En 1962, Sydney Newman, qui était à la tête de la section dramatiques de la BBC, avait de besoin d'une série familiale pour mettre dans une case horaire libre. Voyageant dans une machine temporelle nommée T.A.R.D.I.S. (Time And Relative Dimensions In Space), le "Docteur" (un Time Lord - un extra terrestres aux allures humaines) commença ses voyages le 23 novembre 1963 en allant 100000 ans dans le passé pour aider à la découverte du feu. Cette série télévisée extrêmement populaire a durée 38 ans! Huit acteurs ont incarné le fameux Docteur durant toutes ces années (car le docteur pourrait se réincarner après sa mort). Bien sûr, quelques années plus tard, les studios de cinéma britanniques voulaient produire le même effet au cinéma. Un film "Dr.Who" par année!
Et bien, cela n'a pas eu le succès espéré. Les fans du "Docteur" préféraient la version télévisée de celui-ci. En effet, la version cinéma était très différente car les acteurs de la télévision étaient déjà très chargés avec leurs 48 semaines de tournage par année. Oui, la version cinématique n'a pas eu le même succès mais a quand même eu assez de succès pour avoir une suite.
Le Dr.Who cinématique n'était pas un extra terrestre mais plutôt un vieil inventeur accompagné de sa petite fille très intelligente. Dans la version télévisée, le personnage principal était nommé "The Doctor" parce que ses compagnons n'étaient pas capables de prononcer son nom alors qu'il s'appelle vraiment Dr.Who dans les films sans vraiment de raison. Contrairement à la série où le T.A.R.D.I.S. a été volé par le "Docteur", celui du cinéma a été construit par Dr.Who. Le principe du véhicule reste le même : une boîte téléphonique de police dont l'intérieur est d'une immensité déconcertante (dans l'original il y avait à l'intérieur une très large salle de costumes, une bibliothèque, des jardins, une piscine, deux salles de contrôle et j'en passe!). Malgré tous ces changements, le film reste fidèle au concept et l'esprit de la série.
Dans les deux films, les seuls ennemis du Docteur qui ont été tirés de la série sont les Daleks. Originalement, il n'était pas supposé d'y avoir de monstres à un œil dans la série mais Terry Nation les a créé quand même, doublant du même coup l'audience de la série. C'était un grand pas dans la bonne direction, un peu comme les Borgs qui ont donné du pep à Star Trek: The Next Generation à la fin de la troisième saison. Le site de la BBC relate que ce fut le premier boom de marketing de la BBC… Tous les enfants voulaient un jouet Dalek… C'était les Teletubbies des années soixante! Ils sont tellement populaires que la définition des Daleks est dans le dictionnaire Oxford. Il était donc évident que ces créatures se retrouveraient dans le film. Les Dalek sont des créatures très fragiles qui sont enfermées dans des armures rondes en métal avec un gros œil, une paire de pinces et un canon. Ils se déplacent en roulant et parlent très lentement avec une voix très rauque (imaginez comment c'est long un dialogue entre deux de ces bibittes!).
Dans le film "Dr.Who and the Daleks", Dr.Who (en compagnie de sa brillante petite fille Suzan) fait visiter sa machine à voyager dans le temps à son autre petite fille Barbara et son petit ami Ian. Par inadvertance, Ian et Barbara ont démarré le processus de voyage dans le temps et nos quatre personnages se sont retrouvés sur la planète Skaro. Ils y découvrent une race d'humanoïdes très paisibles nommé Thals. Ils sont assiégés par les méchants Daleks. La première expérience de l'équipe du Dr.Who avec les Daleks est moins facile qu'avec les Thals. Dr.Who s'offre à défendre les Thals en trouvant les faiblesses de Daleks.
Le casting du film est excellent. Tout d'abord, il y a Peter Cushing, le maître des films Hammer mieux connus dans son rôle dans Star Wars en tant que Grand Moff Tarkin. Nous l'aimons dès le premier instant du film lorsqu'il lit la section des comiques du journal alors que sa petite fille lit un livre de physique! Cette dernière, jouée par Roberta Tovey, est impressionnante. Elle est l'intelligence même du film. Roy Castle fournis au film ses moments comiques. L'histoire elle-même est très simplette mais bien divertissante.
Dans le film "Daleks' Invasion Earth 2150 A.D.", Dr.Who s'en va à Londres en 2150 mais juste au moment de partir un policier blessé entre dans le T.A.R.D.I.S. pensant, bien sûr, que c'était une boîte téléphonique. Mais Londres du futur est en ruine. Dr.Who, sa nièce Louise, sa petite fille Suzan ainsi que le policier Tom Campbell explorent les environs pour découvrir que les Dalek ont envahi la terre. La banlieue de Londres est utilisée pour miner la terre mais pour quelle raison… Le Dr.Who veut le découvrir afin de les détruire. Mais problème… leur faiblesse de l'autre film semble avoir été résolue.
Cette histoire est empruntée à l'épisode du même nom de la série télévisée. Encore une fois, l'histoire est mince mais bien développée. La façon de détruire les Dalek est vraiment stupide. Leur envoyer des bombes ne les détruit pas mais leur mettre une couverte sur la tête et les faire pivoter sur le dos les fait exploser. L'ajout de la soucoupe volante des Daleks est une intéressante et permet d'avoir un décor différent des ruines. Personnellement, je trouve que cette suite est bien meilleure et plus excitant que l'originale mais les grands fans de la série télévisée n'ont pas vraiment apprécié le film. Encore une fois, le casting est superbe. Roberta Tovey et Peter Cushing son bien sûr là et il y a Bernard Cribbins qui ajoute l'élément comique et Jill Curzon qui ajoute l'élément "fille cute".
Ces deux films sont reconnus par les fans comme étant les premières instances de Dr.Who en couleur! La série télévisée fut diffusée en noir et blanc jusqu'en 1970. Le réalisateur en a donc mis plein la vue aux fans en Technicolor avec des Daleks colorés pour indiquer leurs rangs ainsi que des décors éclairés de façon à donner la chair de poule. Il y a aussi la technologie du Techniscope qui fut utilisée dans ce film. Ce procédé permet de tourner un projet en panoramique sans l'utilisation de lentilles anamorphique (très coûteuses à l'époque). Chaque image du film était conservée sur deux perforations de négatif au lieu des quatre perforations habituelles. Cela économisait la bande de film mais était plus compliqué à développer. Il était possible de visionner le produit final avec de l'équipement anamorphique standard (dont les cinémas étaient déjà équipés) avec une meilleure qualité que le produit que ce procédé tentait d'émuler à moindre coût! Seulement 600 films ont été tournés dans ce format car Technicolor devait faire développer ces films dans d'autres laboratoires.
Sur le premier DVD, il y a une piste de commentaires avec le journaliste Jonathan Sothcott et les actrice Jennie Linden (Barbara) et Roberta Tovey (Suzan). Elle est très ennuyante car les intervenants ne parlent pas vraiment du film mais plus de ce qu'elles ont expérimenté lors du tournage. Il y a bien des choses sur le film que j'aurais aimé savoir mais ils n'y touchent même pas. Les autres extras (aussi retrouvés sur le second DVD mais regardant le second film) sont composés de la bande-annonce du film, une galerie de posters et de photos, la biographie de Peter Cushing et l'histoire du Dr.Who (film et série). C'est un peu faible sur les extras alors c'est pourquoi Anchor Bay offrent les deux films dans un coffret en ajoutant un troisième DVD nommé "Dalekmania" comportant un très intéressant documentaire de 57 minutes à propos des deux films.
Les menus principaux des deux films sont animés et les autres menus ont d'intéressantes transitions animées. Le menu du troisième disque est statique. La qualité vidéo est bien mais j'ai trouvé que les couleurs étaient très foncées dans les deux films. Un peu plus de luminosité aurait fait bien mon affaire. L'image contient du bruit de fond de façon permanente. La piste sonore monophonique est de qualité suffisante pour expérimenter la voix rauque des Dalek.
Dr.Who est un classique britannique bien apprécié autour du monde. Peu de Québécois connaissent cette série et encore moins les films. Si vous êtes un amateur de science-fiction, je vous recommande ce film… mais ne vous attendez pas à revivre une expérience cinématique à l'échelle de Independence Day! N'oubliez pas que nous parlons ici de films des années soixante!
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