Suivant un Saison Two, Volume One, rien de plus normal que de retrouver un "Saison Two, Volume Two". Voici donc la deuxième partie de cette seconde saison de "Crank Yankers" et de leurs "vrais faux" appels téléphoniques qui font les beaux soirs de Comedy Central. La série a survécu à une troisième saison (que nous découvrirons certainement d'ici quelque mois, l'actuel coffret de cette critique étant déjà sorti depuis un petit moment), puis s'en est allée. Une quatrième saison semblait pourtant être prévue, mais elle n'a jamais vu le jour. L'humour est difficile, surtout à la télévision.
Petite remise en situation, si nécessaire (vous pouvez aussi relire mes précédentes critiques de la première saison ou le volume 1 de cette seconde saison). "Crank Yankers" a inventé un monde imaginaire où les personnages principaux sont des marionnettes. Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Sauf que les seuls dialogues qui nous sont offerts sont en fait de "vrais faux" appels téléphoniques. Ces appels sont donc vrais, seulement dans un sens : la personne qui le reçoit est un parfait anonyme (qui ne le reste pas longtemps) alors que la personne qui le donne est un membre de l'équipe de Jimy Kimmel ou encore un artiste connu tel que Jamie Kennedy, Eminem, Seth MacFarlane (Family Guy) et j'en passe. C'est une sorte de caméra cachée, mais sans caméra et avec un téléphone. Bien entendu, l'interlocuteur appelant va créer une situation souvent burlesque et essayer de garder l'appelé le plus longtemps en ligne, le mettant alors parfois dans l'embarras. Les quinze épisodes qui composent ce coffret sont les numéros 16 à 30 de la deuxième saison. Ils ont été diffusés entre octobre 2003 et avril 2004 sur le réseau américain Comedy Central.
Après avoir passé un générique qui démarre très doucement et tranquillement au-dessus d'une (semble-t-il) gentille petite ville, Yankerville, nous découvrons rapidement une population plutôt accroc aux appels téléphoniques. Nous retrouvons donc les personnages de notre petite communauté, par exemple Gladys (Wanda Sykes) qui appelle une banque pour leur signaler que le guichet automatique distribue de l'argent sans avoir à le demander ou encore ce brave Elmer (Jimmy Kimmel), 92 ans, excusez du peu, qui appelle pour se plaindre de voir trop de porno gai sur son ordinateur. Comment juger Cammie (Lisa Kushell) qui se demande quelles sont les bonnes manières pour passer une bonne soirée avec un homme juif? Quand le baba cool Nick appelle le magasin de produits pour enfants, car il a besoin d'aide pour changer son bébé, on appréciera (éventuellement) la reconstitution scénique de la situation. Beaucoup de gags sont drôles, il faut bien l'avouer, que l'on aime ou non ce type de plaisanterie. Parfois, le sketch peut déraper, comme on dit, par exemple avec cet extrait où une femme appelle une épicerie pour se plaindre de leurs congélateurs qui sont trop puissants et qui lui font durcir les seins quand elle passe devant. Malheureusement, l'histoire s'enlise rapidement (il ne faut pas oublier qu'il s'agit principalement d'improvisation de la part des appelants et qu'ils doivent utiliser ce que l'appelé leur donne).
Il est très important, en s'y reprenant à plusieurs visionnements, par exemple, de ne pas manquer l'environnement dans lequel évoluent les marionnettes. Il est extrêmement riche au niveau visuel et on manque souvent beaucoup de blagues : parodies de posters sur les murs, objets souvent déconcertants dans le décor, personnages secondaires dans des situations assez particulières, et j'en passe. Un travail colossal qui ne s'arrête donc pas uniquement aux appels eux-mêmes.
Comme je l'indiquais dans une précédente critique, ce type de divertissement, comme l'alcool, se doit d'être consommé avec modération, d'où peut-être la sortie de cette seconde saison en deux volumes. La présentation est par contre identique au précédent coffret, les quinze épisodes étant répartis sur deux disques, eux-mêmes rangés dans deux boîtiers minces puis dans un fourreau de carton. Il y a beaucoup d'images des personnages et le tout est très coloré. L'image est plutôt belle, mais provenant d'un produit fait pour la télévision, donc en plein écran. Si l'intérieur des jaquettes des boîtiers comporte des résumés des épisodes, j'ai par contre constaté des erreurs dans ces résumés par rapport à l'épisode pour lequel on les attribue. La piste sonore anglaise est à moitié bonne, puisque le problème déjà signalé est toujours présent : les voix des personnes appelées sont plus difficilement compréhensibles. On ne pourra pas vraiment s'aider des sous-titres, puisqu'ils ne sont disponibles que pour malentendants. Les pages de menus sont statiques, mais leur transition est animée et elles sont sonores (avec le thème de la série). Les suppléments sont encore limités : un appel mis en image, mais jamais diffusé (et d'une durée très courte, à peine une minute et demie) et quatre appels complets, mais jamais mis en image, donc uniquement sonores. C'est là qu'on s'aperçoit du pouvoir important de la mise en image, même avec des marionnettes, qui donne une grandeur différente au simple gag de l'appel téléphonique.
Les amateurs de blagues gentilles, mais osées seront toujours bien servis avec cette série. Je rappelle qu'il s'agit de la version "non-censurée" et par conséquent le langage est cru et direct, donc très peu conseillé pour les enfants ou toute personne qui se sent offensée par des propos vulgaires, sexuelles et de toute sorte dans le même ordre d'idée. Personnellement, je me détache un peu des appels eux-mêmes et je suis quand même en admiration devant le talent des manipulateurs et les trouvailles visuelles que l'on retrouve dans la plupart des scènes (notamment une dans une pizzeria, qui vous explique enfin comment on produit la sauce. Cœurs sensibles s'abstenir). Tout en restant à petites doses, de drôles de moments pour les périodes moins amusantes.
| Film | 8 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |