"Eleventh Hour" (à ne pas confondre avec la série canadienne The Eleventh Hour) est une mini série britannique en quatre épisodes dont l'auteur, Stephen Gallagher, nous a déjà écrit certains épisodes de Doctor Who, l'un des succès de la chaîne concurrente (BBC1) à celle qui produit "Eleventh Hour", ITV. Nous suivons ici les aventures du professeur Ian Hood (Patrick Stewart), un scientifique employé par le gouvernement pour intervenir sur des enquêtes où la science dépasse un peu le quotidien. Il y est accompagné par Rachel Young (Ashley Jensen), une femme garde du corps provenant d'un corps spécialisé de protection, lui aussi du gouvernement britannique.
Rapidement, on remarque à l'écran les 4,5 millions de livres sterling qu'a coûtés cette production, ce qui est beaucoup pour une série télévisée. Les plans sont originaux dans leur approche, voire ingénieux, ce qui change des habituelles prises de vue à hauteur d'homme. Ici, on mélange avec une certaine créativité des contre-plongées révélatrices et des mouvements aériens de caméra plutôt inédits à la télévision, à part peut-être dans les grandes séries à succès américaines. Il n'y a pas à proprement parler beaucoup d'effets spéciaux, une grande majorité des enquêtes trottant plus sur le moral que sur le visuel. Malgré tout, certaines reconstitutions d'objets, de parties humaines, de cadavres, sont dans le très réussi.
Même si ce cher professeur Hood est un éminent homme dans son domaine, on pourra regretter (mais ce n'est pas unique à cette série) la rapidité de solvabilité de certaines énigmes, ce qui nous perd un peu, d'autant plus que son garde du corps Rachel n'est pas supposée être sa "collègue" ou assistante, mais qu'elle semble le devenir malgré elle (elle n'a pas le même bagage éducationnel). Naviguant entre la limite de la police scientifique et celle des dossiers inexpliqués, les amateurs devraient être heureux avec des enquêtes qui nous font aller d'un thème à l'autre. Il n'en demeure pas moins une atmosphère sombre tout au long des épisodes, comme si le surnaturel et le méchant baignaient toutes les histoires. Presqu'une impression de fin du monde à chaque fois, autant par la musique lancinante et par les plans resserrés.
Les quatre épisodes sont les suivants : "Resurrection" : après une poursuite automobile, on met à jour un cimetière rempli de plusieurs fœtus morts enterrés, malformés et enfermés dans des bocaux. Après étude, tous ces fœtus semblent être des expériences de clonages qui ont mal tourné. L'enquête de Ian Hood et de Rachel les mènera à un homme qui n'a pas accepté la mort accidentelle de son fils et qui cherche à le faire revivre. "Containment" : alors qu'ils menaient des fouilles dans un site historique et religieux, les scientifiques sur place découvrent des corps mystérieusement bien conservés. Mais rapidement, un mal étrange atteint les personnes sur place. Appelés à enquêter, Ian Hood et Rachel Young ne savent pas à quoi s'attendre. Alors que l'enquête piétine, Rachel est elle aussi atteinte par le virus qui s'est réveillé. C'est alors une course contre la montre qui s'enchaîne.
"Kryptos" : Hood est parti rejoindre un ancien copain d'études, avec qui il n'a pas que des bons souvenirs, surtout personnels. Pourtant, à son arrivée, alors qu'ils manquent de le renverser sur la route, il n'y a plus de trace de Richard. Ce dernier faisait des recherches sur le réchauffement de la planète. Ses plus récentes conclusions ne donnaient pas dans l'optimisme. Alors que Hood et Young recherchent le vieux scientifique, Ian décide de reprendre les études de son ami pour comprendre ses découvertes et éventuellement permettre de le retrouver. "Miracle" : l'épisode débute par une femme médecin qui découvre avec stupeur que le cancer qu'elle a diagnostiqué chez un jeune garçon a disparu. Son père attribue cette "guérison" à l'eau de source qu'il a fait boire à son fils. L'affaire est vite reprise par les médias et les malheureuses personnes déjà atteintes par cette maladie ne perdent pas de temps à affluer à la source miraculeuse. Mais de salvatrice, le liquide est rapidement montré du doigt alors que la maladie semble plus être la conséquence de son absorption. Et Rachel (décidément pour elle) en est l'une des témoins involontaires. Les doutes sont vite là et l'histoire du jeune garçon semble être un canular. Pourtant, Hood semble convaincu que l'eau est la clé du mystère, même ses soupçons vont jusqu'à un dossier secret du gouvernement sur le nucléaire.
Acorn Media, l'éditeur qui nous propose ces programmes directement issus d'Angleterre, a utilisé un bien gros boîtier pour ranger les deux disques contenant les quatre épisodes. En effet, on s'est servi de deux boîtiers simples, avec chacun un disque, tous les deux glissés dans un fourreau de carton. Autant dire qu'il y a du vide. Les jaquettes des boîtiers reprennent au verso le détail du contenu, et un feuillet avec les chapitres des quatre disques est inséré dans le premier boîtier. Côté qualité d'image, il n'y a rien à dire. Comme je l'expliquais précédemment, on remarque vite une belle réalisation, ce qui se voit aussi dans la qualité de l'image. Le processus de tournage donne des plans sur divers tons, mais toujours bien appropriés, malgré l'ensemble majoritairement plus sombre. Les anglophiles vont devoir tendre un peu plus l'oreille avec une piste sonore Dolby stéréo de bonne qualité, mais avec des acteurs à l'accent britannique très prononcé. Et il n'y a aucun sous-titre, ni codage pour malentendant. Il faut parfois s'y reprendre à deux fois, mais ce n'est pas très grave. Les menus sont animés et sonorisés, mais dans la sobriété malgré tout. Côté suppléments, il semble que l'on ait voulu nous reposer d'une autre piste sonore bien anglaise. Nous avons effectivement droit à deux entretiens, l'un avec Patrick Stewart et l'autre avec Ashley Jensen. Mais ils sont sous la forme de pages écrites à l'écran. Il y en a une douzaine avec Stewart et huit avec Jensen. Sous la forme de questions-réponses, nous avons droit à beaucoup d'explications sur la série et sur l'acteur. C'est une partie très intéressante à "feuilleter". Pour compléter ces suppléments, nous avons droit, toujours sous forme de feuilles de texte, à la filmographie assez complète de sept des acteurs qui participent à cette mini série.
Avec l'évidente qualité apportée au produit, on ne peut que regretter l'éventuelle difficulté de compréhension que certains d'entre nous pourraient avoir au cours du visionnement de cette belle production. Les intrigues sont variées et les approches différentes, ce qui donne un renouvellement d'intérêt à chaque épisode. On peut se demander s'il aurait été possible de garder une telle feuille de route sur 12 ou 24 épisodes. Quoi qu'il en soit, une belle expérience télévisuelle, en espérant de le voir un jour programmé sur un canal francophone. Pour amateurs avertis.
| Film | 8 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |