparatifs d'avant-course, et nous permet de nous familiariser avec les protagonistes ainsi qu'avec les reproductions authentiques (toutes construites à la main par un artisan selon les plans originaux) des aéroplanes de l'époque. Représentant l'Amérique, Orvil Newton (Stuart Whitman), un cowboy calme, poli, courtois et sûr de lui, le "Southerner" typique. Son plus grand rival sera l'Anglais Richard Mays (James Fox), un type un peu coincé qui est également le petit ami de Patricia (Sarah Miles), la fille indépendante et plutôt garçonne de Lord Rawnsley. Leur rivalité montera d'un cran lorsque Orvil commencera à s'intéresser à Patricia. Viennent s'ajouter le Comte Emilio Ponticelli (Alberto Sordi), millionnaire italien qui débarque avec sa nombreuse famille et qui rachète un avion neuf chaque fois qu'il se plante pendant les essais, le colonel Manfred von Holstein (Gert Frobe), qui ne sait pas piloter, mais dont la philosophie est que tout bon officier allemand peut tout apprendre en lisant le manuel d'instruction, et Pierre Dubois (Jean-Pierre Cassel), un Français coureur de jupons qui préfère la séduction au pilotage. Il passera donc de Brigette, à Ingrid, à Marlene, à Françoise, toutes jouées par la plantureuse Irena Demick, ce qui laissera place à de nombreux quiproquos.
Évidemment, ça prend un vilain et le rôle incombe à Sir Percy Ware-Armitage (Terry Thomas), prêt à tout pour gagner, qui complote toutes sortes de coups pendables avec son valet et souffre-douleur, l'ineffable Courtney (Eric Sykes). On doit aussi mentionner Benny Hill en chef des pompiers malhabile qui, à chaque accident se précipite en camion avec ses congénères dans une sorte de frénésie loufoque qui n'est pas sans rappeler les Keystone Cops des films muets. Et finalement Red Skelton, qui dans l'hilarante séquence d'ouverture sous forme de sketches à la Chaplin, nous fait l'historique des nombreuses, mais infructueuses tentatives de l'homme de prendre les airs depuis la nuit des temps.
Côté vidéo, l'image est claire et les couleurs sont vives bien que l'on note parfois une certaine granularité ainsi qu'un léger flou lors de certaines scènes. On retrouve également un peu d'accentuation des contours, mais rien de bien grave. Un excellent transfert donc pour un film de cet âge. On doit aussi mentionner que le ratio utilisé est de 1.98:1 alors que celui d'origine est de 2.20:1, la différence étant à peine perceptible.
La bande sonore originale en stéréo a été remixée en Dolby Digital 5.1 et le résultat est satisfaisant. La séparation gauche/droite des avants est assez limitée et les arrières sont peu mis à contribution, mais le son est clair, sans distorsion, bruits et craquements apparents. On aurait cependant aimé un peu plus d'activité dans les basses pour faire contrepoids à l'omniprésence des aigus et des fréquences moyennes.
Les menus sont statiques et de navigation aisée et les suppléments sont peu nombreux, mais intéressants. La piste de commentaires ainsi que le documentaire de dix-sept minutes "Conversations" avec Ken Annakin nous amènent dans les coulisses du tournage et le réalisateur, très volubile, nous offre de nombreuses anecdotes concernant tous les aspects de la production. On retrouve également trois galeries photos, une sur le tournage, une sur les effets spéciaux, et la dernière sur les avions d'époque. Heureuse idée, les photos sont accompagnées de texte explicatif. Pour terminer, deux bandes-annonces du film sont également incluses.
Comédie, parodie, vaudeville, "Those Magnificent Men..." jouit d'une distribution exemplaire qui s'en donne en coeur joie et Ken Annakin, de par le souci du détail de cette reconstruction d'époque et une réalisation des plus efficace, nous a donné un film qui fera rire et sourire toute la famille. Et tout comme moi, vous allez fredonner le thème du film pendant des jours!
Ah oui, aujourd'hui un avion supersonique ferait le trajet Londres - Paris en 7 minutes. Quelque chose me dit que le film serait nul.
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |