To Kill a Mockingbird
Legacy Series
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Robert Mulligan
Année: 1962
Classification: PG
Durée: 130 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51, DD20), Espagnol (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
24 septembre 2005

Transposer une oeuvre littéraire à l'écran n'est jamais chose facile, encore moins quand il s'agit d'un classique qui a remporté un prix Pulitzer et que la plupart des gens ont lu puisqu'il fait partie du curriculum des écoles secondaires américaines. Dans To Kill a Mockingbird, la romancière Harper Lee se remémore ses souvenirs d'enfance pour tisser le portrait du Sud profond d'une Amérique aux prises avec la Grande Dépression et les tensions raciales. Universal acheta les droits du roman expressément pour Gregory Peck et embaucha Horton Foote pour l'écriture du scénario et Robert Mulligan pour la réalisation. Les fans de l'oeuvre s'attendaient à ce qu'Hollywood massacre cette tranche "d'Americana" qui leur était si chère, mais le résultat dépassa toutes les espérances. Même Mme Lee déclara avec fierté: "Ce film est une oeuvre d'art". Les critiques ne purent que se rendre à l'évidence et le film fait maintenant partie des classiques du cinéma américain.

Jean Louise "Scout" Finch (Mary Badham) se rappelle divers évènements qui sont survenus dans son patelin à l'époque où elle avait six ans. Elle et son frère aîné Jem (Philip Alford) passent l'été en compagnie d'un jeune voisin prénommé Dill (John Megna) et font ensemble l'apprentissage de la vie. C'est plutôt tranquille dans leur comté de Maycomb en Alabama et ils passent le plus clair de leur temps à fabuler au sujet d'un mystérieux et apparemment dangereux voisin qui ne sort jamais de chez lui. Leur père Atticus Finch (Gregory Peck) est avocat et accepte de défendre Tom Robinson (Brock Peters), un noir accusé de viol par la fille d'un alcoolique raciste nommé Bob Ewell (James Anderson). Scout, qui est un peu garçonne, n'aime pas porter de robes et se bat constamment à l'école, a de la difficulté à comprendre les conflits sociaux qui divisent le village. Mais elle et Jem offriront tout de même leur soutien à leur père, qui doit affronter l'intolérance d'une partie de la population blanche.

"Tu ne peux pas connaître quelqu'un si tu n'as pas marché dans ses souliers" dira un soir Atticus à sa fille Scout. Cette phrase, lourde de sens, résume parfaitement le thème principal de "To Kill a Mockingbird". Le racisme, tout autant que la crainte que les enfants éprouvent envers l'énigmatique reclus "Boo" Radley (Robert Duvall, dans son premier rôle à l'écran), prennent source dans l'incompréhension causée par la différence. Bref, on démonise ce qu'on ne connaît ou ne comprend pas. L'apparente simplicité avec laquelle ce sujet difficile est abordé fait tout le charme et la force de ce film intemporel. La perte de l'innocence, les préjugés raciaux, la tolérance et le courage sont abordés avec une honnêteté et une justesse rarement égalées au cinéma, sans excès mélodramatiques ni leçons de morale. La qualité du scénario de Horton Foote (Oscarisé) y est pour beaucoup, ainsi que les performances fantastiques que Robert Mulligan a su tirer des jeunes acteurs. Gregory Peck (également Oscarisé) joue le rôle de sa vie avec la même conviction que son personnage et le reste de la distribution est exemplaire. Rajoutons à cela la réalisation solide de Mulligan et la très belle musique d'Elmer Bernstein qui souligne les passages importants et amplifie les moments de tension sans jamais perturber le flot de l'intrigue. "To Kill a Mockingbird" est vraiment du grand cinéma.

Atticus Finch est un personnage noble, intègre et courageux que l'AFI (American Film Institute) a placé en première place des héros du cinéma américain. À une époque où les héros se battent contre le mal avec des superpouvoirs ou des mitrailleuses, on devrait applaudir le fait qu'il y ait encore une place pour ceux qui utilisent leur intelligence et leurs principes.

Le transfert vidéo est magnifique et rend justice à la superbe cinématographie en noir et blanc de Russell Harlan. L'image est claire et propre, sauf lors de deux ou trois scènes où elle souffre de granularité causée par un processus optique utilisé pour amplifier les gros plans, parce qu'il était impossible de rapprocher la caméra davantage du sujet. Le niveau des contrastes, des détails et le rendu des noirs sont excellents. La piste audio en Dolby Digital 5.1 est de bonne qualité, mais offre peu d'avantages par rapport à la piste originale mono. L'activité est concentrée dans les enceintes avant et il y a peu d'effets ambiophoniques, ce qui n'est pas surprenant puisqu'il s'agit d'un film basé essentiellement sur les dialogues. Ces derniers étant clairs et sans distorsion apparente. La présentation est splendide et le boîtier cartonné de type "digipak", décoré de très belles images aux tons sépia, s'ouvre en trois sections qui révèlent les deux disques insérés dans d'autres images du film auxquelles on a rajouté quelques lignes du roman de Harper Lee. La troisième section est une pochette, ornée d'une photo d'un Gregory Peck vieillissant et souriant, qui contient une enveloppe avec une douzaine de mini-affiches glacées du film provenant de divers pays. Un feuillet cartonné séparé contient l'information qui apparaît normalement au verso d'un boîtier traditionnel. Les menus, de facture sobre et classique, sont animés de scènes du film et accompagnés de musique.

Une foule de suppléments, qui font plus de cinq heures au total, sont offerts sur cette édition. Pour débuter, on retrouve une excellente piste audio commentaire avec le réalisateur Robert Mulligan et le producteur Alan Pakula. Même s'ils parlent énormément, ils ont à peine le temps d'aborder toutes les informations techniques et les anecdotes qui entourent le film! Par la suite, le documentaire "A Conversation with Gregory Peck", produit par sa fille Cecilia, nous propose un regard passionné et affectueux sur la vie et la carrière de l'acteur, qui se révèle être un homme fascinant de dignité et d'humanité. Quant à lui, "Fearful Symmetry: The Making of To Kill a Mockingbird" explore tous les aspects de la production, ainsi que le contexte social des années 1930. On y retrouve des entrevues avec les acteurs et artisans du film, ainsi qu'avec des leaders du mouvement pour les droits civiques et des résidents du Sud des États-Unis qui ont inspiré le roman de Harper Lee. Cette revuette est captivante à tous les niveaux. Les trois courts segments "Academy Award Best Actor Acceptance Speech", "American Film Institute Lifetime Achievement Award" et "Excerpt From Academy Tribute to Gregory Peck" nous montrent l'acteur, toujours aussi humble, alors qu'il reçoit diverses récompenses, ainsi que quelques collègues lui rendant hommage. Dans "Scout Remembers", l'interprète de Scout, Mary Badham, se remémore sa participation au film, ainsi que la relation privilégiée qu'elle avait établie avec Gregory Peck. La bande-annonce du film et des notes de production viennent compléter les suppléments.

Quand Gregory Peck a reçu l'hommage de l'AFI pour l'ensemble de sa carrière, il a cité le poète T.S. Elliot pour demander à Hollywood de produire de meilleurs films. Des films qui... "attirent la sympathie, stimulent l'intelligence et l'esprit, réchauffent le coeur, font éclater le ballon de l'hypocrisie, de l'avidité et de l'intolérance, nous chatouillent les côtes et nous laissent avec l'éclat dans les yeux et le sourire qui proviennent de la satisfaction d'avoir été divertis." On ne pourrait pas mieux décrire "To Kill a Mockingbird", une oeuvre admirable qui possède le pouvoir d'éduquer, de transformer et de divertir. Présentée sous la bannière "Legacy Series", cette édition jouit d'une présentation exemplaire tant pour l'aspect technique que pour les suppléments. Un achat incontournable à regarder en famille et qui alimentera plusieurs discussions intéressantes!


Cotes

Film10
Présentation9
Suppléments9
Vidéo9
Audio8