Dès son entrée de jeu, le comédien Sylvester McCoy n'aura pas eu la tache facile. Septième acteur à prendre la peau du Docteur dans la série de science-fiction jeunesse Doctor Who, McCoy hérita en 1989 du rôle convoité au moment où les choses allaient de mal en pis pour la série. En effet, après avoir été menacée d'extinction deux ans auparavant par le directeur de la programmation de la BBC, faute de bonnes cotes d'écoute, la série connut un sursis avec Colin Baker dans le rôle-titre. Puis on menaça de nouveau d'y mettre fin si on ne trouvait pas un autre comédien capable de faire mieux auprès du public.
Arriva alors Sylvester McCoy, un comédien écossais ayant fait sa marque dans des émissions humoristiques pour enfants. Il réussit à tenir le coup le temps de trois saisons, de 1987 à 1989 avant de voir les dirigeants de la chaîne publique britannique lui couper l'herbe sous le pied en annulant définitivement la série. Et bien que sa version du légendaire voyageur spatio-temporel ne soit pas la plus populaire, avec le recul, son personnage gagne à être redécouvert. D'autant plus que certains de ses scénarios demeurent parmi les plus bizarres des cent cinquante quelques écrits lors des premiers 26 ans de la série.
Et "Paradise Towers", le deuxième épisode de McCoy ne fait pas exception à cette règle. Bien que ce ne soit pas le meilleur de McCoy, ça reste un des plus étranges qu'on ait filmé. Le Docteur et sa compagne de voyage Mel (Bonnie Langford) se posent dans une tour d'appartements chics pour se reposer un peu et pour permettre à Mel une petite baignade relaxante. Mais le complexe de Paradise Towers n'est pas tout à fait comme sur la brochure publicitaire. En fait, tout est plutôt délabré. Et les quelques pensionnaires sont à la fois inhospitaliers et violents. Pris entre de petites vielles cannibales, des gangs de jeunes filles rebelles patrouillant les couloirs et un service de conciergerie mortel, le Timelord et Mel tenteront de survivre assez longtemps pour rencontrer l'architecte responsable du projet et lui poser quelques questions. Mais ce dernier semble peu intéressé à rencontrer qui que ce soit ... vivant!
Outre le look années 80, les effets spéciaux minimes et le jeu irritant (la voix surtout) de Bonnie Langford, "Paradise Towers" est un épisode tout à fait amusant de la série. L'étrangeté des lieux et de ses habitants, les aventures excentriques et meurtrières se déroulant dans la tour nous permettent de passer un bon moment avec cette nouvelle mouture du Docteur. On est bien loin des grands épisodes de la série, mais considérant le moment difficile pour la série à l'époque, cet épisode s'en tire très bien.
Au niveau audiovisuel, on s'est fendu en quatre pour améliorer la qualité des bandes originales. Les couleurs vidéo de l'époque ont été bien travaillées et sont maintenant vives et bien saturées, les contours sont précis et les contrastes superbes. Le son a aussi été retravaillé, lui donnant plus d'ampleur et de chaleur et en en éliminant ainsi aussi les impuretés. La trame musicale est cependant un peu trop saturée de hautes fréquences (un signe des temps) qu'on aurait pu atténuer un peu pour la sortie DVD.
En suppléments, comme toujours, on a été plus que généreux. En plus des commentaires optionnels de l'actrice Judy Cornwell, du scénariste Stephen Wyatt et du concepteur musical Dick Mills (modérés par Mark Ayres), on retrouve une revuette assez complète sur le tournage de l'épisode, une autre sur les rôles des compagnes de voyage féminines dans les années 80 avec Sophie Aldred (Ace), Janet Fielding (Tegan) et Sarah Sutton (Nyssa) et une courte vignette sur le processus ayant résulté dans le choix de Sylvester McCoy pour remplacer Colin Baker. On a aussi inclus quelques scènes retranchées ou allongées, une trame musicale inédite optionnelle, une galerie de photos, une option de sous-titres contenant des notes de production et diverses coupures de journaux disponibles en DVD-ROM.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |