Alim (Jimi Mistry) est un Canadien d'origine ismaélienne qui vit maintenant à Londres, loin de sa famille qui est toujours à Toronto. Alim ne veut aucun lien avec ses origines qui ne l'accepterait pas plus, car il est gai. Il est en amour avec Giles (Kristen Holden-Reid) dont les parents acceptent complètement sa vie homosexuelle. Alim a peur de ce que les autres pensent et considère ne jamais le dire à sa mère Nuru (Suleka Mathew) puisqu'il croit qu'elle a des pensées arrêtées à cause de son origine kenyane. Alim a aussi un autre problème. Depuis qu'il est tout petit, il a un ami imaginaire, mais pas n'importe qui: le fantôme de Cary Grant (Kyle MacLachlan). Ce dernier point est le départ pour mon intérêt premier pour le film, car à la base ce film est le genre "fils gai / parents pas au courant" classique.
La vie à Londres est parfaite pour Alim, mais la visite-surprise de sa mère chambardera tout son petit monde. Il ne veut vraiment pas lui dire et Cary n'aide pas du tout à cela. Sa mère veut que son fils rencontre une bonne femme ismaélienne pour qu'il puisse venir au mariage de son cousin à Toronto. Sur le coup, il décide de lui montrer la sœur de Giles comme étant sa fiancée, mais sa mère réussit de peine et de misère à passer sur le fait qu'elle n'est pas musulmane (et "phirangi" en plus - d'une autre race que la sienne) , ce que Cary pointe en se demandant ce qu'il arrivera si elle le savait gai. De son côté Giles réussi à charmer la mère d'Alim qui ne sait pas encore qu'il est l'amoureux d'Alim. Ce dernier finira par lui révéler son secret comme une tonne de roches, sans précaution, sans tact. Elle lui fait la morale et repart pour Toronto, ce qui lancera Alim dans un dilemme, non pas à propos de ses penchants sexuels, mais plutôt par rapport à se connaître lui-même, ses origines et comment tout rassembler ses idéaux avec tout cela.
La plupart des gens vont aimer le film à cause de Kyle Maclahan et sa délicieuse interprétation de Cary Grant qui est tout à fait exceptionnelle. Au début, c'est la voix qui m'a dérangé alors qu'elle ne ressemble en aucun point à celle de Grant, mais je me suis fait rapidement prendre par la gesticule, les costumes, l'ego géant et surtout les mots qui arrivent toujours à point comme si réglés par une horloge, tout comme le Grant que nous connaissons dans les films. Plusieurs scènes sortent directement des films de Cary Grant (dont l'introduction - et le titre en fait - tiré de That Touch of Mink), mais c'est quand il arrive au mariage habillé comme il était dans le film Gunga Din que j'ai éclaté de rire!
C'est avec ce film que j'ai découvert la compagnie Mongrel Media, un distributeur de films indépendants de Toronto. C'est lui qui distribue le documentaire-choc The Corporation au Canada ainsi qu'une cinquantaine de petits titres intéressants en DVD dans une collection grandissante de films internationaux. C'est au niveau technique que je suis le plus déçu de ce film alors qu'il est présenté en format non anamorphique. Il y a aussi ces petites lignes horizontales noires et blanches qui alternent à la toute droite de l'écran comme s'il manquait un bout d'image. Mis à part ces détails, l'image que nous avons est généralement bonne. La piste sonore n'est pas très dynamique, mais étant un film à texte, nous n'avons pas vraiment besoin de plus. La musique originale d'Andrew Lockington sonne extrêmement comme celle des comédies romantiques des années 40, un peu à la Cole Porter.
Comme suppléments, il y a d'abord une piste de commentaires avec le réalisateur et les actrices Sue Mathew (Nuru) et Veena Sood (Dolly - sa sœur) qui est assez intéressante. Les trois sont enregistrés ensemble alors l'interaction est un bel ajout à cette conversation assez diversifiée entre les faits, les potins, la culture et bien sûr le cinéma. Il y a un peu trop de silences à mon goût durant certaines scènes. Ensuite nous avons une bande-annonce et une scène retranchées qui pour leur part sont offertes en panoramique anamorphique (qui constitue en quelque sorte une insulte pour ce qui nous est offert pour le film lui-même). Cela est suivi par une série de séquences derrière les caméras sans commentaires, comme une mouche sur le plateau. Pour terminer, il y a quelques mots sur Mongrel Media et trois bandes-annonces.
J'ai eu bien du plaisir à visionner ce film, mais le plaisir aurait été plus grand ayant eu un transfert anamorphique. Une bonne quantité d'extras vient rendre l'ensemble un achat intéressant. Tout amateur de Cary Grant se doit au moins un visionnement du film afin de voir le talent de Maclahan à reproduire cet acteur unique.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 7 |