Lorsque Michael Duggan (producteur et scénariste pour Miami Vice et Law & Order), Carol Flint (producteur pour E.R. et scénariste pour China Beach) et Mark Levin (producteur pour The Wonder Years) se mettent ensemble pour créer une nouvelle série, on peut s'attendre à quelque chose d'exceptionnel, mais personne ici n'a vraiment fait de science-fiction avant "Earth 2".
Dans un futur très réaliste, en 2192, les humains habitent dans des stations spatiales gravitant autour d'une Terre morte, trop polluée. Une maladie se développe au cours des générations, causée par le manque "d'air frais" que la Terre apportait tant bien que mal à ses habitants. Ulysses (Joey Zimmerman), le fils de Devon Adair (Debrah Farentino) a développé cette maladie et sa mère ainsi qu'un groupe de non-conformistes ont décidé de mettre le cap vers une nouvelle planète, G889, à 22 années-lumières de là. Son gouvernement n'est pas très content de son départ imminent et tente de détruire leur vaisseau, au moins dans l'opinion publique si cela ne fonctionne pas.
Après 22 ans de cryogénie, tout le monde ne se réveille que pour voir leur vaisseau s'écraser sur leur nouvelle terre d'accueil qui n'est pas vraiment ce qu'ils s'attendaient. Malgré les rapports négatifs de vie sur cette planète, ils retrouvent d'abord des Terrians, des êtres (plus des plantes que des animaux) qui vivent en accord avec la planète qui a elle-même une conscience. Eux ce sont les bons. Ensuite, il y a les méchants Grendlers (à première vue), forts laids et forts musculairement, qui pillent tout ce qu'ils trouvent… et un humain, Gaal (Tim Curry), qui est là depuis 15 ans. Hé oui! Leur nouvelle planète est garnie de tueurs et autres indésirables des stations spatiales qui étaient envoyés sur cette planète (on ne sait pourquoi?). Il y a aussi cet état de rêve où les Terrians communiquent avec les Humains, du rêve, mais bien réel.
Les humains qui se sont retrouvés sur cette nouvelle Terre, qu'ils appellent Eden, sont composés d'abord de Devon Adair qui mène la mission de front même si tout n'est plus pareil. Elle a confiance en tous ceux qui lui veulent du mal, mais point en ceux qui veulent l'aider et la conseiller. Elle a même confiance en son gouvernement qui a essayé de la tuer. Elle est convaincue qu'ils vont leur envoyer les 250 familles de colons qui devaient les suivre 18 mois après leur départ. Elle a eu confiance instantanément à Gaal alors que tous les autres s'en méfiaient. C'est elle qui a raison et tous les autres sont des cons qui ne la comprennent pas. Wow! Elle ne fait surtout pas confiance aux Terrians qui ont quant à eux guéri son fils, pas plus qu'à John Danziger (Clancy Brown), son mécanicien qui sait bien mieux survivre qu'elle dans cette nouvelle vie, à laquelle il ne devait pas participer. Son rôle était de les apporter à destination et repartir vers la Terre afin d'être payé 44 ans plus tard. Il est accompagné de sa fille gâtée True (J.Madison Wright) qui pour sa part n'aime pas du tout être prise sur cette nouvelle planète et encore moins d'être obligée de se tenir avec Ulysses, aller à l'école et suivre les milliers de règles de sécurité. Les cours lui sont donnés par Yale (l'excellent Sullivan Walker) un ancien criminel qui a eu le cerveau lavé et rempli de faits divers et équipé d'un bras holographique. Devon a confiance en ce dernier, mais bien des gens en ont un peu peur puisque Yale a eu bien des problèmes dans le passé.
Parmi les personnages secondaires, nous retrouvons Alonzo Solace (Antonio Sabato Jr.), le pilote du vaisseau qui est également coincé sur la planète contre son gré. Il s'est fracturé une jambe à plusieurs endroits au cours de l'écrasement et lors de son repos récupérateur, il fut le premier à être contacté par les Terrians. Ensuite, il y a le docteur Julia Heller (Jessica Steen), une assistante qui se retrouve à la tête, car tous les autres médecins sont disparus (du moins, nous le croyons). Il y a aussi Bess Martin (Rebecca Gayheart) qui aime son mari Morgan (John Gegenhuber), un agent gouvernemental, même s'il est le plus menteur et le plus impulsif du monde, celui que nous haïssons le plus durant la série. Elle sait qu'il est méchant et qu'il vendrait sa propre mère si ça lui était avantageux, mais elle sait aussi qu'elle lui sert de conscience en étant près de lui! Évidemment, Devon lui fait confiance!
Devon décide que tout le monde doit suivre la mission et se rendre à un endroit nommé New Pacifica, qui est bien mieux de toute façon que le désert dans lequel ils sont tombés. Sur le chemin, ils trouvent de leur équipement qui s'était éparpillé un peu partout lors de l'écrasement, ne sachant pas ce qu'il y avait dans ces conteneurs, ce que je trouve étrange pour une soi-disant mission bien organisée. Aussi, leur approche de tirer en premier et de poser les questions plus tard leur causera bien des malentendus avec les habitants natifs d'Eden.
Cette série de 21 épisodes est bien spéciale comparée à d'autres séries du même genre. Il n'y a aucune remise à zéro entre les épisodes. Si un homme est blessé, il reste blessé. Si un personnage a fait quelque chose de mal, il en subit les conséquences tout le reste de la série. De plus, ils sont sur une planète étrange où la science connue ne fonctionne pas tout à fait comme prévue, où les explications rationnelles n'arrivent pas toujours. Les tunnels transcontinentaux en sont un exemple. Plusieurs des personnages de la série sont inoubliables par leurs actions et leur caractère, également par les sujets quotidiens qu'ils doivent vivre différemment sur ce nouveau monde. Les scénarios sont le point faible de la série. C'est bien beau le mystère, mais il faut donner un peu plus de réponses aux téléspectateurs, peut-être sans les donner aux personnages, afin qu'ils se sentent moins perdus. Si nous ne comprenons pas, l'intérêt d'aller plus loin peut disparaître.
Les fans d'une série télévisée de science-fiction sont très critiques et ne pardonnent pas facilement les inconsistances d'une histoire. Un genre de mythologie vient s'installer et les téléspectateurs semblent en savoir plus que les scénaristes. Ils discutent des petits détails en ligne et des fans clubs se forment ici et là. Lorsque ces fans sont déçus et commencent à ne plus suivre la série, cela fait déjà longtemps que le public régulier a quitté et que le studio ne pense pas à renouveler une saison supplémentaire. Le fait aussi que cette série a un arc continu dans son histoire, le fait de manquer une diffusion, nous devions vivre avec les conséquences d'avoir un trou de mémoire (jusqu'à la rediffusion d'été de la série)! Quelques stations proposaient même les épisodes dans un certain désordre, causant bien des maux de tête à ceux qui essayaient de comprendre. Vive le DVD qui renouvelle le plaisir de visionner une série dans son entier et dans le bon ordre:
Comme suppléments, vu la conclusion de la série en queue de poisson, j'aurais bien aimé des pistes de commentaires ou un documentaire expliquant l'idée derrière la tête des scénaristes, mais nous n'avons que quelques scènes retranchées qui n'ajoutent rien à l'histoire et un montage de bloopers même pas drôles. Il y a aussi un épisode de Sliders et un autre de Cleopatra 2525 qui n'ont absolument pas rapport! C'est comme des bandes-annonces géantes! L'audiovisuel de la série est tout comme si la série venait de voir le jour. Côté image, les scènes nocturnes ne sont pas aussi belles que les scènes de jour, mais les couleurs sont justes et les artéfacts de compression numérique au minimum. La série n'était pas très forte dans l'utilisation des effets visuels et sonores, alors la piste sonore Dolby Surround est amplement suffisante pour reproduire les effets très peu stéréo qu'offre cette série d'il y a dix ans. L'emballage du boîtier est digne de mention, soit un digipack contenant les quatre DVD (deux par deux) avec un panneau latéral listant les épisodes, le tout inséré dans un demi-fourreau avec le logo de la série.
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 5 |