Touch
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Paul Schrader
Année: 1997
Classification: 18A
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
17 février 2008

Bien avant ses imbroglios avec le montage controversé du quatrième Exorcist et avant d'en subir les affres médiocres et commerciales de Renny Harlin, Paul Schrader avait adapté un roman d'Elmore Leonard la même année que Tarantino avait tourné Jackie Brown du même auteur. Coïncidence? Toujours est-il que la version de Tarantino possède beaucoup de tonus et respecte davantage les racines de l'ouvrage éponyme que celui-ci, malgré une réalisation énergique, des interprètes enjoués et crédibles ainsi qu'un rythme soutenu. Une réussite quasi-totale qui vaut quand même la peine d'être vue.

Bill (Christopher Walken) est un religieux "à la carte" ($$ donc) et sur le déclin. Réduit à vendre des voitures, il tente de faire mousser sa popularité. Sa chance tourne le jour où, se rendant chez un mari alcoolique et violent, tombe sur un jeune homme arrivé par hasard sur la scène, réglant le conflit en moins de deux sans la moindre once de violence de sa part, guérissant du même coup la femme atteinte de cécité. Bill y voit un miracle, le genre de spot publicitaire qui pourrait ainsi faire redémarrer les affaires. Cependant, le jeune homme n'est pas aussi facile à retrouver qu'il n'y paraît et Bill emploie alors Lynn (Bridget Fonda) afin de simuler une cure de désintoxication dans l'espoir de retrouver celui qu'on surnomme Juvénal (Skeet Ulrich) et ainsi prouver au monde par l'entremise de la télé en direct l'existence du miracle. Seulement, voilà, tout le monde veut sa part du gâteau.

Le film est une vraie métaphore sur l'acceptation de la différence et une critique des médias de l'information tout comme la désinformation, le mensonge et l'emprisonnement progressif dans une coquille. Le rythme est un peu lent peinant à savoir de quel côté pencher, vacillant entre les miracles inexpliqués (qui ne le seront toujours pas sauf si l'explication "Dieu" vous suffit) et l'organisation faite autour et à "l'insu" du jeune Juvénal. L'équipe d'interprète livre par contre une belle performance, notamment Bridget Fonda dans le rôle de l'amoureuse, qu'elle incarne avec honnêteté, et Skeet Ulrich (sosie de Johnny Depp à l'époque), tout droit sorti dans le temps du succès Scream, histoire de ne pas être catalogué comme icône de l'horreur (mais qu'ont-ils tous à craindre l'étiquette?). Christopher Walken s'en sort très bien, quoique livreur d'une démarche plus froide et fixe, probablement très en lien avec son personnage de Bill le manipulateur. Tom Arnold en religieux irascible et intransigeant ne donne pas sa place non plus, hilarant dans la majeure partie de ses scènes.

Bien que l'on ne puisse réellement cerner un message clair, il apparaît certain que l'intention du cinéaste était de nous montrer les différents chemins de la foi en chacun de nous et combien elle peut affecter même ceux qui la prodiguent. La cinématographie n'explose pas le canevas demandé et, contrairement aux événements surnaturels des miracles, demeure centrée sur son sujet, annulant du coup une troisième dimension qui aurait dû être présente afin de confondre davantage le spectateur, ici livré à son sort de ne pouvoir complètement franchir le quatrième mur (chose admirablement atteinte avec Lord of the Rings) pour en retirer ce qui était à priori une aventure éprouvante au cœur des fondations de notre foi. Les moments comiques sont bien balancés et le réalisateur jongle de façon habile avec la tension et ses personnages pour nous offrir une finale qui jure un peu d'avec son modèle de papier, demeurant toutefois fidèle à la logique inculquée par le scénario.

La qualité des images présentées est d'une bonne facture. Les scènes se déroulant en décors sombres conservent bien la définition nécessaire et la fluidité des actions demeure nette. Une légère compression est visible de temps à autre et quelque grain demeure. Côté sonore, le tout est très correct, quoiqu'une ambiophonie aurait été appréciée. Les dialogues sont clairs, les effets sonores et la musique jouant leur rôle sans s'enterrer mutuellement. Un bon travail en somme. Les menus du DVD sont on ne peut plus simples : un collage fixe et muet pour toute page visitée, laissant redouter d'une rapidité d'exécution plutôt qu'un véritable désir de donner vie numérique à ce film.

"Touch" comporte son lot de personnages loufoques avec, au milieu, Juvénal, probablement le seul, après Lynn, à être pris d'affection du public. Ce divertissement sans grand effet choc ne manquera pas d'en surprendre plus d'un par la sobriété de son traitement au lieu de verser dans la grandiloquence et le sensationnalisme. Un parcours que le réalisateur a également préféré pour son approche avec Dominion : Prequel to the Exorcist.


Cotes

Film7
Présentation2
Suppléments-
Vidéo8
Audio7