Pour les amateurs de la série de science-fiction britannique Doctor Who, comme peut-être pour les fans des films de James Bond chaque changement de comédien est attendu à la fois avec curiosité et appréhension. Mais puisque depuis ses débuts en 1963 on en est tout de même rendu au onzième acteur dans la peau du personnage principal - et ce si on ne compte pas les nombreux "imposteurs" comme Peter Cushing qui personnifièrent le personnage au fil des ans dans diverses pièces de théâtre, films, radio théâtres ou autres sketches et parodies - les amateurs commencent sûrement à s'habituer au processus de régénération du Doctor. On entend par régénération l'explication narrative assez astucieuse qu'on a trouvée pour expliquer les différents changements de comédiens en prétendant que le Time Lord possède plusieurs vies et que lors qu'il meurt, il renaît en fait sous une autre forme et avec une personnalité différente.
Le coffret de la cinquième saison de la série de science-fiction britannique Doctor Who qui arrive sur les tablettes à temps pour les cadeaux de Noël nous présente donc un onzième visage pour le fameux voyageur spatio-temporel. Cette fois-ci on a opté pour Matt Smith, un comédien très jeune et assez talentueux. Non pas que ses prédécesseurs depuis la "renaissance" de la série en 2005 n'aient pas été jeunes, mais Smith bas tous les records. En fait, depuis Peter Davison, le cinquième Docteur qui tint le rôle de 1982 à 1984, aucun comédien n'avait été aussi jeune. Mais nouvelle époque, nouvelle formule, alors pourquoi pas.
Le onzième Doctor, mélange de super héros sur de lui, de bouffon pince-sans-rire et de chef caractériel - en fait, je dirais qu'il se rapproche le plus du Doctor de Colin Baker qui fut sa sixième incarnation de 1984 à 1986 - est rejoint cette fois-ci dans sa capsule spatio-temporelle par une autre jeune et jolie compagne de voyage, Amy Pond (Karen Gillan), ainsi que par le copain un peu perdu de cette dernière. Au cours des treize épisodes de la cinquième saison, il rencontrera de nouveau de vieux ennemis comme les Daleks ou les Silurians, sera confronté à son futur incertain, interviendra dans la vie de personnages historiques connus comme Winston Churchill ou Vincent Van Gogh et devra sauver la planète Terre et l'univers quatre ou cinq fois. La routine habituelle quoi!
Une fois qu'on s'habitue à la nouvelle personnalité du Doctor, on retrouve des histoires assez classiques et assez peu originales. En fait on a souvent l'impression de revoir des bribes d'épisodes des années David Tennant avec des personnages plus jeunes. Et puis l'outil miracle, la baguette magique du Doctor, son tournevis sonique, prend encore plus d'importance que par le passé. Il a maintenant toutes sortes de fonctions guerrières, de scans, de collecte d'information, etc. Il ne se passe pas cinq minutes sans que ce gadget entre en fonction pour sortir les personnages d'un mauvais pas. C'est amusant parfois, mais ça devient un peu facile au niveau de l'écriture des scénarios.
Cela dit, on retrouve l'ambiance dynamique et assez humoristique que la série version 21e siècle a toujours eu, avec de bons dialogues, de l'action à profusion, des décors, des costumes et des effets spéciaux crédibles, des monstres et nouveaux personnages intéressants et un nouveau modèle impressionnant du TARDIS, la capsule spatio-temporelle du Time Lord. On croirait même que ce nouveau design est emprunté au Brazil de Terry Gilliam avec son mélange de vieilleries.
Plusieurs des épisodes sont doubles, c'est-à-dire qu'on a deux épisodes pour une histoire. Et tout au long de la saison, on retrouve de petits indices ou des énigmes qui culmineront lors de la finale composée des épisodes douze et treize. Cette dernière tendance étant aussi quelque chose qui n'était pas dans la série dite classique (1963 à 1989), mais qu'on retrouve à profusion dans la version moderne de Doctor Who. C'est une trouvaille qui permet de lier tous les épisodes d'une saison (ou de plusieurs) et qui donne une trame plus vaste aux histoires individuelles.
En résumé, une fois qu'on accepte le nouveau comédien tenant le rôle principal, le reste de la série est tout à fait satisfaisant. Quelques épisodes sont plus captivants que d'autres, mais sommes toutes le niveau est assez bon. Et puisqu'on voit une amélioration dans la personnalité du Doctor, on se dit que la prochaine saison sera encore meilleure si les scénaristes gardent le cap.
Visuellement, le traitement de l'image est assez beau avec les détails précis et les contours bien définis. Le "look" assez contrasté de l'univers de Doctor Who est bien rendu avec une belle palette de nuances ocres et bleues. Pour l'audio, on retrouve une ambiance chaleureuse avec une bande-son précise.
En suppléments, on retrouve quelques scènes retranchées, treize épisodes de la série de revuettes sur les tournages de chaque épisode, "Doctor Who Confidential", quelques prises alternatives de scènes existantes, un journal vidéo de Matt Smith en trois parties, des commentaires audio pour certains épisodes ainsi que des fiches techniques sur certains des monstres présents dans la série. De plus, le coffret contient quelques cartes postales des principaux personnages de la saison.
| Film | 8 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |