Et si certains effets des films de science-fiction existaient vraiment? Et si on pouvait réellement se déplacer en lévitant? Et si cloner un être humain était chose quotidienne? Et si tous les savants et scientifiques capables de tout cela habitaient ensemble une petite ville tranquille perdue dans la nature américaine? Alors, ce serait "Eureka". Une bourgade tranquille où le bonheur semble être à chaque coin de rue, mais où les sous-sols et les portes arrière cachent des secrets inimaginables, sans parler des fondations souterraines de l'usine locale où travaillent la plupart des habitants de la ville. Mais tout le monde n'est pas habilité à tout savoir. Heureusement, avec le coffret "Eureka : Season 1", nous allons nous aussi partager les secrets les mieux gardés avec cette série peu connue, mais qui devrait l'être beaucoup plus.
"Eureka" est ce qu'on appelle une série de mi-saison, tout comme Monk ou Psych, c'est-à-dire qui est principalement diffusée en été et lors des pauses des séries régulières. Elle est d'ailleurs produite aussi par une des chaînes de NBC Universal, Sci-Fi. Cette première saison d'Eureka, qui comporte treize épisodes d'une heure, incluant le pilote d'une durée de deux heures, a été diffusée de juillet à octobre 2006. Vu son succès, une deuxième saison a été commandée et a débuté sa diffusion le 10 juillet 2007, avec encore treize épisodes. Elle sera sur les ondes du réseau canadien Space à l'automne 2007.
Alors qu'il roule de nuit et sous la pluie avec sa fille Zoe (Jordan Hinson) en "détention", l'U.S. Marshall Jack Carter (Colin Ferguson) est victime d'un accident de la route quelque part dans les bois. Il ne sait pas encore que cet incident va bouleverser sa petite vie. Il est proche de la ville d'Eureka, quelque part dans le Nord-ouest américain, pays de vallées et de collines boisées. Alors qu'il y séjourne, Carter est témoin d'un étrange événement et s'impose un peu pour aider les autorités locales. Mais quand le shérif en place est blessé, on lui propose le remplacement. Il découvrira alors le monde insoupçonné d'Eureka et de ses secrets. Mais le remplacement se transforme en affectation définitive et il va devoir s'adapter, avec sa fille, aux "petites" différences des habitants d'Eureka. Il pourra compter sur les talents d'Henry (Joe Morton), le mécano du coin, mais qui est surtout un ingénieur hors du commun. Il devra aussi s'habituer aux allures militaires de son adjointe Jo (Erica Cerra). Mais ses principaux ennemis seront surtout Nathan Stark (Ed Quinn), le patron nobélisé de Global Dynamics et la traîtresse insoupçonnée Beverly Barlowe (Debrah Farentino). Eureka est surtout un endroit où l'environnement est important et où il est fait tout ce qui est possible pour le préserver, jusqu'aux voitures électriques et solaires (pour certaines).
La série se focalise principalement sur deux points : d'une part, l'aspect scientifique avec effets spéciaux (en général très réussis), des histoires fantastiques et des énigmes intéressantes, et d'autre part le lien anecdotique avec la présence du shérif Jack Carter, un parfait étranger à ce monde d'Eureka et qui essaye de prendre sa place en adoptant une attitude honnête, mais parfois un peu gauche. Ses blagues souvent plates et son manque de connaissances scientifiques alimentent les passages drôles de la série et lui donnent alors une consistance différente et très agréable, et surtout très divertissante. On remarquera par contre une certaine dramatisation vers la fin de la saison, surtout les deux derniers épisodes. D'ailleurs, la seconde saison reprend exactement où se termine celle-ci, avec certains changements dans le monde d'Eureka.
"Eureka : Season 1" est certainement le premier coffret où il y a à voir et à manger. Désolé pour ce jeu de mots facile, mais il faut se rendre à l'évidence : Universal a véritablement joué le jeu jusqu'au bout, ce qui ne devrait pas déplaire aux amateurs. Afin de rester dans l'ambiance "Made in Eureka", nous avons droit à un boîtier fait de carton 100% recyclable fait à 80% de matières récupérées. Quant au support des disques (qui a la consistance d'une sorte de polystyrène bleu), il est quant à lui 100% biodégradable, car composé de cellulose, d'eau et de féculents, composition aussi connue sous le nom de "pomme de terre". Bien entendu, malgré cette approche plutôt culinaire, je ne vous conseille pas de le faire rissoler dans la poêle. Où rangeriez-vous vos DVD ensuite? Un grand bravo à Universal pour cette approche poussée du produit, qui permet de rester complètement dans l'ambiance sans grands changements esthétiques.
Les épisodes sont réunis sur trois disques prenant place dans les supports biodégradables. Une fois replié, ce dernier se glisse dans le fourreau de carton avec un volet ressemblant à une barrière de bois qui s'ouvre sur un montage photographique avec les personnages dans l'environnement "Eureka". L'image des épisodes, au format panoramique, est de très belle qualité, et seul un climat difficile vient parfois ternir les teintes. Par contre, le son est vraiment excellent. C'est d'ailleurs une des rares fois où j'ai été surpris par la dynamique des effets et surtout la profondeur des basses, ce qui donne encore plus de force aux images. Lors de scènes d'action, j'avoue avoir sursauté à cause d'ambiances très bien insérées, sans parler des effets directionnels qui sont aussi bien montés que dans un film à gros budget (je vous recommande entre autres la scène finale de l'épisode "Primal" avec les feux d'artifice et la musique). Surprenant. Les pages de menus sont simples et certaines accompagnées du thème de la série.
À nouveau, félicitations à Universal pour nous offrir une très grande quantité de suppléments. Sur le premier disque, on trouve deux pistes de commentaires sur le pilote, l'une avec les créateurs Andrew Cosby et Jaime Paglia et l'acteur Colin Ferguson, et la deuxième avec seulement Colin Ferguson. Puis près de 20 minutes de scènes supprimées ou étendues (pour à peu près tous les épisodes) et une scène non montée sont disponibles, le tout avec options de commentaires. On peut aussi visionner huit webisodes, de petites vidéos d'environ une minute qui ont été produites pour le site Web de la série et qui y ont été disponibles pendant la diffusion de la série. Ce ne sont pas des extraits de la série, mais bien des histoires différentes. Il y a aussi deux faux "infomerciaux" sur des produits provenant d'Eureka. Amusant (surtout la mitaine micro-ondes). Et il y a les podcasts, qui me rendent un peu confus. En fait, ce sont pour moi des pistes de commentaires. En effet, alors qu'un podcast est censé être un fichier audio seulement, les podcasts que l'on retrouve ici sont diffusés en même temps que l'épisode concerné... et on y fait des remarques en fonction de ce que l'on voit. Exactement comme une piste de commentaires. Donc, en plus des deux pistes du pilote, les deux autres épisodes de ce premier disque possèdent leur podcast, avec les producteurs, les auteurs et Colin Ferguson pour "Before I Forget" et seulement Ferguson pour "Many Happy Returns". Les propos, toujours intéressants malgré tout, tournent principalement autour du tournage, comment les scènes ont été faites et l'humour et l'ambiance du plateau. Une grande générosité de tout ce petit monde.
Les suppléments se poursuivent avec le second disque et cette fois-ci un podcast par épisode (pour un total de cinq). Les intervenants sont souvent Colin Ferguson et les créateurs Andrew Cosby et Jaime Paglia. L'acteur Ed Quinn est aussi présent sur "Right as Raynes", un épisode effectivement important pour son personnage de Nathan Stark. Et finalement sur le troisième disque, toujours des podcasts pour tous les épisodes, même en double pour certains, pour un total de six podcasts, soit donc six commentaires pleine durée. Toujours les mêmes intervenants, auxquels on rajoute Jordan Hinson (Zoe, la fille de Carter) et Salli Richardson-Whitfield (Allison Blake, qui a d'ailleurs perdu le Whitfield de son nom dans la seconde saison). Sans oublier une prise non montée avec Erica Cerra et Matt Frewer (écoutez le commentaire optionnel qu'il y a). Voilà donc un ensemble de suppléments vraiment impressionnant, avec plus de douze heures de pistes de commentaires (la plupart sous la forme de podcasts).
Comme son nom l'indique, un pilote est un épisode préliminaire qui permet de placer la série et de présenter les personnages et les lieux. Il arrive parfois, comme on l'a vu avec Psych, que certains éléments de ce pilote soient modifiés, certains personnages remplacés. C'est ce qui arrive ici, de façon très limitée il est vrai. Si tous les personnages ne changent pas, la bâtisse de Global Dynamics est différente, ainsi que son logo. Le patron aussi change pour devenir Nathan Stark. Enfin, le petit gite de Beverly Barlowe se déplace de la campagne à la ville.
Dans certains commentaires et podcasts, on entend des remarques à propos de l'ordre de diffusion. En effet, les épisodes n'ont pas été diffusés dans l'ordre prévu par les auteurs, ce qui, effectivement, crée parfois des situations bizarres, mais seulement si on y prête attention, comme la relation entre Jack et sa fille qui monte et descend tout au long de la série, alors que vers le début tout devait bien aller. Il semble qu'Universal a voulu diffuser des épisodes plus accrocheurs au début pour garder les téléspectateurs.
Voilà une série dont j'avais vu quelques épisodes en 2006 et que j'ai pu enfin voir au complet. Un divertissement permanent avec des situations nouvelles et une interprétation qui s'agence parfaitement avec les personnages, notamment le shérif Carter qui veut toujours faire de son mieux dans un environnement qui le dépasse souvent. Les effets spéciaux sont bien réussis et très convaincants et les histoires dignes des meilleurs films du genre. On s'attache vite aux gentils et monte la lèvre face aux méchants, car rapidement on devient soi-même un habitant d'Eureka. Si le sujet vous intéresse, voilà une excellente série mise en coffret par Universal.
| Film | 9 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 10 |