Peter Weir, un des pionniers du nouveau cinéma australien, nous a offert depuis les années 1970, une série de films qui ont été récompensés par de nombreux prix, des films comme Fearless, Picnic at Hanging Rock et Dead Poet's Society. C'est dans sa mise en scène hyper soignée, sa direction artistique et par son perfectionnisme qu'il se détache des autres réalisateurs. Bien qu'il fût en nomination à quatre reprises comme meilleur réalisateur à la soirée des Oscars, il n'a jamais remporté la précieuse statuette, le plaçant dans le groupe sélect des grands réalisateurs n'ayant jamais remporté l'Oscar du meilleur réalisateur aux côtés des Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick et Martin Scorsese. Le studio Paramount met bientôt en circulation deux trésors de Peter Weir, sur support DVD dans de nouvelles éditions spéciales. Nous aurons donc la chance de revoir les films Witness et "The Truman Show" dont j'ai le privilège de vous entretenir.
Truman Burbank (Jim Carrey) est un home qui semble vivre la vie idéale. Il a une femme parfaite qui l'aime, une mère avenante et prévoyante, des voisins en or et un meilleur ami qui le comprend parfaitement et qui est toujours prêt à tendre l'oreille pour l'écouter. Cependant, il manque une chose dans la vie de Trevor, celle de voyager et de découvrir d'autres lieux, mais étonnamment, il semble la seule personne dans cette ville hermétique à manifester ce goût pour l'aventure. En fait, ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il se trouve à être l'épicentre du plus grand spectacle de télé-réalité jamais créé et que depuis 10,909 jours, soit le jour de sa naissance, et que plusieurs millions de téléspectateurs suivent assidûment le cours de sa vie sur le petit écran, 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine, et ce, sans interruptions.
Provenant de l'imaginaire de l'auteur Andrew Niccol, The Truman Show est adapté et réalisé de main de maître par ce surdoué qu'est Peter Weir. Dès les premières images, l'auditeur se retrouve plongé dans l'univers particulier de la télé-réalité. On se retrouve devant un Jim Carrey surprenant de justesse qui commence sa journée de travail et qui assiste impuissant à la chute d'un objet d'éclairage qui tombe du ciel. En quelques minutes, l'auditeur devient captif de ce spectacle et on découvre tranquillement ce à quoi ressemble l'univers de Truman et de la petite municipalité de Seahaven, où il vit. Petit à petit, le réalisateur intègre de nouveaux éléments à l'histoire pour nous faire comprendre l'immensité qui se cache derrière ce concept et d'où il origine. Jusqu'aux derniers moments du film, le réalisateur continue à nous amener sur de nouveaux sentiers et nous fait découvrir quelque chose de nouveau à cette histoire qui somme toute aurait pu être drôlement linéaire. La distribution est vraiment exceptionnelle et Jim Carrey étonne de sobriété dans son rôle de Truman Burbank. Ed Harris campe également avec justesse un producteur d'émission télévisée aux allures presque divines.
Le rendu visuel de film est plus qu'impressionnant. L'image est d'une pureté quasi absolue et elle se compose de couleurs très riches et légèrement sursaturées, ce que voulait le réalisateur. Aucun artefact de digitalisation ou autres formes de parasites n'est visible sur ce très impressionnant transfert. La trame sonore de ce film est également de très bonne qualité. Les canaux arrière sont alimentés par la très belle musique de Philip Glass et par les effets ambiants alors que les très clairs et justes dialogues s'occupent de nourrir l'avant du cinéma maison. Un menu qui nous présente différents moments de la vie de Truman dans une salle de montage vidéo est une très belle réussite.
Quelques suppléments se retrouvent sur cette édition DVD et le documentaire "How it's Going to end? - The Making of Truman Show", présenté en deux parties, se veut très pertinent et très instructif. Dans la première partie, Peter Weir nous parle de l'immense défi d'adapter le scénario d'Andrew Niccol qui se voulait sombre et qui se passait dans le futur vers quelque chose de léger qui se passe au moment présent. Ensuite, les comédiens Jim Carrey, Laura Linney, Noah Emmerich et Ed Harris nous parlent de leur expérience de tournage et du très grand bonheur qu'ils ont eu à tourner pour Peter Weir. La deuxième portion du documentaire nous parle des difficultés encourues pour trouver l'endroit idéal pour tourner ce film et quand le réalisateur découvrit la petite ville de Seaside en Floride, il ne pouvait en croire ses yeux. Puis on nous parle des difficultés encourues pour pouvoir faire le film dans cette municipalité, car Robert Davis, le créateur de cette ville ne voulait rien savoir de voir une équipe de tournage venir s'établir dans sa ville. Toutes les péripéties de fin de tournage et surtout le fait de devoir se trouver un comédien pour camper de rôle de Christof à la dernière minute sont ultimement relatés. "Faux Finishing - The Visual Effects of The Truman Show" nous plonge dans l'univers de l'infographie et de la géodésie nécessaire pour faire les retouches au film. Craig Barron, Michael McAlister et Dennis Gassner, les principaux responsables du fini visuel du film nous expliquent comment ils s'y sont pris pour faire des édifices à partir de maisons, de modifier les coloris de l'image et surtout comment ils ont fait le fameux plan du dôme qui abrite l'univers de Truman dans un effet de zoom arrière. Quatre scènes retranchées ou étendues sont également au menu et deux d'entre elles plus particulièrement ont attiré mon attention. La première nous montre comment la publicité est présentée de façon plus détaillée et la deuxième nous présente une réunion entre Christof et quelques comédiens qui discutent de l'avenir du show Truman. Une galerie de photos (une quarantaine au total) et quelques bandes-annonces, dont celle du film, complètent cette bonne section de suppléments. Il ne manque qu'un encart et une trame de commentaires à cette édition pour qu'elle soit parfaite. À noter que des sous-titres français sont disponibles pour tous les suppléments.
"The Truman Show" est un film avant-gardiste et intemporel qui se retrouve encore aujourd'hui d'une pertinence certaine. Peter Weir était le seul à voir Jim Carrey dans le rôle-titre et envers et contre tous, il a prouvé qu'il avait raison de faire confiance au comédien. Jim Carrey put, par le fait même se détacher de l'étiquette de pitre collé à sa personne et montrer qu'il possédait un talent de comédien beaucoup plus vaste. Je vous recommande cette très belle édition DVD de Paramount qui renferme un des meilleurs films faits à Hollywood dans les années 1990 et qui est présenté dans une édition qui allie qualité, quantité et petit prix.
| Film | 9 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 8 |