Dans les années 70, au début du moins, les producteurs de la série Doctor Who avaient cru bon d'allonger la durée des épisodes à segments au lieu du traditionnel quatre parties. Il est vrai que précédemment la série avait connu des exceptions à cette règle avec quelques épisodes en deux, cinq, six, huit ou même dix parties, mais la règle de base était tout de même quatre segments de 25 minutes. Le comédien Jon Pertwee, le troisième à tenir le rôle titre, eut la chance de voir la majorité de ses épisodes passer de quatre à six segments, ce qui lui donnait (aux scénaristes en fait) la chance d'avoir des histoires un peu plus complexes, avec plus de personnages et plus de temps pour les développer.
Bien que certains de ces épisodes soient un peu long - c'est là qu'on s'aperçoit que le format quatre segments a aussi ses bons côtés - ce n'est pas le cas de l'excellent "The Mutants" diffusé en 1972. Les 145 minutes que dure l'épisode sont bien utilisées et les différents détails de cette histoire très politique prennent leur essor avec les cinquante minutes extra. De plus, il est intéressant de voir la série prendre un tournant plus humanitaire où pour une fois les humains sont les colonisateurs et les extra-terrestres sont les opprimés.
Écrite par Bob Baker (co-créateur des Cybermen) et Dave Martin, cette histoire est pour moi une des plus intéressantes de l'époque Pertwee. Outre le côté politique déjà mentionné, la beauté des décors de la planète Solos et les créatures mutantes (ainsi que leur forme finale) et la réalisation compétente rendent cette histoire des plus captivante. Je sais que pour certains amateurs de la série, il y a un peu trop de dialogues et pas assez d'action, mais compte tenu du fait que Doctor Who était avant tout une série pour les jeunes, c'est toujours intéressant lorsque les adultes ont un peu plus de matière à se mettre sous la dent.
Le Docteur reçoit un message des Time Lords et doit se rendre sur la station orbitale Skybase One en orbite autour de la planète Solos. Comme c'est la veille de l'indépendance pour les habitants mutants de Solos, le Docteur se demande bien ce que son peuple peut bien avoir en tête. Mais lorsque le gouverneur est assassiné avant de pouvoir proclamer la souveraineté de la planète et que le chef de la sécurité prend le contrôle des opérations, le voyageur spatio-temporel doit s'en mêler. Surtout lorsqu'il découvre que les terriens expérimentent sur la planète dans le but de la rendre viable aux humains et par le fait même mortelle aux indigènes...
En suppléments, on retrouve la traditionnelle revuette sur le tournage de l'épisode, avec des entrevues des comédiens (du moins ceux qui sont encore en vie!), du producteur et de diverses personnes impliquées dans la production, le tout entrecoupé de quelques séquences de cet épisode divisé en six parties de vingt-cinq minutes chacune. Il y a aussi une table ronde modérée par Nicholas Pegg participant à la piste de commentaires audio optionnels. On y retrouve les acteurs Katy Manning (Jo Grant), Garrick Hagon (Ky), le réalisateur Christopher Barry, le superviseur de scénario Terrance Dicks, le coscénariste Bob Baker, le bruiteur Brian Hodgson et le directeur artistique Jeremy Bear. On a aussi inclus un documentaire narré par Noel Clarke (le second compagnon du dixième docteur de la série 2006) sur la présence des acteurs noirs dans Doctor Who et à la télévision anglaise en général ainsi qu'une entrevue du designer de costumes de Doctor Who et gagnant d'un Oscar, James Acheson. On retrouve aussi une galerie de photos, des notes de production en option sous-titres et un contenu DVD-Rom qui contient quelques coupures de journaux commentant l'épisode à sa sortie.
Pour la qualité audio-vidéo, on a fait un excellent travail de restauration pour le transfert DVD. Des bandes vidéo et des extraits 16mm (qu'on utilisait pour les extérieurs) de l'époque on a réussi à améliorer grandement le look en corrigeant beaucoup de défauts comme les couleurs ternes, la définition manquant de netteté ou les contours mal définis. On a aussi amélioré le son général en filtrant adéquatement beaucoup de bruits de fond et en augmentant la définition des fréquences, ce qui rend les dialogues et les ambiances plus croustillants à l'oreille.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |