Dans la longue histoire de la série de science-fiction britannique culte Doctor Who, très peu d'épisodes ont un lien narratif entre eux. En fait, avant la trilogie du Gardien Noir ("The Black Guardian Trilogy" dont il question ici, outre la série de six épisodes The Key to Time où le quatrième Docteur et son assistante Romana partaient à la recherche des six segments de la clé du temps et la trilogie située dans l'univers parallèle de l'Espace-E (The E-Space Trilogy), aucun autre épisode n'avait jusqu'alors fait partie d'une suite logique. Il faut croire que le concept connut un certain succès auprès des amateurs puisqu'on récidiva pour Colin Baker et son procès de quatre épisodes, The Trial of a Time Lord.
Or donc, sort en DVD ces jours-ci, l'intégrale de la trilogie mettant en vedette Peter Davison dans le rôle du cinquième Docteur aux prises avec un nouveau compagnon de voyage, Vislor Turlough (Mark Strickson), un extra-terrestre à apparence humaine qui, sous l'influence maléfique du Gardien Noir, tentera de l'assassiner à plusieurs reprises! Le deuxième volet de la trilogie, "Terminus", marquera aussi le départ de Sarah Sutton dans le rôle de Nyssa, la jeune scientifique orpheline de la planète Traken qui était montée à bord du Tardis lors d'un des derniers épisodes de Tom Baker dans le rôle du Docteur, The Keeper of Traken. Nyssa, qui contrairement aux jeunes filles accompagnant le Docteur habituellement, pouvait réfléchir par elle-même, piloter la capsule spatio-temporelle, comprendre le jargon technique, suivre les raisonnements logiques du Docteur et ne criait pas "Au Secours" à chaque trente secondes, s'avéra une des assistantes les plus populaires pour Davison.
Ce coffret est donc composé des épisodes "Mawdryn Undead", "Terminus" et "Enlightenment" qui furent diffusés en 1983. Trois excellents épisodes, quoique parfois un peu bizarres pour les amateurs préférant des histoires plus simples et moins étranges. Dans le premier volet, le Docteur et ses compagnons Nyssa et Tegan se retrouvent séparés dans le temps et chacun des groupes rencontre un vieil ami du Docteur, le Brigadier Lethbridge-Stewart (Nicholas Courtney), l'un en 1977 et l'autre en 1983. Les amis et les deux incarnations du Brigadier se retrouveront à bord d'un vaisseau errant dans l'espace et habité par une race de mutants mis en exil éternel par les Time Lords, la propre race du Docteur. Ce dernier devra à la fois les aider à mourir, retourner le Brigadier sur Terre et empêcher Turlough de le tuer pour le compte du Gardien Noir. Gros programme!
Dans "Terminus", le Tardis se pose sur une station spatiale au milieu de l'Univers et Nyssa contracte un virus. Peu de temps après les compagnons réalisent que Terminus est en fait une colonie de lépreux laissée à elle-même, mais que des événements de son passé sont reliés à la formation de l'Univers actuel. Tout irait pour le mieux et le Docteur trouverait sûrement un remède à la maladie, mais la station est sur pilote automatique et explosera bientôt, détruisant le cosmos tel qu'on le connaît. Et puis Turlough a toujours en tête de remplir sa part du marché fait avec le Gardien Noir et de tuer le Docteur pour pouvoir regagner sa planète et mettre fin à son errance sur Terre...
Après avoir laissé Nyssa à bord de la station Terminus, les trois compagnons restants se posent à bord d'un yacht de course du 19e siècle. Or il s'avère que ce bateau est en fait un vaisseau spatial prenant part à une course galactique menée par des créatures éternelles et dangereuses qui n'arrêteront à rien pour gagner le prix final, la connaissance ultime. Le Docteur devra donc survivre à la fois aux manoeuvres de Turlough et à celles de ses mystérieux hôtes pour qui la vie de simples mortels, les éphémères comme ils les nomment, n'a aucune valeur devant le plaisir de la victoire...
Il s'agît ici d'épisodes assez intéressants quoique plutôt sombres au final. Le personnage de Turlough, agressif et peureux, semble au début un peu en trop et perturbe l'équilibre dans le Tardis, mais à la longue, sa bataille contre sa conscience et son désir de lutter contre le Gardien deviennent assez centraux à cette trilogie et relient assez bien les épisodes de quatre parties chacun. Il est vrai que la perte de Nyssa est plutôt triste, mais Turlough ne restera finalement que le temps d'une saison et laissera finalement sa place à la pulpeuse Nicola Bryant dans le rôle de Peri Brown.
En suppléments, on retrouve les traditionnelles revuettes sur le tournage des épisodes, avec des entrevues des acteurs, des réalisateurs, scénaristes, producteurs et de divers techniciens impliqués dans la production, le tout entrecoupé de quelques séquences des épisodes. Il y a aussi des commentaires optionnels de Peter Davison, Sarah Sutton, Mark Strickson, Nicholas Courtney ainsi que des réalisateurs et scénaristes pour chaque épisode , des galeries de photos, des notes de production en option sous-titres ainsi qu'un contenu DVD-Rom contenant quelques coupures de journaux, des plans des décors, des scénarimages, et autres bébelles.
On retrouve aussi de nombreuses revuettes sur chaque disque. Pour "Mawdryn", on a droit à une entrevue de Nicholas Courtney, pour "Terminus" une discussion entre deux astrophysiciens sur les origines de l'Univers et pour "Enlightenment", une sur la scénariste de Barbara Clegg, une autre sur l'histoire des Gardiens et deux autres sur les acteurs Mark Strickson et Sarah Sutton. On retrouve de plus pour les trois histoires, la possibilité de visionner l'épisode avec des effets visuels modernes, d'écouter la musique seulement, de regarder des scènes retranchées ou étirées et les scénarimages des effets visuels ou des effets de maquettes. Le clou des suppléments reste tout de même l'inclusion d'un disque avec un nouveau montage continu pour la dernière des trois histoires, où la réalisatrice a pu remanier "Enlightenment" et en refaire les effets visuels tout en recadrant le tout en 16:9 à la manière de la série de Doctor Who actuelle. Bien que l'épisode soit sensiblement plus jazzé que l'original, il reste que la composition des cadrages 4:3 de l'époque ne se prête pas toujours à une vision plus rectangulaire. Intéressant tout de même de voir ce qui aurait pu être si...
Pour la qualité audiovisuelle, on a fait un excellent travail de restauration pour le transfert DVD. Des bandes vidéo, on a réussi à améliorer grandement la qualité en corrigeant beaucoup de défauts comme les couleurs trop saturées, la définition vidéo artificielle ou les contours passablement mal définis. On a aussi embelli le son général en filtrant adéquatement beaucoup de bruits de fond et en précisant la définition des fréquences, ce qui rend les dialogues et les ambiances globalement plus intéressantes.
| Film | 9/9/8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |