L'incroyable Hulk est une autre création du prolifique Stan Lee, celui-là même qui nous a donné Spider-Man, les X-Men, Captain America, Daredevil, les Fantastic Four, et bien d'autres. La première histoire de Hulk fut donc écrite en 1962, dans un "comic" intitulé "The Incredible Hulk". Gris à l'origine (le temps du premier numéro), Hulk est l'alter ego du Doctor Bruce Banner, un brillant physicien (nul besoin de préciser que tous les physiciens sont brillants...)* qui expérimente sur la bombe gamma. Sur le point de faire exploser une de ses bombes, il aperçoit un jeune homme sur le terrain des essais, Rick Jones, et en le sauvant, il est irradié par l'explosion. À partir de ce moment, dès qu'il est contrarié, il se transforme en un gigantesque monstre vert (gris...), dénué d'intelligence, mais doté d'une force surhumaine. En 1977, une adaptation de Hulk pour la télévision est créée, mettant en vedette Bill Bixby dans le rôle du Dr Banner et Lou Ferrigno dans celui de Hulk. Pour des raisons sociales et pratiques, le Hulk de la série est moins fort et beaucoup plus petit (sans rien enlever à monsieur Lou Ferrigno!), et il est capable de faire la différence entre le bien et le mal. Aussi, encore une fois pour des raisons sociales, le Dr Banner n'est plus un physicien, mais plutôt un biologiste (nettement moins brillant...) et ses expériences portent sur la régénérescence des tissus, mais toujours avec des rayons gamma. Son nom change aussi pour Dr David Bruce Banner. Bref des changements significatifs, mais sans importance pour la nature de l'émission.
Comme on a pu l'observer avec Spider-Man, X-Men 2 et Daredevil, les studios profitent des sorties en salle de ces films pour rééditer sur DVD d'anciennes émissions télévisées avec les mêmes personnages. Fox en profite donc pour sortir "Death of the Incredible Hulk", le film tourné pour la télévision qui clôt (dix ans plus tard!) la populaire série télévisée de 1977. Ce film est réalisé par nul autre que Bill Bixby, celui-là même qui incarne le rôle de David Banner dans la série.
Dans ce dernier épisode, David Banner travaille comme employé d'entretien dans un centre de recherche gouvernemental où, dès le soir venu et le complexe désert, il se rend secrètement au laboratoire du Dr Pratt (Philip Sterling) pour continuer ses travaux sur la régénérescence des tissus. Il espère ainsi pouvoir guérir sa condition et se débarrasser à tout jamais de son alter ego. Bien vite, il se révèle au Dr Pratt, et tous deux continuent ensemble les recherches. Mais David n'est pas le seul intéressé aux projets du Dr Pratt; un groupe de criminels étrangers tente aussi de dérober ses secrets. S'alliant avec l'espionne de ce groupe (Elizabeth Gracen), elle-même trahie par ses patrons, David réussira à sauver la vie du Dr Pratt, non sans y laisser la sienne.
Mis à part les dérogations évidentes à la bande dessinée, on note aussi de multiples erreurs de continuité avec la série elle-même. Ne serait-ce que la mort de Hulk; après tout ce qu'il a enduré pendant les épisodes précédents, une chute du genre ne devrait pas causer de problème, surtout avec sa facilité à guérir ses blessures. Il est possible d'expliquer cette étrange mort par le fait que les producteurs prévoyaient faire une suite, mais la mort abrupte de Bill Bixby est venue mettre un terme à ces projets. Le scénario lui-même est relativement décousu. Cette passion avec l'espionne est totalement hors propos, et ne mène à rien; soudainement, David n'est plus du tout intéressé à être guéri, et est prêt à tout abandonner pour les beaux yeux de cette femme. Par contre, les éléments distinctifs de la série sont bien présents; les plans de caméra sur les yeux de David lors de sa transformation, la gestuelle caractéristique de Hulk, les ralentis lors des déplacements de ce dernier, etc. Un seul grand absent (causant aussi des problèmes de continuité): le journaliste McGee, celui qui avait découvert l'identité de Hulk. Pour ce qui est des décors, on a la nette impression que tout a été fait à la va-vite, sans souci du détail; ce manquement empêche réellement une pleine appréciation du film. La musique n'aide pas non plus; on dirait un racolage, sans aucun souci de suivre l'action qui se déroule à l'écran. En combinant tous ces petits éléments, on trouve la fin de cette série bien décevante. Notons aussi un petit fait divers; dans la série de comics qui est présentement publiée, le principal antagoniste de Hulk est un certain Agent Pratt; coïncidence ou hommage?
La qualité vidéo laisse grandement à désirer, principalement à cause du matériel source. On observe beaucoup de grains (résultant en de sérieux problèmes de compressions) et les couleurs, sans jamais être précises, sont délavées. Les noirs sont quant à eux plutôt gris, et bloquent fréquemment sur de grandes surfaces. La piste audio sur le DVD est l'originale mono. Elle est en général étouffée et imprécise, avec un très faible dynamisme en fréquence et en intensité. Les dialogues sont sourds, mais toujours bien distincts, par-dessus l'insipide musique.
Comme suppléments on nous propose uniquement les bandes-annonces de d'autres films contemporains de superhéros. Les menus du DVD sont statiques, sans musique, avec simplement le dessin qui orne la couverture du DVD en arrière-plan (dessin qui semble être de Richard Corben).
Bref, le but de ce DVD étant de profiter de la sortie en salle du film Hulk pour faire un "coup d'argent", on comprend l'attention minimale qui a été apportée à sa création. Néanmoins, quelques suppléments auraient été les bienvenus, notamment des interviews de Lou Ferrigno, ce qui aurait permis de compenser pour la mauvaise qualité du transfert.
| Film | 5 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |