Trust The Man
20th Century Fox

Réalisateur: Bart Freundlich
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 100 minutes
Ratio: 2.35:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
11 février 2007

Les relations de couples auront rarement paru aussi attardées que dans "Trust the Man", une comédie rarement drôle où les clichés et le mauvais goût sont rois. Encore une fois, les hommes semblent venir de Mars et les femmes de Vénus... Quel air éculé!

À New York, quatre personnes n'arrivent jamais à être heureuses. La perfectionniste mère Rebecca (Julianne Moore) répète ardemment une pièce de théâtre pendant que papa sans emploi (David Duchovny) reste à la maison pour s'occuper des enfants. Ne pouvant jamais convaincre sa femme d'avoir des relations sexuelles, Tom décide de prendre une maîtresse. De son côté, Elaine (Maggie Gyllenhaal) aimerait beaucoup se marier et fonder une famille. Elle en a toutefois marre d'attendre après Tobey (Billy Crudup), un éternel adolescent qui ne pense qu'à son nombril. Lorsque les deux amis se font mettre à la porte, ils réalisent leur amour pour ces femmes si uniques. Avant qu'il ne soit trop tard, les comparses décident finalement de faire un minimum d'efforts pour regagner le cœur de leurs flammes.

Quatrième long-métrage pour Bart Freundlich et autant d'échecs. C'est dommage, car sa dernière réalisation aurait pu étonner. Malheureusement, l'auteur derrière Catch That Kid semble s'être trompé de sauce. Il reprend la Grosse pomme, les relations difficiles et les séances chez le psychologue comme un certain verbomoteur à lunettes sans y amener le moindre élément de fraîcheur. Pire encore, au lieu de saupoudrer d'instants comiques, il préfère lorgner vers le scatologique, la vulgarité et les situations dégueulasses. Si le film parle de sexe du début à la fin, il n'y a vraiment rien d'émoustillant dans cette description d'individus sans réelle identité. Cela peut expliquer ces quatre roues détraquées. Malgré ses beaux sourires, Maggie Gyllenhaal ne peut rien apporter à un personnage aussi vide. Face à elle, il y a un énervant Billy Crudup qui cabotine à outrance en oubliant totalement la subtilité. Ça se passe un peu mieux chez l'autre couple. David Duchovny fait parfois sourire avec ses airs de chien battu et il vole facilement la vedette à une Julianne Moore atterrée, plus superficielle que réellement profonde.

Tout aussi décevante est la trame sonore concoctée par Clint Mansell. Ses compositions originales sur Requiem for a Dream et The Fountain frôlaient la perfection, mais les groupes choisis ici ne sont jamais le moindrement pertinents. Au moins, les chansons n'envahissent jamais les voix, très audibles. Tant mieux, parce que les sous-titres anglophones, francophones et espagnols blancs ne sont pas toujours évidents à discerner. L'utilisation du son demeure cependant un peu timide. À part quelques airs musicaux et le vent qui souffle, il n'y a vraiment rien qui détonne. Les images suivent la même tangente et cette discrétion est plutôt efficace. Les couleurs sont généralement superbes et le niveau des détails est excellent. Il y a beaucoup de filtres colorés dans la première partie, ce qui donne un peu de vie à ce cercueil flasque. Le blanc prédominant offre finalement des contrastes sans faille. Encore une fois, la beauté technique cherche à faire oublier le vide scénaristique.

En phase avec son sujet extrêmement léger est cette pochette montrant les quatre protagonistes et une ville de New York comme image de fond. Pour l'originalité, il faudra aller voir ailleurs. Le menu principal du disque est beaucoup plus séduisant. Il y a un lent montage de scènes en mouvement montrant des gens s'embrasser et une douce mélodie les accompagner. Serein. Ce qui l'est beaucoup moins est ce disque où le plein écran figure sur le côté A et le panoramique sur le B. Cette démarche fossilisée digne de l'ère crétacée n'est pas toujours une bonne chose, car des suppléments différents se trouvent de chaque bord! Il y a un documentaire peu instructif de treize minutes sur la production qui orne une face, alors que l'autre mérite quatre scènes retranchées qui auraient alourdi le résultat final. Ce n'est pas beaucoup. Quelle chance qu'une humoristique piste de commentaires de Bart Freundlich et de David Duchovny complète le tout! Ce tandem divertit en parlant de tout et de rien, des petits détails significatifs aux anecdotes sans intérêt.

"Trust the Man", c'est la nouvelle variation sur un des sujets les plus vieux du monde. Les hommes et les femmes ne se comprennent pas et ils doivent se séparer pour s'apprécier davantage. Le reste est composé de farces douteuses, de situations ronflantes et d'acteurs très mal dirigés.


Cotes

Film4
Présentation5
Suppléments4
Vidéo8
Audio7