Bien que la prémisse de base de la série Doctor Who soit la capacité du personnage principal à voyager à sa guise dans le temps et l'espace, il est bien rare de voir le Docteur revenir sur des lieux où il est déjà passé. On fait régulièrement référence dans les dialogues au fait que le voyageur spatio-temporel ait déjà rendu visite par le passé (ou le futur!) à la planète sur laquelle il se trouve, comme dans Meglos ou The Monster of Peladon, mais on ne le montre que rarement. L'épisode de 1966, "The Ark", mettant en vedette William Hartnell fait par contre exception à cette règle.
Bien que divisée en quatre parties de 25 minutes, cette aventure est en fait scindée en deux segments. Les premières 50 minutes nous montrent le premier Docteur et ses compagnons Steven (Peter Purves) et Dodo (Jackie Lane) arrivant sur un vaisseau spatial au 51e siècle, véritable arche de Noé transportant le patrimoine génétique de la Terre mourante. À bord du vaisseau faisant route vers leur terre d'accueil, Refusus, se trouve aussi une race de créatures extra-terrestres muettes qui servent les humains, les Monoïds. L'équipage du Tardis amène malheureusement avec lui un simple virus de rhume contre lequel ni les derniers humains ni leurs amis Monoïds ne sont immunisés. Quand plusieurs individus des deux races sont infectés, les voyageurs sont accusés et condamnés. Le Docteur devra vite trouver un remède s'il veut sauver sa vie et celle de ses compagnons.
Dans le segment suivant, les trois compagnons de voyage reviennent sur le vaisseau sept-cents ans après leur première visite. L'astronef approche finalement de Refusus et la population animale et végétale terrienne pourra être sauvée. Sauf qu'au grand étonnement du Docteur, l'Arche est maintenant sous le contrôle des Monoïds qui ont réduit les Humains en esclavage. De plus, à leur arrivée sur Refusus, les créatures ont l'intention de se débarrasser des banques d'ADN humain et de coloniser seuls la nouvelle planète. Le Seigneur du Temps devra donc enrayer les plans machiavéliques des Monoïds, sauver les Humains et prévenir les habitants de Refusus du danger qui les menace...
Je ne crois pas que cet épisode de Doctor Who soit particulièrement apprécié des amateurs. Les Monoïds sont de bien drôles de créatures et ne semblent pas faire de bons "méchants". Mais personnellement "The Ark" est un de mes épisodes favoris de la première mouture (1963-66) de la série de science-fiction. La notion de la Terre vivant ses derniers instants sous la chaleur grandissante de l'étoile Sol, la nécessité de préserver sa faune et sa flore sous forme de cellules entreposées dans des cabinets spéciaux, le questionnement philosophique quant à l'utilisation d'une race intelligente comme serviteurs, le revirement de situation, la notion d'invasion d'une nouvelle planète versus la cohabitation, le virus bénin pour certains, mais létal pour d'autres et bien d'autres éléments en font une histoire fascinante. On peut à la fois apprécier son suspense et se laisser divertir et se questionner sur la morale des uns et des autres. Et il est bien vrai que beaucoup d'éléments semblent tirés de H.G. Wells, mais ils sont ici habilement intégrés.
Bref une belle fable de l'avenir de l'Être humain et de notre relation à notre environnement et à nos prochains.
Pour la qualité audio-vidéo, on a fait un excellent travail de restauration pour le transfert DVD. On a réussi à améliorer les contrastes du noir et blanc, à nettoyer l'image et à aider à fixer les contours. Pour le son, la technologie de l'époque a pu aussi être aidée grâce à un travail de modernisation de la bande son.
En suppléments, on retrouve un commentaire audio optionnel de Peter Purves (Steven), du réalisateur Michael Imison et d'un écrivain fan de Doctor Who, Toby Hadoke. Il y a aussi une revuette sur les liens entre la série et l'univers de l'auteur de science-fiction H.G. Wells (que le Doctor rencontre incidemment dans l'épisode Timelash), une autre sur ce qui différencie les monstres populaires et ceux qui, comme les Monoïds, n'auront connus qu'une seule apparition au cours des décennies de Doctor Who. La dernière revuette met en vedette Peter Purves qui revient après plus de 40 ans aux studios Riverside à Hammersmith, lieu où furent tournés quantités d'épisodes de la série dans les années 60. Pour terminer, on retrouve la galerie photo habituelle, des notes de production optionnelles en sous-titres et des coupures de journaux en format PDF (DVD-ROM).
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |