Trading Places
"Looking Good, Feeling Good" Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: John Landis
Année: 1983
Classification: 14A
Durée: 116 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
17 juin 2007

Ne me demandez pas pourquoi ( je bois du thé, mais pas le petit doigt en l'air), mais j'ai toujours préféré l'humour britannique aux comédies hollywoodiennes. Je peux regarder Monty Python and the Holy Grail quatre ou cinq fois de suite et je me tords de rire chaque fois, alors que certains classiques américains me laissent complètement froid. Il y a par contre quelques exceptions, et elles se retrouvent invariablement dans le paysage cinématographique de la fin des années 1970 et des années 1980. Deux noms reviennent alors sur le tapis, John Hughes (la série National Lampoon, Ferris Bueller's Day Off, Planes, Trains and Automobiles) et John Landis (Animal House, The Blues Brothers). C'est en 1983 que ce dernier réalise "Trading Places", une succulente farce avec deux des comiques les plus talentueux de leur génération, Eddy Murphy et Dan Ackroyd.

Fabuleusement riches propriétaires d'une firme de courtage, Mortimer et Randolph Duke aiment bien se tirer la pipe tout en y allant de gageures amicales. Sommes-nous le produit de notre environnement ou notre destin est-il préprogrammé? Ne s'entendant pas sur le sujet, les deux frères décident de trancher la question en pariant sur le résultat d'une étrange expérience. On remplace notre courtier vedette, Louis Winthorpe III (Dan Ackroyd), par un petit truand, Billy Ray Valentine (Eddie Murphy), et on attend de voir si le premier en sera réduit à une vie de crime et si le second deviendra un homme d'affaires accompli. Se retrouvant soudainement sans maison, sans serviteur, sans club privé et sans petite amie, et ne comprenant pas ce qui lui arrive, Winthorpe se liera d'amitié avec Ophelia (Jamie Lee Curtis), une prostituée au coeur d'or qui lui viendra en aide.

Dans "Trading Places", le plaisir est dans le casting. Murphy est au sommet de l'art du cabotinage, Ackroyd est parfait dans la peau du snob élitiste, Jamie Lee Curtis déborde de sex appeal, Ralph Bellamy et Don Ameche habitent des frères Duke savoureusement cupides et véreux, et Denholm Elliott est tout ce qu'il y a de plus "British" dans le rôle du serviteur qui ne perd jamais sa contenance, peu importe le ridicule de la situation. Le cinéaste John Landis mène la barque avec une énergie que l'on sent contagieuse et son film baigne dans cette atmosphère de vaudeville souvent présente dans les films de cette époque. Le thème de la duplicité et de la méprise d'identité revient comme un leitmotiv tout au long du film et les personnages sont constamment mépris pour ce qu'ils ne sont pas ou forcés de prétendre qu'ils sont quelqu'un d'autre. Certaines blagues ont pris un coup de vieux et le film s'essouffle un peu au milieu pour reprendre de plus belle par la suite, mais "Trading Places" réussit presque toujours à maintenir l'équilibre fragile entre les stéréotypes sociaux et les revirements imprévisibles.

Techniquement, cette édition propose une amélioration appréciable par rapport à la précédente. L'image est nette, la palette de couleurs apparaît propre et naturelle et l'étalement des noirs, ainsi que le niveau des contrastes sont solides. Le transfert comporte un minimum de poussières et d'égratignures et je n'ai noté aucun problème de compression ou d'accentuation des contours. La qualité sonore est adéquate et la piste audio en Dolby Digital 5.1 demeure agréable, malgré son manque de dynamisme. L'activité sonore est concentrée dans les enceintes avant et les arrières ne s'activent qu'à l'occasion pour soutenir l'ambiance générale. Les dialogues manquent parfois d'amplitude, mais demeurent tout de même facilement audibles. La présentation est standard et l'image ornant le boîtier se transpose avec originalité dans le design des menus animés.

Parmi les suppléments, on retrouve une série de revuettes qui abordent différents aspects du tournage, ainsi que l'impact du film. Dans "Insider Trading: The Making of Trading Places", réalisateur et acteurs se remémorent leur participation au film et partagent plusieurs anecdotes. Le ton est enjoué et candide, mais il n'y a pas beaucoup de chair autour de l'os. Ensuite, "Trading Stories" nous offre une collection d'entrevues datant de 1983 avec les principaux protagonistes du film. Cette capsule est intéressante, car elle permet de comparer les commentaires avec ceux obtenus plus de vingt ans plus tard. Puis, "Dressing the Part" nous propose les observations de la costumière Deborrah Nadoolman, alors que "The Trade in Trading Places" nous entraîne dans les méandres du marché boursier, appuyé par le propos de différents experts. On retrouve également des scènes coupées avec les commentaires optionnels du producteur exécutif George Folsey Jr., une piste "Trivia Track", accessible dans le menu des sous-titres, qui offre anecdotes et notes sur la production pendant le déroulement du film, ainsi que du matériel promotionnel. Quelques bandes-annonces sont également au menu, mais celle du film est curieusement absente.

"Trading Places" est une comédie savoureuse qui aborde au passage des thèmes politiques, sociaux, raciaux et économiques sans jamais perdre de vue qu'un film du genre doit tout d'abord faire rire. Une des meilleures comédies des années 1980, qui jouit ici d'une excellente présentation technique et propose une belle brochette de suppléments. Fortement recommandé, même à ceux qui possèdent l'édition précédente.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments7
Vidéo8
Audio7