Vers le milieu des années 80, la série "Doctor Who" était en pleine crise. Non seulement les cotes d'écoute étaient en chute libre, mais l'émission de science-fiction s'était retrouvée à cause de sa violence de plus en plus explicite sur la liste de censure de Mary Whitehouse, une espèce de croisée chrétienne qui voulait assainir la télévision britannique et entendait bien torpiller tous les programmes douteux qui pouvaient nuire à la droiture morale du bon peuple. Or bien que cette illuminée de droite n'eut pas tant de supporteurs, son poids politique était assez grand pour qu'une institution comme "Doctor Who" qui était en onde depuis 1963 se retrouve sous les feux de la rampe. Débats dans les chaumières, débats à la télévision, débats sur la place publique et surtout débats dans les bureaux de la BBC. Ce qui se termina par la décision du chef de la programmation de la station, en 1986, de retirer la série des ondes. Or après la tohu complète et des protestations véhémentes des fans tout azimut de la série, ce dernier donna une dernière chance au bon Docteur à deux conditions. Premièrement, changer de comédien et deuxièmement y aller mollo avec la violence, la série étant après tout une émission pour enfants.
Donc, après une pause de quelques mois, la nouvelle mouture de "Doctor Who" arriva sur les ondes en septembre 1987. "Time and the Rani" en fut le premier épisode. Exit Colin Baker et bonjour Sylvester McCoy. Mais malheureusement pour ce dernier, son entrée en scène allait être un peu ratée. En effet, le réseau n'avait même pas pris la peine d'engager le comédien précédent pour faire une séquence de régénération correcte, mais avait cru tromper tout le monde en nous montrant dès les premières secondes un comédien de dos avec les mêmes vêtements et une perruque blonde bouclée qui se métamorphosait précipitamment en Sylvester McCoy. Tout ça sans bonne raison si ce n'est l'abduction du TARDIS par une vieille ennemie du Docteur, une Timelady rebelle, La Rani.
Mais non seulement la transition habituellement sacrée entre deux époques (ou deux comédiens) de la série était bâclée, mais le scénario du premier épisode était aussi assez ordinaire. En fait, de mémoire, il reste un des pires sur les douze ou quinze que tourna McCoy. Si on y a joute la présence de Bonnie Langford dans le rôle de la compagne du Docteur Mel, la plus irritante de tous les compagnons qui voyagèrent avec le Seigneur du Temps en 35 ans, on a la recette parfaite pour une catastrophe galactique!
Mais si on passe outre tous ces irritants et qu'on se dit que c'est Doctor Who quand même et que ce ne peut qu'être bon (!!!), on réussit à s'amuser malgré tout lors du visionnement. La présence de Kate O'Mara, une habituée des films d'horreur de la Hammer des années 70, dans le rôle de la méchante Rani est définitivement un plus. Comme le sont les décors, les maquillages et les créatures ultra-kitch aux looks "new wave" des années 80. La musique aux accents de synthétiseurs et les effets spéciaux vidéo typiques à cette époque nous permettent aussi de nous bidonner un bon coup et de nous divertir avec notre héros favori.
La Rani attire le TARDIS et le Docteur sur la planète Lakertia et l'emprisonne avec un groupe des meilleurs penseurs de l'univers, dont Albert Einstein. Elle profitera du fait que le voyageur spatio-temporel est faible et désorienté suite à sa nouvelle régénération pour se faire passer pour Mel, l'assistante du Docteur et pour forcer ce dernier à l'aider dans son plan diabolique. Le Timelord s'apercevra-t-il à temps de la supercherie et réussira-t-il à sauver la vraie Melanie et l'Univers par le fait même?
En suppléments, on retrouve un commentaire audio de McCoy, Bonnie Langford et des deux scénaristes Pip et Jane Baker, une entrevue d'époque avec les trois acteurs principaux, une revuette sur cette époque précaire pour la série, une sur les effets spéciaux avec une longue entrevue du créateur de ces effets, une autre sur les décors de la planète Lakertia, une entrevue de Kate O'Mara, une galerie de photos, un extrait de Blue Peter ou on présente le nouveau Doctor, des notes de production en option sous-titres et un contenu DVD-Rom contenant quelques coupures de journaux commentant l'épisode à sa sortie.
Pour la qualité audiovisuelle, on a fait un excellent travail de restauration pour le transfert DVD. Des bandes vidéo on a réussi à améliorer grandement la qualité en corrigeant beaucoup de défauts comme les couleurs trop chargées, la définition vidéo agaçante ou les contours passablement mal définis. On a aussi amélioré le son global en filtrant adéquatement beaucoup de bruits de fond et en augmentant la définition des fréquences, ce qui rend les dialogues et les ambiances généralement plus intéressantes.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |