Danielle Steel
2 DVD Collection (Palomino / Secrets / Star / The Promise)
Universal Studios Home Video

Réalisateurs: Michael Miller / Peter H. Hunt / Michael Miller / Gilbert Cates
Année: 1978, 1991-93
Classification: PG
Durée: 380 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
4 février 2007

Danielle Steel contre-attaque. Une des écrivaines les plus connues de l'Amérique du Nord voit quatre adaptations cinématographiques de ses livres compilées dans un coffret comportant deux DVD. Parfait pour les mères... qui sont familières avec la langue de Shakespeare.

Il y a souvent un préjugé défavorable envers la littérature de Danielle Steel, une auteure qui semble écrire ses intrigues sur le pilote automatique. Un peu comme Stephen King, ses ouvrages se vendent aisément tout en étant traduits dans des dizaines de langues. Avec un public aussi fidèle, pas besoin de révolutionner le genre à chaque nouvelle parution. La situation n'est pas aussi rose pour ses transpositions sur grand écran qui, au mieux, prennent le chemin des clubs vidéo et, au pire, sont diffusées directement à la télévision. Quatre de ces longs-métrages ou téléfilms font l'objet d'une sortie spéciale sur DVD.

"Palomino" (1991) raconte les mésaventures de Samantha (Lindsay Frost). Abandonnée par son mari, elle trouve l'amour dans les bras d'un cow-boy qui a peur de s'engager. Mais rien n'est simple dans son existence. En vivant sur un ranch avec la mère (Eva Marie Saint) d'une amie décédée, elle découvre des liens avec la nature et les chevaux qui gambadent. Michael Miller a réalisé plusieurs œuvres basées sur les livres de Danielle Steel et il connaît parfaitement cet univers si particulier. Un bain de mousse, un coucher de soleil, des phrases mièvres telles "Tu as les plus beaux cheveux que j'ai jamais vus" et le tour est joué. Tous les éléments sont réunis pour montrer comment le courage et les sentiments amoureux triomphent de l'adversité. Autant la première partie nage dans un kitch assumé, autant la seconde accumule les malheurs de l'existence. C'est cependant triste que les relations entre les hommes et les femmes soient présentées de façon aussi abrutissante. Les premiers ont honte de leur identité et ils fuient pendant que les secondes sont les vraies battantes...

De son côté, "Secrets" (1992) s'attarde au merveilleux monde des plateaux de tournage. Un producteur (Christopher Plummer) cherche à convaincre une demi-douzaine de personnes à participer à une série télévisée. En obtenant leur accord, il est loin d'imaginer les nombreux secrets qui apparaîtront, risquant de ruiner le coûteux projet. Jusqu'au jour où la réalité rejoint la fiction... Si la romance qui envahit ce projet de Peter H. Hunt est particulièrement fade et que les stéréotypes sont d'usages, l'interprétation s'avère convaincante et bien sentie. L'excellent acteur canadien Christopher Plummer offre un jeu décontracté et son monologue final est tout à fait dans le ton. Et c'est une excellente façon de découvrir une Josie Bissett avant sa participation appréciée à la série Melrose Place. Ce n'est certainement pas The Player et le nom de l'émission télévisée, Manhattan, est une insulte au célèbre classique de Woody Allen, sauf que c'est une honnête façon de passer un dimanche après-midi pluvieux.

Le seul aspect intéressant du "Star" (1993) de Michael Miller est de noter comment il ressemble aux deux précédents longs-métrages de cette édition. Il y a une ferme, des chevaux, un retour à la terre, des allers-retours entre New York et San Francisco, un homme excessivement contrôlant, une actrice timorée, etc. Le canevas, futile et accessoire, met en scène une fille (Jennie Garth) et un gars (Craig Bierko) qui n'arrivent jamais à être heureux ensemble. Méchant destin en perspective! Cette fable artificielle ne tient pas la route un instant. Avec une reconstitution d'époque aux erreurs proéminentes et des personnages qui ne vieillissent jamais, ce n'est guère évident. Même les fans de la Kelly de Beverly Hills 90210 ne pourront que constater son absence de talent. Sa Crystal a une superbe voix et ses lèvres ne suivent même pas l'air musical!

La base de "The Promise" (1978) est incroyablement intrigante. Une femme (Kathleen Quinlan) et un homme (Stephen Collins) qui vont se marier ont un grave accident de voiture. Pendant que son fils est dans le coma, sa mère offre une chirurgie complète à la pauvre Nancy en échange de sa promesse de ne plus jamais revenir hanter la chair de son sang. Lorsque Michael se réveille, il apprend que sa future femme est décédée. Désemparé, il ère jusqu'au jour où il apprend la vérité... Après ce début intrigant, Gilbert Cates ne peut qu'accumuler les lieux communs et les longueurs avec ses protagonistes qui ne peuvent se trouver que dans les derniers instants. Le manque d'attrait des dialogues joue pour beaucoup dans cette lente descente vers Hypnos, le Dieu du sommeil.

La majorité des titres inclus n'offrent pas des images catastrophiques. Le plein écran est souvent limité par des couleurs un peu pâles, sauf que le niveau des détails s'avère souvent précis. Des égratignures peuvent apparaître et les contrastes sont loin d'être justes. Il faudra donc s'habituer à des éclairages trop lumineux qui gâchent légèrement le plaisir. Au moins, les couchers de soleil sont facilement reconnaissables. La trame sonore, entre violons et overdose de miel, mélange quelques styles en demeurant dans le convenu. L'intensité est forte lorsque les corps se frôlent et trop souvent, elle envahit les situations. Parfois, la subtilité n'est pas un mauvais choix. En revanche, la qualité des voix est généralement irréprochable et au besoin, il y a de superbes sous-titres blancs extrêmement fidèles.

Comme c'est trop souvent le cas avec ce style de récits, la pochette est abominable. Ici, elle dépasse tous les cauchemars. Les quatre titres sont inscrits sur une feuille avec le nom Danielle Steel en gros. Un fond rouge hideux et des bulles de savon annoncent d'emblée comment les histoires vont s'évaporer très rapidement. Les différents menus sont tout aussi statiques, sans musique et exécrables. En premier, il faut choisir le film et ensuite, déterminer si des sous-titres sont nécessaires. L'idéal pour une personne qui est réfractaire à la technologie. Bien entendu, il n'y a pas la moindre trace de supplément. L'auteure des romans offre néanmoins une introduction et une conclusion sur le premier disque. Elle résume adroitement les enjeux en espérant ardemment que le spectateur apprécie le résultat final.

Pour une parcelle de la population, les livres de Danielle Steel sont des échappatoires d'une vie ennuyante. Des rêves en forme de mots qui les conduisent ailleurs. Pourtant, par leur qualité cinématographique, il est difficile d'imaginer que les films tirés de ces romans auront les mêmes vertus thérapeutiques. Surtout que le tout est en anglais, une langue que ne comprennent pas nécessairement les lectrices assidues de chez nous.


Cotes

Film4/5/3/4
Présentation1
Suppléments-
Vidéo6
Audio6