Father Knows Best
Season One
Shout! Factory

Créateur: Ed James
Année: 1954-1955
Classification:
Durée: 660 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 4 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
31 mars 2008

Les temps ne changent guère. Au cours des dernières décennies, la famille américaine modèle a presque toujours habité la ville de Springfield. Avec les mythiques Simpsons, bien entendu, qui font la joie du petit et du grand écran. Mais dans les années 1950, c'était également le lieu par excellence de la série "Papa a raison" ("Father Knows Best"). Cette émission qui a connu un immense succès a tout d'abord été diffusée à la radio de la NBC, avant d'atterrir à la télévision de la CBS en 1954. Il n'est jamais trop tard pour ressortir le tout en DVD et voilà que la première saison voit le jour grâce à la compagnie Shout! Factory.

Chez les Anderson, la vie n'est pas toujours aussi simple qu'elle n'y parait. En effet, le père Jim (Robert Young), un vendeur d'assurances populaire, et sa femme Margaret (Jane Wyatt), une ménagère et épouse idéale, doivent composer avec les hauts et les bas de leurs enfants. Il y a Betty (Elinor Donahue), l'adolescente en avance sur son temps, Bud (Billy Gray), le gentil garçon parfois mal dans sa peau, et la cadette Kathy (Lauren Chapin) qui n'a surtout pas la langue dans sa poche. Ces cinq membres doivent pourtant apprendre à vivre ensemble et grâce aux conseils bien attentionnés d'un père qui se met souvent les pieds dans les plats, les imbroglios se retransforment très rapidement en calme et en quiétude.

Produit de son époque avec ses morales et ses mœurs particulièrement définies, "Father Knows Best" ne résistera pas longtemps aux critiques des cyniques qui ne verront-là qu'un produit désuet. Même si les situations s'avèrent parfois répétitives et patriarcales, le ton bon enfant amuse rapidement, tout comme la chimie des interprètes. Icône de la culture populaire, cette émission se revoit avec un malin plaisir. Tout d'abord par les adultes dont leur jeunesse a été marquée par ses personnages hauts en couleur, mais également chez les plus jeunes qui ont comme référence le parfois similaire Family Ties et même le poétique Pleasantville qui s'est largement inspiré des Anderson.

Ces philosophies de vie et ces multiples valeurs sont toujours présentes au 21e siècle. Les façons d'être, d'agir et de dire les choses se sont transformées, mais quelques messages transcendent tout de même toutes ces années. Au-delà de ces thèmes universels (le premier rendez-vous amoureux, le désir de quitter le nid familial), il y a de savoureux comédiens. En tête de liste se retrouve l'hilarant Robert Young qui ne manque jamais une occasion pour se ridiculiser. Et il ne faudrait toutefois pas passer sous silence la prestation forte de Jane Wyatt et celle, plus humoristique, d'un Billy Gray aux mimiques abondantes. Tout pour que les gags nés dans les situations triomphent grâce aux dialogues et aux réactions des protagonistes.

Cette première saison (sur un total de six), diffusée entre octobre 1954 et mars 1955, est regroupée sur quatre disques totalisant 26 épisodes. Chacun des segments s'étire sur un peu plus de 22 minutes. Voici les aventures que devra affronter ce clan en apparence si uni:

54 années après leur diffusion originale, les images en noir et blanc se regardent aisément. Il y a bien du grain et des égratignures, mais le plein écran offre une bonne définition des contours et des contrastes intéressants. Parfois, quelques séquences sont plus problématiques pour les yeux et il y a un fondu noir annonçant l'endroit où étaient insérées les pauses commerciales. Ce n'est pourtant jamais problématique. La musique, pratiquement inexistante, apparaît lorsqu'une émotion est véhiculée. Elle demeure généralement tendre et légère. La piste sonore anglophone en mono met l'emphase sur les dialogues. Ces derniers s'entendent sans problème (un exploit, car le tout est enregistré devant un public qui se laisse parfois aller), ce qui est une bonne nouvelle puisque qu'il n'y a aucun sous-titre d'inclus.

La pochette n'est guère élaborée. Il n'y a que les comédiens, sourire aux lèvres, devant un fond bleu qui est tout sauf inspirant. Heureusement, un livret résumant les différents épisodes est disponible à l'intérieur du boîtier pour faire oublier ce manque de goût. Le menu principal du DVD présente les mêmes cinq membres dans un cadre. Quelques éléments en arrière-plan sont en mouvement et il y a une tendre mélodie pour bercer la navigation. Plusieurs suppléments se retrouvent sur chacun des disques. Un intéressant documentaire de 23 minutes permet à Elinor Donahue et à Lauren Chapin de parler de leurs rôles, des auditons, des joies et des peines de grandir à l'écran. Le petit-fils de Robert Young, Bill Proffitt, fait la narration sur deux vidéos maison. La première montre quelques extraits du plateau de tournage, alors que la seconde représente son grand-père avec sa famille. Inspirant. Un épisode propagandiste jamais diffusé ("24 Hours in Tyrantland"), crée par le gouvernement américain en 1959, s'affiche en jouant davantage la corde du patriotisme. Il y a également une deuxième version de "The Promised Playhouse" avec un montage non-chronologique. Le tout se termine sur le pilote d'une nouvelle série mettant en vedette Robert Young. "Window on Main Street" qui n'a été diffusé qu'une année sur les ondes de la CBS et si tous les épisodes ressemblaient à "The Return", ce n'est pas surprenant tant le rire s'avérait diffus et inégal. Il est toutefois rigolo d'apercevoir de vieilles publicités entre deux séquences!

"Father Knows Best: Season One" est le microcosme de la famille modèle américaine dans les années 1950. Quelques décennies plus tard, la série continue de faire sourire grâce à ses personnages sensibles et bien développés. Il ne faudra bien entendu pas suivre à la lettre les morales et les actions des héros, mais seulement s'inspirer de leurs intentions. L'objet par excellence pour faire ressurgir de nombreux souvenirs... ou s'en forger de nouveau.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments7
Vidéo6
Audio6